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  • L’ombre d’Esther plane sur le Congrès.

    L’ombre d’Esther plane sur le Congrès

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    Dans le cadre des débats, autour du discours prévu du Premier Ministre Binyamin Netanyahu devant le Congrès, plusieurs personnages historiques ont dû se retourner dans leurs tombes : Roosevelt et Chamberlain, Hitler et Churchill… Ceux qui ont tendance à remonter encore plus loin et tiennent compte du calendrier juif ne peuvent s’empêcher de faire une comparaison historique encore plus profonde, qui peut être glaçante. La date de ce discours est le 12 Adar, après la tombée de la nuit, en d’autres termes, le 13 Adar : « Et ces parchemins étaient scellés par l’empreinte de son anneau et envoyés par les messagers du Roi vers toutes les provinces, ordonnant de tuer et détruire tous les Juifs, aussi bien les jeunes que les anciens, les petits enfants comme les femmes, et de prendre le butin de tous leurs biens » (Esther 3:13). C’est à quoi correspond cette date et en voici le récit. Une distance de 2.300 ans, comblée en un instant. 

    Pardonnez-moi pour cet excès de sentimentalisme, mais j’ai du mal à faire baisser ma pression artérielle, lorsque c’est mon propre sang qui est mis dans la balance. A la tête du royaume d’Iran-Perse, Ahmadinedjad-Haman, a déclaré ses intentions génocidaires à l’encontre du peuple juif. Il y a plus d’une décennie, il a convoqué une conférence intitulée : « Un Monde sans Sionisme » où il exhortait à ce que « cette tumeur disgrâcieuse soit éradiquée de la carte ». Il y a cinq ans, il proclamait encore que les Sionistes « sont destinés à disparaître ». On l’a un peu moins entendu parler et il a été moins actif, au cours de ces dernières années.Le décret d’Haman était de « Tuer et détruire tous les Juifs, aussi bien jeunes que vieux, les petits enfants comme les femmes, en un seul jour ». Seule, une bombe nucléaire dévaste un peuple en un jour. 

    Une différence entre les deux fêtes des miracles, Hannoukah et Pourim, c’est qu’à Hanoukah, nous faisons tournoyer des toupies (dreidels) en les manipulant par leur sommet, alors qu’à Pourim, nous agitons manuellement des crécelles bruyantes, en les tenant par la poignée du bas. Pour sauver son peuple, ce jour-là, Esther portait des vêtements de reine et faisait lit commun avec un Roi non-Juif doublé d’un idiot alcoolique. 

    Aujourd’hui, le chef de l’Etat Juif séjourne au Palais d’Ahasuerus pour protester contre le même décret. A présent, Ahasuerus n’est pas un roi dirigeant 127 Etats, mais 50. Ce n’est ni un alcoolique ni un idiot, mais il est totalement indifférent au sort des Juifs. Et on en est à la troisième année de son deuxième mandat, tout comme Ahasuerus en était à sa troisième année de règne, selon le Livre d’Esther. Esther est arrivée au Palais le 3ème jour, après trois jours de préparatifs ; Netanyahu s’exprimera devant le Congrès au 3ème jour de sa convocation. 

    Quand Esther est partie voir le roi, « pour s’entretenir avec lui au nom de son peuple » (Esther 4:8), le plus gros problème qu’elle a dû résoudre concerne le fait qu’elle n’était pas invitée au Palais. Les meilleurs écrivains juifs de l’époque écrivaient, dans les journaux de Shushan (Suse) qu’elle n’oserait pas se rendre à la cour rapprochée du roi, parce que le roi n’avait pas tendu le sceptre d’or en sa direction. Les opposants présentaient cette tentative comme représentant une menace pour les relations extérieures, qui impliquaient aussi l’Europe. Et Mordekhaï dit à Esther : « car, si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d’autre part pour les Juifs, et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté?« (Esther 4:14)

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    Le Premier Ministre d’Israël, lui non plus, n’est pas invité au Palais et le roi n’a pas tendu le sceptre d’or en sa direction. Et qui sait jamais s’il sera élu pour être paré à faire face à des temps tels que les nôtres? 

    Dans le domaine éducatif du Judaïsme, l’enfant est élevé dans la connaissance qu’il s’inscrit dans une vaste histoire, que lui-même était présent,lorsque les Jui fs ont échappé à l’esclavage en Egypte. C’est ce qui façonne sa conscience. 

