sablon

  • Attentat musée juif de Bruxelles « Je suis étonnée qu’il n’y ait pas plus de monde, en soutien »

    Attentat musée juif de Bruxelles  « Je suis étonnée qu’il n’y ait pas plus de monde, en soutien »

    Frédéric Delepierre
    il y a 2 heures

    attentat musée juif

    Reportage au quartier du Sablon, quelques heures après la fusillade qui a fait trois morts au musée juif de Belgique.

    • 
Crédit
: Pierre-Yves Thienpont
Crédit : Pierre-Yves Thienpont

     

    Ce devait être la fête ce samedi au Sablon, à Bruxelles. Le site, comme beaucoup d’autres, accueillait depuis le début d’après-midi des groupes prenant part au Jazz Marathon. Les notes devaient bercer les mélomanes et autres touristes attablés aux terrasses jusqu’aux petites heures de la nuit. Des coups de feu et des morts brutales en ont décidé autrement. Laissant des centaines de badauds incrédules. Perdus. Atterrés.

    « La musique battait son plein et nous n’avons rien entendu », explique Jelle, responsable du site pour le Jazz Marathon. « Soudain, j’ai vu la police arriver en masse et j’ai compris qu’il s’était passé quelque chose. Puis le bourgmestre est venu m’informer en me demandant de mettre fin aux festivités. Je comprends une telle décision. Il y a quand même des victimes. La majeure partie du public s’est levée et est partie. D’autres ont préféré rester. Ils discutent en buvant un verre. Mais tout le monde a compris la décision. Nous avons orienté le maximum de public vers les autres concerts de la ville. Ca nous causera néanmoins une grosse perte financière… »

    Cette perte, la vendeuse du fritkot Manneken Frites voisin y fait aussi allusion. « C’est vraiment grave qui s’est passé mais je n’ai évidemment rien entendu à cause de la musique. Je respecte la décision du bourgmestre. Elle est logique. Même si on va la sentir dans la caisse. La fête s’annonçait bien et un super groupe qui allait drainer du monde était prévu à 21 heures… »

    Pas la grande foule

    Aux terrasses, des dizaines de personnes attablées dégustent des bières spéciales ou un verre de rosé, comme si de rien n’était. Etonnant alors qu’à quelques mètres de là, la police tente de faire respecter le périmètre de sécurité. Les médias internationaux, eux, ont pris possession des lieux. Les micros se tendent vers les quelques passants qui s’aventurent près des lieux du drame. Mais ce n’est pas la grande foule, ce qui surprend Léa, une sexagénaire grisonnante venue sur place par solidarité.

    « Je suis vraiment étonnée », s’emporte-t-elle. « Après un acte aussi horrible, je m’attendais à ce qu’il y ait au moins 3.000 personnes qui viennent soutenir les familles et la communauté. Là, à part la presse et quelques hommes politiques, il n’y a personne ! » Car pour elle, aucun doute, c’est bien la communauté juive qui était visé par ce geste sanglant.

    « Ca n’est quand même pas un hasard si les coups de feu ont été tirés devant le Musée Juif. Si les tireurs avaient voulu faire plus de victimes, ils auraient tiré sur le public, plus nombreux, du Jazz Marathon. De plus, le fait que cette tuerie survienne à la veille des élections me pose question même si je ne peux pas affirmer qu’il y ait un lien. Néanmoins, je ne pense pas que Bruxelles risque de s’embraser pour autant. Mais je redoute quand même des réactions ou des représailles. »

    « Ca risque de retourner les communautés »

    Dans sa boutique d’antiquités, deux heures après le drame, Caroline tente toujours de comprendre ce qui s’est passé à quelques mètres de sa vitrine. Sans qu’elle n’entende rien. « J’ai compris qu’il se passait quelque chose lorsque j’ai vu la police débarquer », dit-elle.« J’ai aussi vu Didier Reynders intervenir. Il était occupé à faire du shopping et était le premier à tenter de porter secours aux victimes. Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. Le quartier est habituellement très calme. Ca doit répondre à quelque chose mais je ne m’explique pas quoi. »

    Monique, elle, habite la rue Blaes voisine. Occupée à balader le chien que lui a confié une amie, elle est sous le choc. « J’ai très mal, affirme-t-elle. C’est comme si j’y étais. Je comprends d’autant moins ce geste qu’ici la cohabitation entre toutes les communautés se passe très bien. C’est un coup prémédité, j’en suis sûre. Ce qui me fait peur, c’est que ça risque de se retourner contre une autre communauté, comme les musulmans. »

