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  • Le temps des grands dangers est-il de retour ? Un monde hautement dangereux…

    Le temps des grands dangers est-il de retour ? Un monde hautement dangereux…

    Chine

    Voilà une réflexion qui vient bien à son heure alors que …
    des bruits de bottes se font entendre un peu partout dans le monde, en Corée, en Afrique, au Moyen-Orient, en Libye, en Afghanistan. Voilà un tableau déjà bien chargé, pour l’immédiat. Assistons-nous au retour de la guerre, comme le craignent certains ? Mais ne faut-il pas porter le regard plus loin, sur le long terme, pour avoir une vue d’ensemble ? Une présence s’impose, d’emblée, celle de la Chine.

    Un monde hautement dangereux…

     

    Par Yves-Marie LAULAN

    La Chine est partout. Car la Chine, grosse de 1,3 milliards de Chinois actifs, entreprenants, de plus en plus sûrs d’eux-mêmes, est au centre de la problématique mondiale, sur tous les plans :

    - monétaires, avec la guerre larvée des monnaies, yuan contre dollar
    - commerciaux, avec le colossal excédent commercial qui condamne ses partenaires au déficit et à la stagnation,
    - financiers, avec les puissants investissements chinois partout là où il ya une place stratégique à occuper, au Pirée, en Espagne, en Afrique ou ailleurs,
    - la Chine enfin qui rafle les ressources nécessaires à la croissance, pétrole, matières premières, métaux rares, partout où cela est possible.

    On rencontre désormais la Chine à chaque coin de la planète, carnet de chèques en main.
    Dès lors, le monde occidental est dans la situation, fort inconfortable, de voyageurs entassés dans un wagon déjà surpeuplé, mais où un voyageur supplémentaire, fort corpulent et grossissant à vue d’œil, veut absolument pénétrer, au risque de ne plus pouvoir fermer les portières.

    Cette situation ne va pas sans rappeler, un bien fâcheux précédent, l’irruption à la fin du 19° siècle d’une Prusse surpuissante et déjà fort peuplée sur la scène européenne, au grand dam de l’Angleterre inquiète et de la France angoissée. On sait ce qui en a résulté quelques années plus tard.

    On voit bien que cette situation est grosse de conflits potentiels, pas seulement aux portes de la Chine, à Taiwan, en Corée, en Inde, dans l’Océan Indien, mais dans les coins plus reculés de la planète, au Moyen -Orient, en Afrique, en Sibérie, partout où la croissance démographique combinée et le progrès économique font peser une pression difficilement supportable sur les ressources naturelles, renouvelables ou non, de notre terre, sans compter la pollution sur terre, dans les mers, dans les airs.

    Le problème est d’autant plus préoccupant que l’essor prodigieux de la Chine est tout récent, à l’échelle de l’histoire contemporaine, à peine 30 à 40 ans. Et qu’il se poursuit, sans faiblir, à un rythme effréné, 10 % l’an, soit un doublement tous les 7 ans, selon la loi des intérêts composés, du jamais vu dans l’histoire du monde. Quand la Chine va-t-elle s’arrêter ? Ou va-t-elle s’arrêter ? Alors que, pendant ce temps-là, le monde occidental, Europe comprise, mène sagement sa croissance à allure de sénateur, 1 à 2 % l’an, 3 % les bonnes années, quand il n’y a pas de récession et donc pas de recul. Les Etats-Unis, hier maîtres du monde, sont fasciné par la Chine, comme le lapin devant le cobra, sachant qu’ils risquent fort, à terme, d’être dévorés tout cru, mais sachant bien aussi qu’ils ne peuvent rigoureusement rien y faire, sauf à déclencher un cataclysme sans précédent.

    Alors que faire ? Attendre, s’entendre, composer, prier le ciel ? Car les Etats-Unis savent bien qu’ils n’ont plus de cartes maîtresses en main et que le « Juggernaut » chinois, la force irrésistible de la Chine lancée à fond de train, n’est pas près de s’arrêter.

    Mais il n’y pas que la Chine. Il y a aussi le lancinant problème de la prolifération nucléaire dans le Tiers Monde, nullement résolu malgré les efforts des « Grands » de limiter la casse. Car, après l’Iran, candidat perpétuel à la bombe, la Corée du Nord, qui la fabrique, voilà que nous apprenons que le Pakistan, dont on connait l’instabilité, depuis le début du mandat d’Obama, a porté sa production de bombes nucléaire de 75 à environ à 100, dont plusieurs au plutonium. Ce qui met ce pays à parité avec l’Inde, mais aussi l’Angleterre et la France. Mais il y a pire. Le Pakistan, dans le plus grand secret, travaille activement à accroître ses capacités nucléaire de façon, à pouvoir fabriquer une centaine de bombes supplémentaires. Que va-t-il en faire ? Menacer l’Inde ? Les vendre à l’Iran, à l’Egypte, à tout pays islamique ?