    Mordekhaï le Juif, qui refusait de s’agenouiller devant Haman, était membre de la tribu de Binyamin, un descendant de Binyamin, fils de Jacob, qui, lui-même, avait refusé de plier devanr Esav. Et Netanyahu, Binyamin Netanyahu – puisse t-il recevoir la force et le courage de D.ieu de ne pas plier ni mettre un genou à terre. De la même façon, Mordekhaï était sujet aux critiques, à l’époque : Il était « tenu en haute estime par beaucoup de ses frères » (Esther 10:3). Comme c’est écrit, « beaucoup » de ses frères et non « tous » ses frères. Il y avait toujours ceux qui montraient le visage du dépit et avaient le coeur plein d’amertume. Il n’y a pas grand-chose qui ait réellement changé depuis. 

    Certaines personnes ont tendance à faire des comparaisons avec les précédentes élections, les autres pays, les autres premiers ministres, les autres partis. Que voulez-vous y faire, les orentations de certaines personnes les ramènent vers une ville perse, à 250 kms du fleuve Tigre, 358 ans avant l’ère ordinaire. 

    Le Premier Ministre d’Israël ne va pas seul ne se rend pas seul à Washington. Il ne s’agit pas d’un voyage privé entre lui et le Président Barack Obama, mais d’une histoire qui sera lue sur un rouleau de parchemin durant environ 2000 ans par un peuple tout entier. Ce n’est pas non plus une question de camp politique, ou pour savoir s’il faut soutenir Netanyahu face à un scrutin électoral. 

    Je ne suis pas électrice du Likoud et j’ai accumulé une somme considérable de critiques, quant à la gestion du pays par Netanyahu. Mais, lorsque ce discours sera diffusé en Israël, avec un report de cinq minutes, les Juifs à travers l’espace et le temps l’observeront lever la main et dire : « C’est cet Haman qui est notre adversaire etnotre pire ennemi » (Esther 7:6) ; il leur dira qu’une enfant de 4 ans, Adèle Biton, n’est pas morte de pneumonie, mais qu’elle a été tuée lors d’une attaque par jets de pierre ; que les Juifs du supermarché français (HyperCacher) parce que « des fanatiques ont tiré au hasard sur une bande de gens réunis dans un magasin de dégustation en plein Paris », comme Obama s’est permis de le dire dans une interview, mais bien parce qu’ils étaient Juifs. Que les centrifugeuses en Iran fomentent un plan en vue de commettre un génocide. 

    Nous ne devons pas toujours être cyniques. Le 13 Adar, les Juifs de Shushan étaient supposés être exécutés. Chaque année, le 13 Adar, nous observons le jeûne d’Esther, tremblant de peur avec elle, du danger que représente l’entrée à la cour du roi, en priant pour qu’elle réussisse. 

    Quand les tables se sont retournées, les Juifs ont reçu la permission du Roi Ahasuerus de se réunir et de se défendre, ce jour-là, le 13 Adar. Ils n’ont pas tué les innocents, comme de nombreux commentateurs, se permettant de parler en leur nom se sont plu à le faire croire, mais ils n’ont frappé que ceux qui s’étaient levés pour les tuer. Et ils ont réussi. Et, en ce 13 Adar de l’an 5775, le messager des Juifs, Netanyahu, marchera vers le Congrès, accompagnés par 8 millions de plaignants,les citoyens d’Israël et avec le poids de 2.300 ans sur ses épaules. 

    Netanyahu prononcera les paroles d’Esther et sa voix résonnera aux quatre coins du monde. 

    Emily Amrousi

    israelhayom.com

    Adaptation : Florence Cherki

  • Bientot pourrim .... Rappel de la fete pour les uns ou decouverte pour les autres

    Bientôt Pourim ... petit rappel de la fête pour ceux qui ont oubliés... ou découverte pour ceux qui ne sont pas juifs sur le groupe..;

    La fête de Pourim (פּוּרים les hasards), le 14 Adar, est la célébration du miracle qui a sauvé les juifs en Perse, vers l'an 480 avant l'ère courante. C'est aussi le symbole de la prise de conscience par le peuple juif que c'est toujours D.ieu qui dirige l'Histoire même s'Il semble dissimulé, et que les Israélites ne peuvent percevoir Sa présence qu'en suivant Sa Torah.
    L'histoire de Pourim est racontée dans le Livre d'Esther[74] (Méguila).

    jeûne d'Esther le mercredi 4 mars, fête de Pourim le jeudi 5 mars.


