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  • Ariel Sharon, dans le coma depuis six ans

    Ariel Sharon, dans le coma depuis six ans
    par Lenny Pomerantz et Julien Bahloul -

    Cela fait aujourd’hui six ans qu’Ariel Sharon est plongé dans le coma. Le co-fondateur du parti Likoud qui fut Premier ministre de de 2001 à 2006 est indissociable de l’histoire Israël.


    De son entrée dans le mouvement militaire Gadna dans les années 1940 à son poste de chef du gouvernement, « Arik, roi d’Israël» comme il a été surnommé, est passé par tous les postes et a gravi tous les échelons.

    Commandant de plusieurs unités, il fait ses preuves et ses gammes à Tsahal où sa virulence l’égard des ennemis d’Israël est souvent pointée du doigt.

    Le jeune Arik n’hésite d’ailleurs pas à critiquer l’état-major lui reprochant « trop de retenue face aux Arabes ». Il ira même jusqu’à outrepasser les ordres de ses supérieurs durant plusieurs batailles.

    Sa carrière, longue de près de 25 années dans l’armée Israélienne est surtout couronnée de succès qui font sa renommée. En 1967, il dirige une des divisions qui prend le contrôle du Sinaï. Pendant la guerre de Kippour, sa division franchit le canal de Suez et participe à l’encerclement de la IIIème armée égyptienne qui donnera la victoire à l’Etat juif.

    C’est à 45 ans que l’homme entre dans l’arène politique. Il y restera 33 ans.

    Il aide Menahem Begin à fonder le Likoud, premier parti de droite à remporter des élections (en 1977) face à la gauche, au pouvoir depuis la fondation d’Israël le 14mai 1948.

    L’homme occupera six portefeuilles ministériels avant d’accéder au poste suprême de Premier ministe, un poste qu’il a quitté, de force, il y a tout juste six ans.

    UN HOMME DE COURAGE ET DE CONTRADICTIONS

    En pleine campagne électorale, il déclare en novembre 2000 qu’il pense « pouvoir gagner la bataille de la paix », et ce en pleine vague d’attentats palestiniens.

    Si le recours à la manière forte est la solution qu’il privilégie le plus souvent pour faire face à la violence arabe, c’est avant tout parce qu’elle est, selon lui, la meilleure chance d’assurer la survie de l’Etat d’Israël dans « une région qui n’a pas de pitié envers les faibles. »

    En 2005 il procède, contre l’avis de son propre parti politique et de sa coalition gouvernementale, à l’évacuation totale des habituations juives de la bande de Gaza.

    Cette décision est d’autant plus historique qu’elle émane de l’homme qui a planifié les plans d’expansion des localités juives de Judée-Samarie, du Sinaï et de Gaza.

    Durant l’été 2005, le paroxysme Sharon atteint son maximum. Détesté par une partie d’Israël, adulé par une autre, l’homme devient soudainement un dirigeant international qui impose le respect par son courage politique.

    Son choix d’évacuer Gaza provoque une si scion au sein du Likoud. Ariel Sharon est contraint de quitter son parti historique pour fonder le Kadima avec son vieil ami Shimon Pérès, pourtant issu de la gauche.

    A la veille des élections législatives de 2006, Ariel Sharon est à son apogée. Il est crédité d’une très large victoire et la communauté internationale lui rend hommage lors de son discours à l’assemblée générale de l’ONU de septembre 2005.

    SON AMOUR DU PEUPLE JUIF EN HERITAGE

    Le destin en aura décidé autrement. Le 4 janvier 2006, Ariel Sharon est victime d’une attaque cérébrale foudroyante. Il est transporté d’urgence à l’hôpital Haddash de Jérusalem. Opéré dans la nuit du 4 au 5 janvier, il ne s’en remettra jamais. Depuis cette date, l’ancien Premier ministre d’Israël est plongé dans un coma profond.

    Au-delà des polémiques sur le bilan de son action, ce qui reste dans les mémoires collectives est avant l’image d’un leader préoccupé durant toute sa vie par l’avenir du peuple juif.

    Dans une tribune publiée aujourd’hui par Tsipi Livni dans le journal Yediot Aharonot, celle qui l’a suivie au parti Kadima se souvient d’une de ses dernières conversations avec Ariel Sharon : « fais venir un million de Juifs supplémentaires en Israël », lui avait-il dit.

    Elle raconte également que, partout où il allait, il tenait à rencontrer les communautés juives locales et les exhortaient à immigrer en Israël, seul lieu d’avenir possible selon lui pour le peuple juif. De même, elle rapporte qu’Arik aimait recevoir chez lui, durant la fête juive de Soukot, les soldats de Tsahal, en particulier les nouveaux immigrants et ceux en cours de conversion avec lesquels il parlait pour leur apporter soutien et félicitations.

    Ariel Sharon était également un homme très sensible qui, selon de nombreux témoignages, pleurait très souvent. Notamment lorsqu’il recevait les familles endeuillées du terrorisme ou encore lorsqu’il a assisté au spectacle de l’expulsion des Juifs de la bande de Gaza.

    Cela fait aujourd’hui six ans qu’Ariel Sharon est dans le coma. Six longues années au cours desquelles des milliers d’Israéliens se sont dits au moins une fois : « qu’aurait-il fait s’il était éveillé » ?