    Comme si cela ne suffisait pas, voilà le Moyen-Orient, hier, si paisible en apparence, secoué par une série de révolutions qui mettent à bas, en peu de temps, tout l’édifice politique et institutionnel si longtemps préservé, monarchies, autocraties, tyrannies, tout y passe, sous la poussée de la rue.

    Là où certains y voient l’avènement d’une période de grâce où les droits de l’homme et la démocratie vont fleurir, la main dans la main, comme jonquilles au printemps, d’autres, plus pessimistes, s’interrogent pour savoir si ce schéma paisible ne va pas tourner rapidement au cauchemar. Va-t-on vers d’un processus de radicalisation progressive dont on voit les premiers effets en Tunisie et en Egypte sous la pression d’un désastre économique ? Car la révolution ne crée pas d’emplois. Tout au contraire, elle les détruit.

    Dès lors, ce processus peut-il nous acheminer vers la perspective d’un conflit ou de conflits guerriers, et si oui, pourquoi ?
    Aujourd’hui, les points chauds du globe sont la Corée du Nord, Israël et l’Iran et surtout l’Afghanistan et le Pakistan. Mais demain ? L’étincelle susceptible de mettre le feu aux poudres peut partir de n’importe où.

    Le temps des grandes alliances est de retour

    Le décor est planté, pour un ou plusieurs conflits, isolés ou collectifs, simultanés ou successifs dans les 10, 20 ou 30 prochaines années, aussi loin que notre regard peut porter aujourd’hui.
    L’affaiblissement de la puissance américaine, rongée de l’intérieur par une interminable crise financière, l’extraordinaire essor de la Chine de plus en plus sûre d’elle-même, de son pouvoir et de son destin, ne peut que renforcer cette conviction.

    D’autant plus que la croissance économique mondiale, comme on sait, conduit inexorablement à l’épuisement des ressources disponibles, si bien la poursuite de la production industrielle va tôt ou tard et pour tous, se heurter à ce mur invisible. Il n’y en aura plus assez pour tout le monde.

    Car ce que l’un obtiendra de plus le sera au détriment, en moins, de l’autre, un cocktail de convoitises antagonistes parfait pour une explosion mondiale.
    Mais, nous dira-t-on, Malthus nous prédisait déjà cela voici trois siècles et il a eu bel et bien tort. C’est effectivement un précédent qui parle à l’esprit.

    Mais ce n’est pas parce qu’une catastrophe a pu être évitée dans le passé, parfois de justesse, -rappelons – nous l’effroyable famine irlandaise -, qu’elle pourrait l‘être à nouveau dans des circonstances démographiques et économiques totalement différentes. L’histoire ne se répète pas, mais parfois elle bégaie.
    Car le temps des terres nouvelles à découvrir est bel et bien passé. Quant à aller vers les étoiles, ce n’est pas pour demain. Et l’invention technologique où certains croient voir le salut de l’humanité, n’est pas toujours, hélas, au rendez-vous, comme l’histoire nous l’enseigne. En attendant, il faudra « faire avec », avec ce que l’on est et ce que l’on a.

    Alors, la guerre est-elle inévitable ?

    Bien sûr que non, on peut l’espérer, mais sans doute à certaines conditions.
    La première est l’espoir qu’un esprit nouveau souffle sur le monde, celui de la concertation dans l’exploitation des ressources disponibles, faute de quoi l’inévitable rationnement se fera par la force, et, fort probablement, par la force des armes, au-delà d’une certaine limite.
    En second lieu, face au Léviathan chinois, soyons réaliste, le poids de l’Europe est dérisoire, celui de l’Amérique n’est plus ce qu’il était et celui de l’Inde tarde à se rassembler. En d’autres termes, le temps des grandes alliances géo-stratégiques a sonné. Quelle en sera la configuration, nul ne peut savoir encore ? Elle sera sans doute variable au gré des circonstances.

    Mais l’on pourrait déjà imaginer plusieurs schémas possibles. Par exemple, une Amérique appuyée sur le continent européen, Russie comprise, consolidée par vieil allié japonais, et, pourquoi pas, arque boutée sur l’Inde et le Sud-Est asiatique. Le tout formerait ainsi un ensemble cohérent et défensif de poids face à la Chine conquérante. Ce serait, en quelque sorte, le retour à la politique de containment chère à John F. Kennan qui a si bien réussi à préserver la paix dans le monde dans les années d’après guerre et à travers la guerre froide, jusqu’à l’effondrement programmé de l’Empire soviétique, un succès d’estime fort appréciable.

