antisemite

  • Le discours intégral et en français de Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain (3 mars 2015)

    Voici l’adaptation en français de la transcription intégrale de l’allocution du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Congrès américain, le 3 Mars 2015.

    Merci.

    (Applaudissements)

    Merci …

    (Applaudissements)

    … Le Président de la Chambre John Boehner, le président Pro Tem sénateur Orrin Hatch, sénateur de la minorité – leader de la majorité Mitch McConnell, leader de la minorité Nancy Pelosi, chef de la majorité et de la Chambre Kevin McCarthy.

    Je tiens également à remercier le sénateur, leader démocrate Harry Reid. Harry, il est bon de vous voir revenir sur vos pieds.

    (Applaudissements)

    Je suppose que ce qu’ils disent est vrai, vous ne pouvez pas garder un homme bon en mauvais état.

    (Rires)

    Mes amis, je suis profondément honoré par la possibilité de parler pour la troisième fois devant le corps législatif le plus important au monde, le Congrès américain.

    (Applaudissements)

    Je tiens à vous remercier tous d’être ici aujourd’hui. Je sais que mon discours a fait l’objet de nombreuses controverses. Je regrette profondément que certains perçoivent ma présence ici comme politique. Cela n’a jamais été mon intention.

    Je tiens à vous remercier, démocrates et républicains, pour votre soutien commun à Israël, année après année, décennie après décennie.

    (Applaudissements)

    Je sais que peu importe de quel côté de l’allée vous vous asseyez, vous vous tenez avec Israël.

    (Applaudissements)

    L’alliance remarquable entre Israël et les Etats-Unis a toujours été au-dessus de la politique. Elle doit toujours rester dessus de la politique.

    (Applaudissements)

    Parce que l’Amérique et Israël partagent un destin commun, le destin de terres promises qui chérissent la liberté et offrent de l’espoir. Israël est reconnaissant du soutien de l’Amérique – de la population de l’Amérique et des présidents de l’Amérique, de Harry Truman à Barack Obama.

    (Applaudissements)

    Nous apprécions tout ce que le président Obama a fait pour Israël.

    Mais vous savez déjà tout cela.

    (Applaudissements)

    Vous savez que nous apprécions le renforcement de la coopération sécuritaire et le partage des renseignements, nous apprécions que vous vous opposez aux résolutions anti-israélienne à l’ONU.

    Mais il y a certaines choses que le Président Obama a fait, qui sont moins connues…

    Je l’ai appelé en 2010, lorsque nous avons eu l’incendie de la forêt Carmel, et il a immédiatement accepté de répondre à ma demande d’aide urgente.

    En 2011, nous avons eu notre ambassade au Caire en état de siège, et de nouveau, il a fourni une aide vitale en ce moment crucial.

    Il a également soutenu nos demandes pour notre défense anti-missile au cours de l’été dernier, lorsque nous étions face aux terroristes du Hamas.

    (Applaudissements)

    Dans chacun de ces moments, j’ai appelé le président, et il était là.

    Et certaines choses de ce que le président a fait pour Israël ne peuvent pas être dites, parce que cela touche aux questions sensibles et stratégiques qui ne peuvent être dites qu’entre un Président américain et un Premier Ministre israélien.

    Mais je sais cela, et je serai toujours reconnaissant au président Obama pour ce soutien.

    (Applaudissements)

    Et Israël vous est reconnaissant, reconnaissant le Congrès américain, pour votre soutien, pour nous soutenir à bien des égards, en particulier dans l’aide militaire généreuse et la défense antimissile, y compris le Dôme de Fer.

    (Applaudissements)

    L’été dernier, des millions d’Israéliens ont été protégée contre les milliers de roquettes du Hamas, grâce à ce Dôme construit avec vous.

    (Applaudissements)

    Merci, l’Amérique. Merci pour tout ce que vous avez fait pour Israël.

    Mes amis, je suis venu ici aujourd’hui parce que, en tant que Premier ministre d’Israël, je me sens une obligation profonde de vous parler d’une question qui pourrait bien menacer la survie de mon pays et l’avenir de mon peuple: la quête iranienne pour obtenir des armes nucléaires .

