yom yerushalayim

  • Yom Yerushalayim, le jour de Jérusalem

    Yom Yerushalayim, le jour de Jérusalem
    Par Jean-Bernard Lagrange - Mercredi 1 juin 2011
     
    Astrid Ribois

    Yom Yeroushalayim est la fête la plus récente du calendrier hébraïque. Elle est célébrée le 28ème jour d'Iyar, soit six semaines après le seder de Pessah et une semaine avant la veille de Shavouot (qui célèbre le don de la Thora au peuple juif).

     
    Bien que Jérusalem soit considérée comme la capitale du peuple juif depuis le temps du Roi David, qui a conquis et construit la ville comme le siège de sa monarchie mille ans avant Jésus Christ, il n'y avait jamais eu de journée particulière pour honorer la cité jusqu'à ce que l'armée israélienne libère sa partie orientale le troisième jour de la Guerre des Six Jours en juin 1967.
     
    Peu de temps après la Guerre des Six Jours, une ''unification municipale'' des deux sections de la ville a lieu, mettant fin à 19 années de séparation entre les quartiers arabes prédominants et les quartiers juifs de Jérusalem, suite à la guerre d'Indépendance de 1948.
     
    Du fait du jeune âge de cette fête, rien ne rend cette journée unique en termes de coutumes et de traditions. La journée devient progressivement un jour de ''pèlerinage'', des milliers d'Israéliens voyageant à pied jusqu'à Jérusalem pour témoigner de leur solidarité envers la ville sainte.
     
    Cette preuve de solidarité relève d'une importance spéciale pour l'Etat d'Israël, puisque la communauté internationale n'a jamais reconnu la ''réunification'' de la ville sous la souveraineté israélienne. En outre, de nombreux pays ne reconnaissent pas Jérusalem comme la capitale de l'Etat juif, le Plan de partage des Nations-Unies de novembre 1947 attribuant le statut de ''ville internationale'' à la ville de Jérusalem.
     
    Le système éducatif israélien consacre une semaine entière avant la célébration de Yom Yeroushalayim pour améliorer les connaissances de l'histoire et de la géographie de la ville, en mettant particulièrement l'accent sur le rôle unique qu'elle a joué dans les aspirations juives messianiques depuis les temps bibliques.
     
    Le statut de Yom Yeroushalayim dans la vie religieuse juive apparait plus ambigu que le statut de Yom Haatsmaout, le jour de l'Indépendance d'Israël. Suivant le modèle de Yom Haatsmaout, le Grand Rabbin d'Israël a décidé que cette journée devrait être également célébrée par la prière du Hallel ainsi que par la version longue du Psukei d'Zirma, une partie de la prière du matin. Il est assez évident que les Juifs ultra-orthodoxes n'ont pas accepté Yom Yerushalayim, mais il est difficile de savoir combien de Juifs orthodoxes récitent la prière du Hallel pour cette journée.
     
    Le livre de prières progressif d'Israël (réformiste) indique que la prière du Hallel doit être récitée pour Yom Yeroushalayim alors que le livre de prières de Masorti (traditionaliste) ne le précise pas, ce qui suggère une liste de lectures supplémentaires pour cette journée. Le conservateur américain Sim Shalom mentionne que la prière du Hallel doit être récitée dans ''certaines congrégations'' pour Yom Yerushalayim.
     
    L'ambigüité du statut religieux de cette fête se reflète également dans les célébrations, ou les non célébrations, en dehors d'Israël. Si la ville de Jérusalem requiert une signification particulière pour tous les Juifs, sa célébration n'est pas encore vraiment observée en dehors d'Israël.
     
    En outre, contrairement à Yom Haatsmaout, qui célèbre l'existence et les succès de l'Etat juif moderne, Yom Yeroushalayim a tendance à rendre certains Juifs non israéliens et libéraux sur le plan politique mal à l'aise, en raison de la persistance des conflits sur l'avenir de la ville.
     
    Même certains Juifs, qui estiment que la ville devrait restée unifiée et sous contrôle israélien, choisissent de ne pas faire de Yom Yeroushalayim un jour de joie du fait de l'état profondément émotionnel, violent et controversé de la situation entourant les portions arabes de Jérusalem.
     
    D'autres, au contraire, estiment que, malgré les conflits politiques actuels, l'unification de Jérusalem doit être célébrée ouvertement et sans hésitation, comme le font les Juifs pour Yom Haatsmaout en célébrant l'indépendance politique de l'Etat juif.
     
    Quoi qu'il en soit, le cours que prendra Yom Yeroushalayim dans les prochaines décennies sera influencé, sans aucun doute, par les développements politiques qui détermineront le statut de la ville pour l'avenir
     
    (source Guysen.com)