    Histoire de Pourim
    Peu de temps après la permission donnée aux juifs par Cyrus de retourner à Jérusalem, il restait une forte population juive en Perse, dont Suse était la capitale.
    Le roi Assuérus (485 à 465 avant l'ère courante), petit-fils de Cyrus, après avoir répudié son épouse Vashti, choisit pour nouvelle reine la belle Esther. Mais Esther n'avait pas révélé au roi qu'elle était juive, sur les conseils de son oncle Mordékhaï.

    Ce même Mordékhaï, dans ce temps-là, avait sauvé la vie du roi en ayant déjoué le complot de ses gardes contre le souverain. Le fait fut inscrit dans les annales du royaume.

    Haman l'amalécite, un homme orgueilleux et cruel, était le conseiller du roi ; et il haïssait Mordékhaï, car ce dernier avait refusé de se prosterner devant lui, les Juifs ne se prosternant que devant D.ieu. Il en conçut une haine pour le peuple juif entier, et complota pour le détruire en un discours malheureusement trop connu [37] ; et le roi lui confia le soin de faire ce que bon lui semblerait. Haman, muni du sceau du roi, envoya dans toutes les provinces l'ordre de massacrer les Juifs le 13 Adar, date qu'il avait tirée au hasard.

    Mordékhaï persuada Esther de parler au roi au nom du peuple juif. Pour s'apprêter à risquer sa vie en allant voir le roi sans avoir été convoquée, Esther passa trois jours en prière et en jeûne et avait demandé à tous les Juifs d'en faire autant. Le roi la reçut avec bienveillance, elle demanda à parler lors d'un festin qu'il organiserait le lendemain.

    Ne pouvant dormir, le roi se fit lire les annales du royaume, où on lui rappela comment Mordékhaï avait déjoué la conspiration contre lui, et qu'il n'avait été fait aucune récompense à cet homme. Au matin, il demanda à son conseiller Haman quel traitement il se devait de réserver à un homme qu'il souhaitait honorer. Haman donna son avis en croyant que le roi pensait à lui : une parade en ville sur le cheval du roi. Assuérus lui ordonna alors de faire ce qu'il avait dit pour Mordékhaï.

    Le soir, lors du festin, le roi demanda à Esther quelle était sa requête, qu'il promettait de lui accorder d'avance. Esther lui demanda la survie ainsi que celle de son peuple, que Haman avait condamnées. C'est ainsi qu'Assuérus publia un nouvel édit pour annuler celui de Haman, qui fut pendu sur la potence qu'il avait lui-même dressée pour Mordékhaï.

    Le peuple juif, sauvé, passa du deuil à la réjouissance ; on célébra des fêtes. C'est ainsi que fut instaurée, le 14 Adar, la fête de Pourim.
    Pourim dans le judaïsme
    La fête de Pourim a une signification fondamentale dans le judaïsme.

    Contrairement à Hhanouka où la religion et la pratique juives étaient en danger, Pourim raconte la menace physique sur le peuple juif. Nombreux furent les exemples dans l'histoire, où les Juifs furent pourchassés non pas en raison de leur croyance, mais uniquement par haine gratuite.
    Le miracle de Pourim représente l'espoir que les Juifs gardent toujours dans ces épreuves.

    Il est un fait particulièrement marquant au sujet du Livre d'Esther : il s'agit du seul texte de la littérature juive sacrée dans lequel pas une fois il n'est fait mention de D.ieu. Plus exactement, D.ieu n'est pas cité explicitement, mais par de nombreuses allusions subtiles dans le récit. C'est que, si Pessahh est l'histoire de la libération du peuple juif par de grands miracles surnaturels, Pourim est la délivrance invisible, l'action cachée de D.ieu à l'intérieur des lois de la nature. Par leur seule prière, les juifs du temps d'Esther furent sauvés ; aujourd'hui seul le croyant qui place toute sa confiance en D.ieu, peut reconnaître la vraie grandeur du miracle.

    C'est même le sens de nom de la fête. Pourim, la fête des "hasards", exprime l'idée que précisément, rien n'est laissé au hasard par D.ieu. Ce qui semble être, à première vue, une conséquence de l'histoire, un enchaînement d'événements fortuits, n'est en fait que le moyen choisi par D.ieu pour déployer Son Œuvre de Bien.

