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  • Un second porte-avion US dans le détroit d'Ormuz pour une guerre qui se rapproche

    Un second porte-avion US dans le détroit d'Ormuz pour une guerre qui se rapproche   

     

    Un second porte-avion US dans le détroit d'Ormuz pour une guerre qui se rapproche...

     

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    Alors que la République islamique, lors de manœuvres navales, a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, la marine américaine a envoyé un second porte-avions protéger cette voie maritime stratégique par où transite plus d'un tiers du pétrole mondial.

    Vingt-quatre heures après l'attentat commis contre un spécialiste du nucléaire iranien, alors que Téhéran a menacé d'utiliser «toute la force» de sa marine contre les navires américains dans le Golfe, les États-Unis ont annoncé l'arrivée d'un second porte-avions dans la région, l'USS Carl-Vinson. Depuis que la République islamique, lors de manœuvres navales le mois dernier, a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par où transite plus d'un tiers du pétrole mondial, la tension, loin de s'apaiser, continue d'augmenter.

    La guerre des mots qui oppose Téhéran à Washington, qui a juré de «garantir» la libre circulation dans le détroit, en utilisant tous les moyens nécessaires, fait craindre à certains un affrontement ouvert entre les deux pays. À l'instar de celui qui opposa brièvement, en 1988, des bateaux de guerre américains aux forces iraniennes.

    Pour bloquer le détroit d'Ormuz et répondre ainsi aux nouvelles sanctions que s'apprêtent à prendre les pays occidentaux, l'Iran dispose d'une palette militaire assez complète. La République islamique pourrait notamment utiliser des mines, des aéronefs, des missiles, des bâtiments de surface et des petits sous-marins pour interdire à la navigation ce goulet d'étranglement vital pour l'économie mondiale. «L'Iran possède l'arsenal de missiles balistiques le plus important et surtout le plus divers de la région», affirme Michael Elleman, spécialiste de l'Institut international pour les études stratégiques (IISS) de Londres.

    Politique intérieure

    Même si tous les systèmes ne sont pas au point, Téhéran aurait investi un milliard de dollars dans les programmes de missiles depuis 2000, notamment dans les Ghader, qui pourraient viser les navires et les porte-avions américains. Les forces navales, notamment celles des gardiens de la révolution, se sont dotées d'une vraie capacité asymétrique, en s'équipant de roquettes, d'artillerie et de petits bateaux d'attaque rapides.

    Face aux forces iraniennes, la Ve flotte américaine, basée à Bahreïn, veille sur les mers. Depuis des années, la marine américaine se prépare à devoir rouvrir le détroit d'Ormuz par la force s'il le faut. Cette minicourse aux armements risque-t-elle d'enflammer la région? En 2008, alors que le dossier du nucléaire iranien dominait déjà l'agenda international, l'affrontement avait été évité de justesse lorsque cinq vedettes iraniennes s'étaient rapprochées à moins de 200 mètres de trois navires de guerre américains.

    Les experts doutent pourtant que l'Iran mette ses menaces de fermer le détroit d'Ormuz à exécution. Sauf à se tirer «une balle dans le pied» en se privant ainsi de la manne pétrolière. «La rente pétrolière  est nécessaire pour le maintien du pouvoir et l'extension de l'influence régionale de l'Iran et le premier pays touché serait la Chine, l'une des rares puissances à conserver une attitude modérée envers Téhéran», écrit le chercheur Bruno Tertrais dans une note de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Les spécialistes considèrent que les menaces iraniennes sont avant tout destinées à montrer que le pays possède une capacité de dissuasion et à décourager ceux qui réclament de nouvelles sanctions. À quelques semaines des élections législatives, elles ont aussi une portée de politique intérieure.

    «Le risque proviendrait davantage d'une escalade militaire délibérée de la part de l'Iran, par exemple en s'en prenant à un navire de guerre américain», poursuit Bruno Tertrais. Alors que les gardiens de la révolution doivent organiser prochainement des manœuvres navales dans la région, les Américains et leurs alliés, notamment les Français de la base militaire d'Abu Dhabi, se préparent à toutes les éventualités. Y compris celle qui consisterait à prendre des mesures pour protéger le trafic dans le détroit d'Ormuz, comme à l'époque de la guerre Iran-Irak.