    Nous sommes un peuple ancien. Dans nos près de 4000 ans d’histoire, beaucoup ont essayé à plusieurs reprises de détruire le peuple juif. Demain soir, lors de la fête juive de Pourim, nous allons lire le Livre d’Esther. Nous lisons le récit d’un vice-roi de Perse puissant nommé Haman, qui complotait pour détruire le peuple juif il y a quelque 2500 ans. Mais une femme juive courageuse, reine Esther, a démontré ce complot et a donné au peuple juif le droit de se défendre contre ses ennemis

    Le complot a été déjoué. Notre peuple a été sauvé.

    (Applaudissements)

    Aujourd’hui le peuple juif fait face à une autre tentative, d’un autre potentat perse, de nous détruire. Le Guide suprême l’ayatollah Khamenei crache sa haine la plus ancienne, la haine de l’antisémitisme, avec les nouvelles technologies. Il tweete qu’Israël doit être anéanti – il tweete ! Vous savez, en Iran, Internet n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler livre. Mais il tweet en anglais qu’Israël doit être détruit.

    Pour ceux qui croient que l’Iran menace l’Etat juif, mais pas le peuple juif, écoutez Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, chef mandataire terroriste de l’Iran. Il a dit: Si tous les Juifs se rassemblent en Israël, cela va nous épargner la fatigue de les pourchasser dans le monde entier.

    Mais le régime iranien n’est pas seulement un problème juif, pas plus que le régime nazi n’était qu’un problème juif. Les 6 millions de juifs assassinés par les nazis n’étaient qu’une fraction des 60 millions de personnes tuées dans la Seconde Guerre mondiale. Donc, si le régime de l’Iran constitue une grave menace non seulement pour Israël, c’est aussi le cas pour la paix du monde entier. Pour comprendre à quel point l’Iran serait dangereux avec des armes nucléaires, nous devons comprendre pleinement la nature du régime.

    Le peuple d’Iran est composé de gens très talentueux. Ils sont les héritiers d’une des plus grandes civilisations du monde. Mais en 1979, ils ont été détournés de leur histoire par des fanatiques religieux, des fanatiques religieux – qui ont imposé une dictature sombre et brutale.

    Cette année là, les fanatiques ont rédigé une constitution nouvelle pour l’Iran. Elle ordonne aux gardiens de la révolution de ne pas seulement protéger les frontières de l’Iran, mais aussi de remplir la mission idéologique du jihad. Le fondateur du régime, l’ayatollah Khomeini, a exhorté ses partisans à « exporter la révolution dans le monde entier. »

    Je suis ici à Washington, et la différence est tellement frappante. Le document fondateur de l’Amérique promet la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Le document fondateur de l’Iran s’engage dans la mort, la tyrannie, et la poursuite du djihad. Et alors que les États s’effondrent à travers le Moyen-Orient, l’Iran se charge d’occuper le vide pour faire exactement cela.

    Les hommes de main de l’Iran à Gaza, ses laquais au Liban, ses gardiens de la révolution sur le plateau du Golan entourent Israël avec trois tentacules de terreur. Soutenu par l’Iran, Assad massacre Syriens. Soutenu par l’Iran, les milices chiites sont lâchées en Irak. Soutenu par l’Iran, les Houthis prennent le contrôle du Yémen, menaçant les détroits stratégiques à l’embouchure de la mer Rouge. Avec le détroit d’Ormuz, ce serait donner à l’Iran une seconde point d’approvisionnement en pétrole du monde.

    La semaine dernière, près d’Ormuz, l’Iran a procédé à un exercice militaire en détruisant une maquette d’un porte-avions américain. C’est juste la semaine dernière, alors qu’ils négocient avec les Etats-Unis sur le nucléaire. Mais malheureusement, depuis les 36 dernières années, les attaques de l’Iran contre les Etats-Unis ont été tout sauf sur des maquettes. Et les objectifs n’ont été que trop réels.

    L’Iran a pris des dizaines d’Américains en otage à Téhéran, a assassiné des centaines de soldats américains, des Marines à Beyrouth, et est responsable de la mort et de mutilations des milliers d’hommes et de femmes, de militaires américains en Irak et en Afghanistan.

    Au-delà du Moyen-Orient, l’Iran attaque l’Amérique et ses alliés à travers son réseau mondial de terrorisme. Il a fait sauter le centre de la communauté juive et l’ambassade israélienne à Buenos Aires. Il a aidé Al Qaida à attaquer les ambassades américaines en Afrique. Il a même tenté d’assassiner l’ambassadeur saoudien, ici à Washington DC.

    Au Moyen-Orient, l’Iran domine désormais quatre capitales arabes, Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa. Et si l’agression de l’Iran n’est pas défaite, d’autres suivront sûrement.