    En ce début de soirée, Aldo, Maryse, Michel et Sabina regagnent leur voiture. « On rentre à Mons », dit Aldo. « Ca devient vraiment dangereux de se balader en ville. Voici quelques semaines, on était déjà en rue à Mons lorsqu’un homme s’est fait assassiner à quelques mètres de nous. » « Que ça survienne à la veille des élections m’inquiète », poursuit Michel. « Surtout que tous les mouvements extrémistes perdent des plumes. J’espère que ça n’aura pas trop d’incidences sur les élections et après… »

    Petit à petit, les camions satellites des télévisions replient bagages. Les quelques badauds se dispersent et les terrasses reprennent vie. Mais le Sablon reste meurtri. Un peu KO même…

  • Le retour des attentats des années 80?

    Le retour des attentats des années 80?

    Marc Metdepenningen
    il y a 1 heure

    attentat musée juif

     

    L’attentat de la rue des Minimes n’est pas le premier commis en Belgique contre la communauté juive. Des attaques se sont produites dès 1969.

     

    • 
Le Soir (Pierre-Yves Thienpont)
Le Soir (Pierre-Yves Thienpont)
    • 
Le docteur Joseph Wybran, tué en octobre 1989.
Le docteur Joseph Wybran, tué en octobre 1989.

     

     

     

    Le 3 octobre 1989, le docteur Joseph Wybran, chef du service immunologie de l’hôpital universitaire Erasme, était abattu d’une balle alors qu’il s’apprêtait à prendre place dans son Audi 80 garée sur le parking de l’établissement hospitalier, d’une balle. Touché à la tête, il mourait le 4 octobre. Il était président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique. Il était aussi président du Comité Auschwitz.

    Le 8 septembre 1969, un attentat à la grenade avait été commis contre les bureaux de la compagnie El Al, la compagnie nationale israélienne à Bruxelles.

    Le 10 septembre 1972, un employé de l’ambassade d’Israël à Bruxelles avait été touché de 3 balles tirées par un inconnu, place de Brouckère à Bruxelles.

    Le 27 juillet 1980, un commando palestinien avait jeté deux grenades contre un groupe d’une soixantaine d’écoliers, rue Larimonière à Anvers. Ces adolescents, membre s de l’association culturelle Agoudath Israël s’apprêtaient à partir en vacances en Ardennes. David Kuhan, 15 ans, avait été tué par la déflagration. Deux terroristes palestiniens, se revendiquant du Fatah avaient été arrêtés. L’un d’eux, Saïd Nasser, fut échangé en 1990 contre la famille Houtekins, prise en otage en novembre 1987 par des terroristes du groupe Abou Nidal qui avaient arraisonné leur bateau, le Silco.

    Le 20 octobre 1981, une voiture piégée avait explosé à proximité de la synagogue et du Diamond Club de la rue Hoevenier, à Anvers. Deux femmes âgées de 43 et 63 ans avaient été tuées. Une troisième victime décéda plusieurs semaines plus tard.

    La communauté juive de Belgique, si elle n’a plus subi d’attentats meurtriers depuis 1981, pointe une résurgence de l’antisémitisme. « La parole anti-juive se libère », notre Joël Rubinfeld, le président de la Ligue Belge contre l’antisémitisme (LBA) qui voit aussi dans l’attentat de la rue des Minimes un possible « copycat » des attentats commis à Toulouse contre une école juive par Mohammed Merah. Selon un sondage relayé en novembre 2013 par le Centre pour l’Egalité des chances, 88 % des Juifs de Belgique ont le sentiment que l’antisémitisme a augmenté en Belgique ces dernières années.

  • Fusillade au Musée Juif de Bruxelles: la police a arrêté un suspect mais n'a pas mis la main sur l'homme qui s'est enfui à pied (photos+vidéos)

    Fusillade au Musée Juif de Bruxelles: la police a arrêté un suspect mais n'a pas mis la main sur l'homme qui s'est enfui à pied (photos+vidéos)

     

    Les trois premières victimes ont été identifiées afin de prévenir les familles. La fusillade a eu lieu devant le Musée Juif, dans le quartier du Sablon, à Bruxelles. Un suspect a été arrêté. Joëlle Milquet affirme qu’il s’agirait probablement d’un attentat antisémite.              