    En effet, le déroulement de l'Histoire ne se limite pas à la mise en place des pièces du puzzle juste au bon moment en faisant apparaître au roi Assuérus le vrai visage de Haman et la grandeur d'âme de Mordékhaï. En remontant plus loin dans le temps, on prend toute la mesure de l'action permanente de D.ieu dans le monde. Haman est un descendant du roi Agag, lui-même issu de Amaleq, le méchant qui avait attaqué lâchement et sans raison les Israélites dans le désert, par l'arrière, à leur sortie de l'esclavage d'Egypte, alors qu'ils étaient faibles et fatigués. Amaleq représente l'incarnation de la méchanceté gratuite, qui est le principe diamétralement opposé à la nature même de D.ieu. Des générations plus tard, lorsque le Shaoul, roi d'Israël, vengea son peuple et combattit Amaleq, alors gouverné par Agag, il eut pitié de ce dernier et ne le tua pas. Tandis que Agag eut pour descendance Haman, qui voulut lui aussi perpétrer à son tour le crime d'Amaleq, les générations de la famille de Shaoul comptèrent Mordékhaï et Esther.
    Ce qui ressemble à un hasard est bel et bien l'œuvre de D.ieu.
    La fête de Pourim aujourd'hui
    Le 13 Adar est un jour de jeûne et de repentir, en souvenir du jeûne d'Esther, qui avait elle-même jeuné trois jours et avait demandé au peuple d'observer une journée de privation. S'il s'agit d'un samedi, le jeûne est avancé au jeudi pour ne pas gêner la célébration de Shabbat (noter que, du fait des dehhyiot, le 13 Adar ne peut jamais tomber un vendredi). Le jeûne est diurne uniquement ; il s'adresse à tous, mais comme d'habitude les personnes faibles ou malades en sont dispensées. Le 14 Adar est une journée de réjouissances.

    Quatre particularités s'appliquent au jour de Pourim, 14 Adar, toutes issues du Livre d'Esther :
    •On écoute la lecture publique de la méguila (rouleau) d'Esther à la synagogue, deux fois : la veille au soir, et le matin du 14 ;
    •on envoie des cadeaux comestibles aux amis et aux pauvres, en symbole de solidarité dans l'épreuve ;
    •en souvenir du demi-shéquel que l'on donnait pour le Temple, l'usage est de donner une contribution pour les œuvres d'Israël ;
    •on fait un banquet, dans l'après-midi, à l'image du festin d'Esther.
    La coutume est également de se déguiser, car la vraie nature des personnages s'est révélée et leurs masques sont tombés.

    ‎Bientôt Pourim ... petit rappel de la fête pour ceux qui ont oubliés... ou découverte pour ceux qui ne sont pas juifs sur le groupe..;
 
La fête de Pourim (פּוּרים les hasards), le 14 Adar, est la célébration du miracle qui a sauvé les juifs en Perse, vers l'an 480 avant l'ère courante. C'est aussi le symbole de la prise de conscience par le peuple juif que c'est toujours D.ieu qui dirige l'Histoire même s'Il semble dissimulé, et que les Israélites ne peuvent percevoir Sa présence qu'en suivant Sa Torah.
 L'histoire de Pourim est racontée dans le Livre d'Esther[74] (Méguila). 

jeûne d'Esther le mercredi 4 mars, fête de Pourim le jeudi 5 mars. 

 
Histoire de Pourim 
Peu de temps après la permission donnée aux juifs par Cyrus de retourner à Jérusalem, il restait une forte population juive en Perse, dont Suse était la capitale.
 Le roi Assuérus (485 à 465 avant l'ère courante), petit-fils de Cyrus, après avoir répudié son épouse Vashti, choisit pour nouvelle reine la belle Esther. Mais Esther n'avait pas révélé au roi qu'elle était juive, sur les conseils de son oncle Mordékhaï. 

 Ce même Mordékhaï, dans ce temps-là, avait sauvé la vie du roi en ayant déjoué le complot de ses gardes contre le souverain. Le fait fut inscrit dans les annales du royaume. 