    Donc, à un moment où beaucoup espèrent que l’Iran se joindra à la communauté des nations, l’Iran est occupé engloutir les nations.

    (Applaudissements)

    Nous devons tous unir nos efforts pour arrêter la marche de l’Iran par les conquêtes, l’asservissement et de la terreur.

    (Applaudissements)

    Il y a deux ans, on nous a dit de donner au Président Rouhani et aux ministre des Affaires étrangères Zarif, une chance d’apporter des changements et de la modération en Iran. Quels changements! Quelle modération!

    Le gouvernement de Rouhani pend gays, persécute les chrétiens, emprisonne des journalistes et exécute encore plus de prisonniers que par le passé.

    L’année dernière, le même Zarif qui charme diplomates occidentaux a déposé une gerbe sur la tombe d’Imad Mughniyeh. Imad Mughniyeh est le cerveau terroriste qui a fait verser le plus de sang plus américain que tout autre terroriste outre Oussama ben Laden. Je aimerais voir quelqu’un lui poser une question à ce sujet.

    Le régime iranien est plus radical que jamais, il scande « Mort à l’Amérique », et surnomme l’Amérique « le grand satan. »

    Maintenant, cela ne devrait pas être surprenant, parce que l’idéologie du régime révolutionnaire de l’Iran est profondément enracinée dans l’islam militant, et c’ est pourquoi ce régime sera toujours un ennemi de l’Amérique.

    Ne soyez pas dupe. La bataille entre l’Iran et l’ISIS ne fait pas l’Iran dans un ami de l’Amérique.

    L’Iran et l’ISIS sont en compétition pour le trône de l’Islam militant. Le premier se nomme République Islamique, le second Etat Islamique. les deux veulent imposer un empire islamique militant, d’abord sur la région, puis sur le reste du monde. Ils sont simplement en désaccord sur celui qui sera le chef de cet empire.

    Dans cette lutte mortelle pour un trône, il n’y a pas de place pour l’Amérique ou pour Israël, pas de paix pour les chrétiens, les juifs ou les musulmans qui ne partagent pas la croyance médiévale islamiste, pas de droits pour les femmes, pas de libertés pour les peuples.

    Alors, quand il s’agit de l’Iran et de l’ISIS, l’ennemi de votre ennemi est votre ennemi.

    (Applaudissements)

    La différence est que l’ISIS est armé avec des couteaux de boucher, des armes saisies et YouTube, alors que l’Iran pourrait bientôt être armé avec des missiles balistiques intercontinentaux et des bombes nucléaires. Nous devons toujours nous rappeler – je vais le dire une fois de plus – que le plus grand danger auquel notre monde doit faire face, est le mariage de l’Islam militant avec des armes nucléaires. Vaincre l’Etat Islamique et laisser l’Iran obtenir des armes nucléaires serait comme gagner la bataille, mais perdre la guerre. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.

    (Applaudissements)

    Mais cela, mes amis, c’est exactement ce qui pourrait arriver, si l’accord en cours de négociation est accepté par l’Iran. Cet accord ne va pas empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires. Il fait tout sauf garantir que l’Iran n’obtienne ces armes, beaucoup d’armes.

    Permettez-moi de vous expliquer pourquoi. Alors que l’accord final n’a pas encore été signé, certains éléments de tout accord potentiel sont maintenant de notoriété publique. Vous n’avez pas besoin des agences de renseignement et des informations secrètes pour le savoir. Cherchez cela sur Google.

    En l’absence d’un changement radical, nous savons pour sûr que tout accord avec l’Iran comprendra deux grandes concessions à l’Iran.

    La première concession majeure serait de laisser l’Iran avec une vaste infrastructure nucléaire, en l’obligeant pendant une courte période de construire une bombe. Cette pause est le temps nécessaire pour obtenir suffisamment d’uranium de qualité militaire ou de plutonium pour une bombe nucléaire.

    Selon l’accord, pas une seule installation nucléaire ne serait démolie. Des milliers de centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium seraient laissés libres. Des milliers d’autres seraient déconnectés temporairement, mais pas détruites.

    Le programme nucléaire de l’Iran resterait en grande partie intacte, notamment parce que cette pause, d’environ un an pour laisser aux Etats-Unis le temps d’observer la situation, cette pause serait encore plus courte pour Israël.

