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  • Attentat de Bruxelles, Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ?

    Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ?

    Créé : 02-06-2014 06:30

    PORTRAIT - Un Français de 29 ans soupçonné d'être l'auteur de l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts le 24 mai, a été arrêté vendredi à Marseille. L'homme se serait rendu en Syrie en 2013, auprès de djihadistes, et était connu des services de renseignements français.

     
    Mehdi Nemmouche, le Français suspecté d'être l'auteur de la tuerie au Musée juif de Bruxelles a été arrêté vendredi à Marseille.
    Mehdi Nemmouche, le Français suspecté d'être l'auteur de la tuerie au Musée juif de Bruxelles a été arrêté vendredi à Marseille. Photo : AFP
  • Attentat musée juif de Bruxelles « Je suis étonnée qu’il n’y ait pas plus de monde, en soutien »

    Attentat musée juif de Bruxelles  « Je suis étonnée qu’il n’y ait pas plus de monde, en soutien »

    Frédéric Delepierre
    il y a 2 heures

    attentat musée juif

    Reportage au quartier du Sablon, quelques heures après la fusillade qui a fait trois morts au musée juif de Belgique.

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Crédit
: Pierre-Yves Thienpont
Crédit : Pierre-Yves Thienpont

     

    Ce devait être la fête ce samedi au Sablon, à Bruxelles. Le site, comme beaucoup d’autres, accueillait depuis le début d’après-midi des groupes prenant part au Jazz Marathon. Les notes devaient bercer les mélomanes et autres touristes attablés aux terrasses jusqu’aux petites heures de la nuit. Des coups de feu et des morts brutales en ont décidé autrement. Laissant des centaines de badauds incrédules. Perdus. Atterrés.

    « La musique battait son plein et nous n’avons rien entendu », explique Jelle, responsable du site pour le Jazz Marathon. « Soudain, j’ai vu la police arriver en masse et j’ai compris qu’il s’était passé quelque chose. Puis le bourgmestre est venu m’informer en me demandant de mettre fin aux festivités. Je comprends une telle décision. Il y a quand même des victimes. La majeure partie du public s’est levée et est partie. D’autres ont préféré rester. Ils discutent en buvant un verre. Mais tout le monde a compris la décision. Nous avons orienté le maximum de public vers les autres concerts de la ville. Ca nous causera néanmoins une grosse perte financière… »

    Cette perte, la vendeuse du fritkot Manneken Frites voisin y fait aussi allusion. « C’est vraiment grave qui s’est passé mais je n’ai évidemment rien entendu à cause de la musique. Je respecte la décision du bourgmestre. Elle est logique. Même si on va la sentir dans la caisse. La fête s’annonçait bien et un super groupe qui allait drainer du monde était prévu à 21 heures… »

    Pas la grande foule

    Aux terrasses, des dizaines de personnes attablées dégustent des bières spéciales ou un verre de rosé, comme si de rien n’était. Etonnant alors qu’à quelques mètres de là, la police tente de faire respecter le périmètre de sécurité. Les médias internationaux, eux, ont pris possession des lieux. Les micros se tendent vers les quelques passants qui s’aventurent près des lieux du drame. Mais ce n’est pas la grande foule, ce qui surprend Léa, une sexagénaire grisonnante venue sur place par solidarité.

    « Je suis vraiment étonnée », s’emporte-t-elle. « Après un acte aussi horrible, je m’attendais à ce qu’il y ait au moins 3.000 personnes qui viennent soutenir les familles et la communauté. Là, à part la presse et quelques hommes politiques, il n’y a personne ! » Car pour elle, aucun doute, c’est bien la communauté juive qui était visé par ce geste sanglant.

    « Ca n’est quand même pas un hasard si les coups de feu ont été tirés devant le Musée Juif. Si les tireurs avaient voulu faire plus de victimes, ils auraient tiré sur le public, plus nombreux, du Jazz Marathon. De plus, le fait que cette tuerie survienne à la veille des élections me pose question même si je ne peux pas affirmer qu’il y ait un lien. Néanmoins, je ne pense pas que Bruxelles risque de s’embraser pour autant. Mais je redoute quand même des réactions ou des représailles. »

    « Ca risque de retourner les communautés »

    Dans sa boutique d’antiquités, deux heures après le drame, Caroline tente toujours de comprendre ce qui s’est passé à quelques mètres de sa vitrine. Sans qu’elle n’entende rien. « J’ai compris qu’il se passait quelque chose lorsque j’ai vu la police débarquer », dit-elle.« J’ai aussi vu Didier Reynders intervenir. Il était occupé à faire du shopping et était le premier à tenter de porter secours aux victimes. Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. Le quartier est habituellement très calme. Ca doit répondre à quelque chose mais je ne m’explique pas quoi. »

    Monique, elle, habite la rue Blaes voisine. Occupée à balader le chien que lui a confié une amie, elle est sous le choc. « J’ai très mal, affirme-t-elle. C’est comme si j’y étais. Je comprends d’autant moins ce geste qu’ici la cohabitation entre toutes les communautés se passe très bien. C’est un coup prémédité, j’en suis sûre. Ce qui me fait peur, c’est que ça risque de se retourner contre une autre communauté, comme les musulmans. »

    En ce début de soirée, Aldo, Maryse, Michel et Sabina regagnent leur voiture. « On rentre à Mons », dit Aldo. « Ca devient vraiment dangereux de se balader en ville. Voici quelques semaines, on était déjà en rue à Mons lorsqu’un homme s’est fait assassiner à quelques mètres de nous. » « Que ça survienne à la veille des élections m’inquiète », poursuit Michel. « Surtout que tous les mouvements extrémistes perdent des plumes. J’espère que ça n’aura pas trop d’incidences sur les élections et après… »

    Petit à petit, les camions satellites des télévisions replient bagages. Les quelques badauds se dispersent et les terrasses reprennent vie. Mais le Sablon reste meurtri. Un peu KO même…