 Haman l'amalécite, un homme orgueilleux et cruel, était le conseiller du roi ; et il haïssait Mordékhaï, car ce dernier avait refusé de se prosterner devant lui, les Juifs ne se prosternant que devant D.ieu. Il en conçut une haine pour le peuple juif entier, et complota pour le détruire en un discours malheureusement trop connu [37] ; et le roi lui confia le soin de faire ce que bon lui semblerait. Haman, muni du sceau du roi, envoya dans toutes les provinces l'ordre de massacrer les Juifs le 13 Adar, date qu'il avait tirée au hasard. 

 Mordékhaï persuada Esther de parler au roi au nom du peuple juif. Pour s'apprêter à risquer sa vie en allant voir le roi sans avoir été convoquée, Esther passa trois jours en prière et en jeûne et avait demandé à tous les Juifs d'en faire autant. Le roi la reçut avec bienveillance, elle demanda à parler lors d'un festin qu'il organiserait le lendemain. 

 Ne pouvant dormir, le roi se fit lire les annales du royaume, où on lui rappela comment Mordékhaï avait déjoué la conspiration contre lui, et qu'il n'avait été fait aucune récompense à cet homme. Au matin, il demanda à son conseiller Haman quel traitement il se devait de réserver à un homme qu'il souhaitait honorer. Haman donna son avis en croyant que le roi pensait à lui : une parade en ville sur le cheval du roi. Assuérus lui ordonna alors de faire ce qu'il avait dit pour Mordékhaï. 

 Le soir, lors du festin, le roi demanda à Esther quelle était sa requête, qu'il promettait de lui accorder d'avance. Esther lui demanda la survie ainsi que celle de son peuple, que Haman avait condamnées. C'est ainsi qu'Assuérus publia un nouvel édit pour annuler celui de Haman, qui fut pendu sur la potence qu'il avait lui-même dressée pour Mordékhaï. 

 Le peuple juif, sauvé, passa du deuil à la réjouissance ; on célébra des fêtes. C'est ainsi que fut instaurée, le 14 Adar, la fête de Pourim. 
Pourim dans le judaïsme 
La fête de Pourim a une signification fondamentale dans le judaïsme. 

 Contrairement à Hhanouka où la religion et la pratique juives étaient en danger, Pourim raconte la menace physique sur le peuple juif. Nombreux furent les exemples dans l'histoire, où les Juifs furent pourchassés non pas en raison de leur croyance, mais uniquement par haine gratuite.
 Le miracle de Pourim représente l'espoir que les Juifs gardent toujours dans ces épreuves. 

 Il est un fait particulièrement marquant au sujet du Livre d'Esther : il s'agit du seul texte de la littérature juive sacrée dans lequel pas une fois il n'est fait mention de D.ieu. Plus exactement, D.ieu n'est pas cité explicitement, mais par de nombreuses allusions subtiles dans le récit. C'est que, si Pessahh est l'histoire de la libération du peuple juif par de grands miracles surnaturels, Pourim est la délivrance invisible, l'action cachée de D.ieu à l'intérieur des lois de la nature. Par leur seule prière, les juifs du temps d'Esther furent sauvés ; aujourd'hui seul le croyant qui place toute sa confiance en D.ieu, peut reconnaître la vraie grandeur du miracle. 

 C'est même le sens de nom de la fête. Pourim, la fête des "hasards", exprime l'idée que précisément, rien n'est laissé au hasard par D.ieu. Ce qui semble être, à première vue, une conséquence de l'histoire, un enchaînement d'événements fortuits, n'est en fait que le moyen choisi par D.ieu pour déployer Son Œuvre de Bien. 

