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  • Veillée d’armes à Herzliya: ceux qui disent plus tard finiront par découvrir que plus tard, c’est trop tard.

    Veillée d’armes à Herzliya: ceux qui disent plus tard finiront par découvrir que plus tard, c’est trop tard.

    Publié le3 février 2012

     

     

     

    Conference d'Herzliya
     

    Ce qui suit ne constitue qu’un tout petit aperçu des débats. Car la conférence annuelle d’Herzliya ressemble fort à une veillée d’armes. Une partie de l’élite israélienne s’est en effet relayée à la tribune pour faire part de son analyse sécuritaire et préciser la vision de l’État Hébreu pour les prochains mois.

    Le ministre de la Défense, Ehud Barak a sous entendu que le prix d’une intervention serait élevé avec des conséquences irréversibles. Mais a-t-il ajouté, ceux qui disent “plus tard” pourraient bien finir par découvrir que plus tard c’est en fait “trop tard”. Pour lui Israël n’est pas seul. Le monde connaît désormais le danger que ferait planer l’Iran doté de la bombe. Il est crucial d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire a-t-il conclu.

    Dans un panel intitulé “dans l’œil du cyclone”, Danny Rothschild le président de la Conférence d’Herzliya a lancé de manière très allusive, que là où autrefois, nous devions mobiliser d’importantes ressources militaires, il suffit aujourd’hui d’appuyer sur la touche “enter”.

    Ilan Biran ancien DG du ministère de la défense a insisté sur l’importance de la dissuasion et la nécessité de combiner attaque et défense. Pour l’ancien Chef d’État Major Dan Halutz, si en l’absence de choix nous devons prendre des mesures, ce sera avec une force maximum, avec un gant de fer.

    Benny Gantz, le Chef d’Etat Major de Tsahal a rappelé pour sa part, que des arsenaux gigantesques stockés dans la région visent à la destruction d’Israël. Aucun point du territoire n’est aujourd’hui à l’abri a-t-il rappelé. Les menaces n’ont pas disparu, elles sont bien là aujourd’hui.

    Aviv Kochavi, le patron des renseignements militaires a confirmé que l’Iran se préparait à produire des bombes nucléaires. Pour Bogie Yaalon, ancien chef d’État Major et ministre des affaires stratégiques, c’est l’occident qui pourrait mener une attaque militaire contre les installations militaires iraniennes.

    Le Dr Shmuel Bar a pulvérisé deux croyances occidentales bien ancrées. Selon lui l’Iran n’acceptera jamais de compensation en échange de son programme nucléaire. Ensuite, comparer l’Iran à l’Union Soviétique d’avant l’effondrement est une chimère. Il n’y aura pas de contre-révolution. Pas à court terme en tout cas. Dans son analyse d’un Moyen-Orient nucléaire, Bar fait enfin référence à des traditions suicidaires ou apocalyptiques associées à des perceptions de l’honneur inconnues en occident. L’imminence d’une destruction pouvant être perçue par certains adversaires non comme une menace mais comme une promesse.

    Les oracles d’Herzliya ont en tout cas renversé certaines idées reçues et confirmé l’extrême détermination d’Israël face à ce qui est maintenant perçu comme une menace imminente. L’agenda est désormais très serré. Les analystes étrangers auraient tort de prendre tout cela au second degré (voir ici).

    (*) Shmuel Bar est directeur de l’IPS (le Policy and Strategy Institute ) et fondateur d’intuview, une start-up d’intuition artificielle.

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