    L’Europe sans défense

    Quoi qu’il en soit, il est clair que l’avenir n’appartient plus aux grands principes, aux belles consciences et aux bons sentiments qui ont si glorieusement inspiré le monde occidental au cours des trente dernières années. Le temps de la real politik est de retour, celui où il faudra s’unir pour survivre, sinon périr ou dépérir, ce qui revient au même.

    A cet égard, il est clair que l’Europe ne dispose plus d’une défense crédible, faute de moyens militaires significatifs. C’est la rançon d’un effort de défense tombé à un niveau proprement dérisoire, car tristement négligé au cours des 30 dernières années. Les maigres crédits militaires ont été systématiquement laminés, dévorés par les crédits sociaux. En conséquence, l’Europe est vulnérable, nue, face aux dangers de demain. Et cela, l’opinion publique, aveugle, l’ignore, la classe politique s’en moque et l’armée, la « Grande Muette » se tait, muselée par le pouvoir.
    Et pourtant l’Europe ferait bien de se réveiller, au moment où l’Amérique, sa protectrice depuis 60 ans, détourne son regard de l’Ancien Monde pour le tourner de plus en plus vers le Pacifique. (1)

    (1) A cet égard la grotesque et désastreuse expédition de Libye constitue un bien fâcheux précédent

    Par Yves-Marie LAULAN Géopoliticien – réflexions sont largement inspirées par le colloque de l’Institut de Géopolitique des Populations, « Les guerres de l’avenir seront-elles démographiques » ?

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  • Des dignitaires religieux turcs proposent un dialogue au ministre Eli Yishaï

    Des dignitaires religieux turcs proposent un dialogue au ministre Eli Yishaï

     

    Deux dignitaires religieux turcs notoires sont arrivés en Israël pour proposer au ministre de l'Intérieur Eli Yishaï (Shass) d'entamer un dialogue alternatif entre religieux juifs et musulmans, en espérant que par ce biais les deux parties réussiront à mettre fin à la crise diplomatique entre les deux pays. Les ecclésiastiques turcs ont été mandatés par un cheikh proche du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Lors de leur rencontre lundi avec M. Yishaï, ils l'ont même invité en Turquie. Une visite que M. Yishaï n'a pas exclue.
  • Avertissements américains à Ankara

     

    Avertissements américains à

    Ankara

    Le Département d’Etat US a fait parvenir ces derniers jours plusieurs messages fermes en direction d’Ankara concernant les récentes déclarations et menaces du Premier ministre turc Erdogan en direction d’Israël, de la Grèce et de Chypre.
    Erdogan avait annoncé clairement « que des bâtiments militaires turcs escorteraient les prochaines expéditions vers Gaza » et averti « qu’Israël ne pourrait plus impunément décider de ce qui se passe en Méditerranée orientale » ! Dans l’un des messages américains, le Département d’Etat, tout en affirmant « ne pas vouloir intervenir dans le contentieux israélo-turc », indique « qu’il y a des lignes rouges à ne pas franchir et qu’il serait difficilement acceptable qu’un Etat de l’OTAN puisse de manière unilatérale mettre en danger les intérêts américains et internationaux dans la région ». Par ailleurs, Washington a fait savoir à l’allié des terroristes « qu’il ne verrait pas d’un bon oeil sa visite dans la Bande de Gaza lors de son prochain voyage officiel en Egypte, car en tant que membre de l’OTAN, la Turquie ne pourrait apporter son soutien au Hamas, considéré par les Etats-Unis et l’Union Européenne comme une organisation terroriste ».
    Enfin, le Département d’Etat a mis en garde Ankara contre ses velléités belliqueuses en Méditerranée orientale : « Les Etats-Unis et l’Union Européenne ne supporteront pas une situation dans laquelle des bâtiments militaires turcs escortent des expéditions de soutien au Hamas, au risque de mettre en danger la stabilité de la région ainsi que les intérêts américains ». Ils demandent également à la Turquie « de se contenir dans leurs menaces face à la Grèce et Chypre ».
    Malgré la clarté des menaces prononcées par le Premier ministre turc, son cabinet a répondu é ces avertissements en publiant un communiqué indiquant « que ses propos n’avaient pas été compris comme il le fallait suite à une erreur de traduction » !!! Mais la suite du communiqué n’est pas plus encourageante non plus : « Le Premier ministre a juste voulu affirmer le principe selon lequel la Turquie ferait en sorte que les expéditions d’aide humanitaire vers Gaza devraient être sécurisées au cas où Israël entravait la liberté de mouvement maritime internationale dans cette zone » ! La même menace énoncée avec des mots plus tendres…