 En effet, le déroulement de l'Histoire ne se limite pas à la mise en place des pièces du puzzle juste au bon moment en faisant apparaître au roi Assuérus le vrai visage de Haman et la grandeur d'âme de Mordékhaï. En remontant plus loin dans le temps, on prend toute la mesure de l'action permanente de D.ieu dans le monde. Haman est un descendant du roi Agag, lui-même issu de Amaleq, le méchant qui avait attaqué lâchement et sans raison les Israélites dans le désert, par l'arrière, à leur sortie de l'esclavage d'Egypte, alors qu'ils étaient faibles et fatigués. Amaleq représente l'incarnation de la méchanceté gratuite, qui est le principe diamétralement opposé à la nature même de D.ieu. Des générations plus tard, lorsque le Shaoul, roi d'Israël, vengea son peuple et combattit Amaleq, alors gouverné par Agag, il eut pitié de ce dernier et ne le tua pas. Tandis que Agag eut pour descendance Haman, qui voulut lui aussi perpétrer à son tour le crime d'Amaleq, les générations de la famille de Shaoul comptèrent Mordékhaï et Esther. 
 Ce qui ressemble à un hasard est bel et bien l'œuvre de D.ieu. 
La fête de Pourim aujourd'hui 
Le 13 Adar est un jour de jeûne et de repentir, en souvenir du jeûne d'Esther, qui avait elle-même jeuné trois jours et avait demandé au peuple d'observer une journée de privation. S'il s'agit d'un samedi, le jeûne est avancé au jeudi pour ne pas gêner la célébration de Shabbat (noter que, du fait des dehhyiot, le 13 Adar ne peut jamais tomber un vendredi). Le jeûne est diurne uniquement ; il s'adresse à tous, mais comme d'habitude les personnes faibles ou malades en sont dispensées. Le 14 Adar est une journée de réjouissances. 

 Quatre particularités s'appliquent au jour de Pourim, 14 Adar, toutes issues du Livre d'Esther : 
•On écoute la lecture publique de la méguila (rouleau) d'Esther à la synagogue, deux fois : la veille au soir, et le matin du 14 ;
•on envoie des cadeaux comestibles aux amis et aux pauvres, en symbole de solidarité dans l'épreuve ;
•en souvenir du demi-shéquel que l'on donnait pour le Temple, l'usage est de donner une contribution pour les œuvres d'Israël ;
•on fait un banquet, dans l'après-midi, à l'image du festin d'Esther.
La coutume est également de se déguiser, car la vraie nature des personnages s'est révélée et leurs masques sont tombés.‎
  • L'histoire de Pourim

    L'histoire de Pourim

     

     
           

    L'histoire de Pourim est plus ancienne que celle de Hanouka. Alors que Hanouka se situe à l'époque du Second Temple de Jérusalem ; Pourim remonte à l'exil babylonien, qui a duré depuis la destruction du Premier Temple de Jérusalem jusqu'à la construction du Second.

    Trop souvent, le public francophone se fait de l'histoire de Pourim une idée plus ou moins fondée sur la lecture d'Esther de Racine, ou, au mieux, de celle de la traduction française de la Meguila d'Esther. Or, comme dans tous les domaines des textes bibliques, une compréhension correcte dépend de la connaissance des commentaires, de la transmission orale. En ce qui concerne Pourim, il y a tout un volume de la guemara qui concerne la Meguila, et qui s'appelle Masseheth Meguila. Il y a de nombreux commentaires sur la meguila, citons notamment le targoum chéni, qui offre des commentaires très détaillés.

    Si Hanouka est le dernier miracle qui est arrivé à l'époque du Beth Hamikdach, et qui est en relation avec la spiritualité du Beth Hamikdach, Pourim a été le premier grand miracle que Hakadoch Barouh Hou a accompli en-dehors d'Eretz Israël. Ce miracle porte les signes d'un événement exilique.

    L'histoire du miracle de Pourime se présente comme un enchaînement d'événements, qui, analysés chacun à part, n'offrent aucun signe de miracle. C'est une suite de situations, comme il s'en présente couramment dans cette région du monde qu'est la Perse, pour ne pas l'appeler le Pays des Mille et Une nuits. Alors que la victoire militaire des Hasmonéens était visiblement miraculeuse, ainsi que l'était la durée de la combustion de la seule fiole d'huile d'olives pure, dans toute l'histoire de Pourim, rien ne va contre les lois de la nature ; rien de physiquement miraculeux.

    Et pourtant, on a bien raison de parler d'un miracle. C'est que Pourim nous enseigne la différence que nous trouverons entre les miracles en Eretz Israël d'une part, et ceux que Hakadoch Barouh Hou accomplit pour nous en-dehors d'Eretz Israël . Alors en quoi consiste le miracle de Pourime ?

    Lorsque les Juifs de Suze se sont rendus à l'invitation d'Ahachvéroch au festin, auquel Mordehay leur avait interdit d'aller, personne ne se doutait que cette désobéissance serait la cause d'un danger qui planerait sur tous les Juifs du monde (à l'époque, on disait sur toutes les cent vingt sept provinces de la Perse, mais c'est la même chose)

    Personne ne se doutait que la nomination au poste de premier vizir (premier ministre, si vous préférez) de l'antisémite notoire qu'était Haman, était une étape, qui enfilerait le châtiment qu'enverrait Hakadoch Barouh Hou.