     

     

     

    Trois personnes sont décédées, deux femmes et un homme. Un autre homme, a été grièvement blessé lors d’une fusillade samedi, vers 15h50, au Sablon, à Bruxelles, indique le porte-parole des pompiers de Bruxelles Pierre Meys. La personne blessée, dans un état critique, est actuellement soignée à l’hôpital Saint-Pierre. La police a déjà identifié les trois personnes qui ont perdu la vie lors de ce drame afin d’avertir leurs familles au plus vite.

    Une plaque d’immatriculation aurait été notée par la police. Un suspect a été arrêté. Un homme, arrivé en voiture, serait rentré dans le musée, situé rue des Minimes, avant d’ouvrir le feu puis de prendre la fuite. Une voiture l’attendait.

     

     

    Douze personnes gravement choquées ont été prises en charge par les services d’assistance.«  Un tel acte, en plein cœur de Bruxelles, au musée juif, c’est extrêmement grave  », affirme Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles, au micro de la RTBF.

     

    «  C’est un acte terroriste, l’assassin est entré délibérément dans un musée juif  », a déclaré à l’AFP le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA), Joël Rubinfeld.

    La première photo des lieux de la fusillade.
«  Il a tué trois personnes, en blessé une, une voiture l’attendait à proximité », a ajouté M. Rubinfeld. «  Cela devait hélas arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite. C’est le résultat inévitable d’un climat qui distille la haine  », a estimé le président de la LBCA.

    «  Choqué par les meurtres commis au musée juif, je pense aux victimes que j’ai vues sur place et à leurs familles  », a réagi sur son compte Twitter le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui se trouvait dans le quartier du Sablon où se situe le musée ainsi que de nombreux antiquaires.

     

     

     

    La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet s’est également déplacée au Musée Juif de Belgique. «  Tout porte à croire qu’il s’agit d’un attentat antisémite  », a-t-elle déclaré à La Libre Belgique.

     

    Le Premier ministre Elio Di Rupo s’est dit « très choqué », tout comme le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders qui se trouvait à proximité du Sablon samedi après-midi. « Choqué par les meutres commis », il s’est rendu sur les lieux.

     

     

     

    « Il y avait une jeune femme avec du sang sur la tête »

    Un témoin, Alain Sobotik, a déclaré à l’AFP avoir vu « deux corps » dans le hall d’entrée du musée.

    «  Il y avait une jeune femme, avec du sang sur la tête. Elle tenait encore un dépliant dans les mains, on aurait dit une touriste  », a déclaré ce témoin, joint par téléphone.

    «  Un peu plus loin à l’intérieur, il y avait un monsieur étendu. Un pompier palpait sa carotide, mais je pense qu’il était mort  », a ajouté M. Sobotik, qui habite le quartier et qui affirme avoir croisé Didier Reynders sortir « livide » du musée.

     

    « Un acte terroriste et antisémite »

    «  Ce qui s’est passé était prévisible  », a réagi le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) Joël Rubinfeld.

    «  Cela devait hélas arriver. Nous assistons ces dernières années à une libération de la parole antisémite. Elle reprend du poil de la bête, notamment à travers les discours de l’humoriste Dieudonné ou du député Laurent Louis  », estime M. Rubinfeld. «  La fusillade de ce samedi est le résultat inévitable d’un climat qui distille la haine. »

    «  Le plus important aujourd’hui est d’arrêter les responsables de la fusillade, qui, pour moi, n’est autre qu’un acte terroriste, et de les traduire en justice. Mais demain, il faudra également user de tous les moyens légaux pour faire taire les prêcheurs de haine qui ont une responsabilité dans la propagation du virus antisémite  », ajoute-t-il.

    «  Il s’agit d’un combat qui ne concerne pas que la communauté juive mais l’ensemble du pays et ses valeurs fondamentales  », a-t-il conclu.

    Les collections du Musée Juif de Belgique reflètent la vie et l’histoire des populations juives des Pays-Bas et de Belgique depuis le XVIIIe siècle. Il est situé dans l’un des quartiers les plus touristiques de la capitale belge.

    • Fusillade : un témoin raconte

    Galerie photo.

    Le quartier du Sablon endeuillé

    BELGA