    Et si le travail de l’Iran sur ses centrifugeuses avancées, plus rapides et de meilleures qualités, si ces centrifugeuses ne sont pas stoppées, cette pause pourrait être encore plus courte, beaucoup plus courte !

    Certes, certaines restrictions seraient imposées sur le programme nucléaire de l’Iran et ce pays devrait accepter des visites supervisées par des inspecteurs internationaux…  Mais voici le problème:  les inspecteurs documentent les violations; ils ne les arrêtent pas.

    Les inspecteurs savaient quand la Corée du Nord était prête à obtenir la bombe, mais cela n’a pas empêché quoi que ce soit. La Corée du Nord a éteint les caméras, expulsé les inspecteurs. Et en quelques années, il ont obtenus la bombe.

    Maintenant, nous savons que dans les cinq ans, la Corée du Nord pourrait avoir un arsenal de 100 bombes nucléaires.

    Comme la Corée du Nord, l’Iran aussi a défié les inspecteurs internationaux. Cela a été fait à au moins 3 occasions distinctes en 2005, 2006 et 2010. Comme la Corée du Nord, l’Iran a brisé les serrures et éteint les caméras.

    Je sais que ce que je vais vous dire ne va pas vous choquer, personne, mais l’Iran ne défie pas que les inspecteurs… Il joue également de manière très habile à cache-cache avec eux, il triche avec eux.

    L’Agence de surveillance nucléaire de l’ONU, l’AIEA, a dit encore hier que l’Iran refuse toujours de faire le ménage dans son programme nucléaire militaire. L’Iran a également été pris la main dans le sac – pris deux fois, pas une fois, deux fois – à exploiter des installations nucléaires secrètes à Natanz et Qom, des installations dont les inspecteurs ne connaissaient même pas l’existence. 

    À l’heure actuelle, l’Iran pourrait cacher des installations nucléaires que nous ne connaissons pas. Comme l’ancien chef des inspections de l’AIEA l’a déclaré en 2013, «S’il n’y a aucune installation non déclarée aujourd’hui en Iran, ce sera la première fois en 20 ans que ce serait le cas. » L’Iran a prouvé à maintes reprises qu’on ne peut pas lui faire confiance. Et c’est pourquoi la première concession majeure est une grande source de préoccupations. Cela laisse l’Iran avec une vaste infrastructure nucléaire tout en s’appuyant uniquement sur les inspecteurs surveiller cela. Cette concession crée un réel danger : celui de voir l’Iran obtenir la bombe en violant l’accord.

    Mais la deuxième concession majeure crée un danger encore plus grand ; l’Iran pourrait construire la bombe tout en signant l’accord… Parce que presque toutes les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran expireront automatiquement dans environ une décennie.

    Une décennie peut sembler une longue période dans la vie politique, mais c’est un clin d’oeil dans la vie d’une nation. C’est un clin d’œil dans la vie de nos enfants. Nous avons tous la responsabilité d’imaginer ce qui se passera lorsque les capacités nucléaires de l’Iran seront pratiquement illimitées et que toutes les sanctions ont été levées. L’Iran serait alors libre de construire une énorme capacité nucléaire qui pourrait produire beaucoup, beaucoup de bombes nucléaires.

    Le Guide suprême de l’Iran le dit ouvertement. Il dit, l’Iran prévoit d’avoir 190.000 centrifugeuses, pas 6.000 ou pas 19.000 comme aujourd’hui, mais 10 fois cela: 190.000 centrifugeuses d’enrichissement d’uranium. Avec cette capacité importante, l’Iran pourrait fabriquer du carburant pour l’ensemble d’un arsenal nucléaire et ce en quelques semaines à partir du moment où la décision est prise.

    Mon ami de longue date, John Kerry, le secrétaire d’État, a confirmé la semaine dernière que l’Iran pourrait obtenir légalement toutes ces centrifugeuses lorsque l’accord arriverait à expiration.

    Maintenant, je veux que vous pensiez à ce sujet. Le parrain du terrorisme mondial ne pourrait être qu’à quelques semaines d’obtenir assez d’uranium pour tout un arsenal d’armes nucléaires… Et cela avec une pleine légitimité internationale.

    Et en passant, le programme de missiles balistiques intercontinentaux de l’Iran ne fait pas partie de la transaction… Et jusqu’à présent, l’Iran refuse de même le mettre sur la table des négociations ces missiles. Eh bien, avec cela l’Iran pourrait avoir les moyens d’utiliser cet arsenal nucléaire dans tous les coins de la terre, y compris au coeur de l’Amérique.