    Personne ne se doutait non plus que la disparition de Vachti, pour faire place à Esther au palais d'Ahachvéroch, enfilait la possibilité éventuelle d'une délivrance.

    Personne ne se doutait non plus que l'intervention de Mordechay pour étouffer dans l'?uf le projet d'assassinat d'Ahachvéroch par Bigtan et Téréch, articulait un autre élément de cette perspective de la délivrance.

    Je n'ai pas consulté les journaux de l'époque ; mais je peux vous dire que de tous les médias de l'époque, aucun n'a vu dans ces faits autre chose que des faits divers isolés, sans aucun lien entre eux.

    Par conséquent, lorsque la délivrance est arrivée, tous les médias de l'époque n'ont pas du tout vu en elle autre chose qu'un fait divers supplémentaire, sans lien avec ceux qui l'avait précédée.

    Et il est vrai que la Main de Hachem était complètement déguisée. Il envoyait des événements apparemment naturels, dus au hasard, sans plus.

    Mais chez les Juifs, chez nous, on sait que l'histoire est un enchaînement ininterrompu d'interventions de Hachem, comme suite au comportement de Son peuple. Tant que les Juifs fléchissent dans leur fidélité à Hachem et aux Mitsvoth, Hachem envoie des événements qui composent une adversité dramatique. Ensuite, lorsque les Juifs se réveillent enfin, acceptent d'écouter Mordechay, et de faire techouva, Hachem envoie le dénouement miraculeux. Miraculeux, certes, mais non apparemment miraculeux. Aucune loi de la nature ne s'efface devant le miracle de Pourim.(contrairement au miracle de Hanouka, qui a eu lieu en Eretz Israël).Pourim se passe très loin d'Eretz Israël.

    D'autre part, si le miracle a apporté une délivrance totale par rapport au danger qui l'avait précédée, toutefois les circonstances qui entourent le miracle, ne sont pas très dignes. En effet, qu'une fille juive comme Esther soit acculée à se donner à un non-juif, est le signe que cette génération n'était pas très digne dans sa vie juive.

    Arrivés là dans notre réflexion, disons que deux leçons doivent être tirées de cette approche. Pour qui vit en Eretz Israël, Pourim vient rappeler que les miracles que Hachem accomplit pour nous portent la marque de notre niveau spirituel.

    Pour qui vit (encore) en-dehors d'Eretz Israël, Pourim nous apprend que Hachem accomplit des miracles en n'importe quelle partie du monde, en faveur de ceux qui par leurs actes et leurs pensées Lui sont fidèles. Toutefois, pour discerner ces miracles, il faut déchirer le voile naturel qui les enveloppe, il faut percer l'apparence de faits divers que prennent les miracles de Hachem en-dehors d'Eretz Israël.

    D'ailleurs, l'usage populaire de se déguiser à Pourim, doit être bien compris comme notre affirmation que quelle que soit la manière dont Hachem déguise Ses miracles, sous l'aspect de faits naturels, nous nous sentons indéfectiblement capables d'y voir de vrais miracles. Nous décodons les faits apparemment naturels qui cachent de vraies interventions de Sa main.

    Nos Sages nous enseignent que la délivrance qu'a été le miracle de Pourim, s'est accompagnée d'un renouvellement de l'engagement des Juifs de se conformer aux Mitsvoth. Si, au Sinaï, Israël s'est engagé à vivre une existence de Tora et de Mitsvot, du fait de la crainte que leur a inspirée Hachem par les miracles de la Sortie d'Egypte et de la Révélation au Sinaï, la fête de Pourim a suscité une nouvelle acceptation de la Tora et des Mitsvoth, dans la joie d'avoir été délivrés par ce grand miracle.

    De même que chaque année, la fête de Chavouoth nous incite à renouveler notre engagement envers Hachem, du fait de la crainte que nous inspire Mattan Tora (le Don de la Tora), ainsi, chaque année, la fête de Pourim est l'occasion de renouveler et de renforcer notre fidélité à Hachem et à Ses Mitsvoth, grâce à la joie qui emplit nos coeurs.

    A tous et à toutes, je souhaite une bonne fête de Pourim.