    Donc, vous voyez, mes amis, cet accord a deux concessions majeures: une, quitter l’Iran avec un vaste programme nucléaire et deux, la levée des restrictions sur ce programme dans environ une décennie. C’est pourquoi cet accord est si mauvais. Il ne bloque pas le chemin de l’Iran vers la bombe; il ouvre le chemin de l’Iran vers la bombe.

    Alors pourquoi quelqu’un devrait signer ce deal ? Parce qu’ils espèrent que l’Iran va changer pour le mieux dans les années à venir, ou qu’ils croient que l’alternative à cet accord est pire?

    Eh bien, je suis en désaccord avec ça. Je ne crois pas que le régime radical de l’Iran va changer pour le mieux après cet accord. Ce régime est au pouvoir depuis 36 ans, et son appétit vorace pour l’agression augmente chaque année qui passe. Cet accord ne va faire que donner plus d’appétit à l’Iran.

    L’Iran serait-elle moins agressive en retirant des sanctions et avec une meilleure économie ? Si l’Iran est engloutit quatre pays en ce moment alors qu’il est soumis à des sanctions, combien de pays plus l’Iran va pouvoir dévorer quand les sanctions seront levées ? Est-ce que l’Iran va moins financer le terrorisme quand des montagnes d’argent se déverseront sur le pays ?

    Pourquoi le régime radical iranien se dé-radicaliserait alors qu’ils pourraient profiter de ce qu’il y a de mieux: le terrorisme à l’étranger et la prospérité à la maison ?

    C’est une question que tout le monde se pose dans notre région. Les voisins d’Israël – les voisins de l’Iran savent que l’Iran va devenir encore plus agressif et parrainer le terrorisme encore plus quand son économie sera libérée et que la voix vers la bombe sera sans encombres.

    Et beaucoup de ces voisins disent qu’ils vont réagir dans cette course, pour s’armer avec des bombes au plus vite. Donc, cet accord ne changera pas l’Iran pour le mieux; il ne fera que changer le Moyen-Orient pour le pire. Un accord qui est censé empêcher la prolifération nucléaire va plutôt déclencher une course aux armements nucléaires dans la partie la plus dangereuse de la planète.

    Cet accord ne sera pas un adieu aux armes. Il serait un adieu à la maîtrise des armements. Et le Moyen-Orient sera bientôt traversé par un réseaux de fils liés à des armes nucléaires. Une région où de petites escarmouches peuvent déclencher des grandes guerres se transformerait en une poudrière nucléaire.

    Si quelqu’un pense – si quelqu’un pense que cet accord est le début du chemin, détrompez-vous. Quand nous prendront ce chemin, nous devrons faire face à un Iran beaucoup plus dangereux, un Moyen-Orient jonché de bombes nucléaires et un compte à rebours pour un possible cauchemar nucléaire.

    Mesdames et Messieurs, Je suis venu ici aujourd’hui pour vous dire que nous n’avons pas à parier sur la sécurité du monde en espérant que l’Iran va changer pour le mieux. Nous n’avons pas à jouer avec notre avenir et l’avenir de nos enfants.

    Nous devons insister pour que les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran ne soient pas levées aussi longtemps que l’Iran continue ses agressions dans la région et dans le reste du monde.

    (Applaudissements)

    Avant de lever ces restrictions, le monde devrait exiger que l’Iran fasse trois choses. Tout d’abord, arrêter son agression contre ses voisins du Moyen-Orient. Deuxièmement…

    (Applaudissements)

    Deuxièmement, cesser de soutenir le terrorisme dans le monde entier.

    (Applaudissements)

    Et troisièmement, cesser de menacer d’anéantir mon pays, Israël, le seul et unique Etat juif.

    (Applaudissements)

    Merci.

    Si les puissances mondiales ne sont pas prêtes à insister pour que l’Iran change son comportement avant qu’un accord est signé, à tout le moins, ils devraient insister pour que l’Iran change son comportement avant l’expiration d’un accord.

    (Applaudissements)

    Si l’Iran change son comportement, les restrictions seraient levées. Si l’Iran ne change pas son comportement, les restrictions ne devraient pas être levées.

    (Applaudissements)

    Si l’Iran veut être traité comme un pays normal, il doit agir comme un pays normal.

    (Applaudissements)

    Mes amis, que dire de l’argument selon lequel il n’y a pas d’alternative à cet accord, que le savoir-faire nucléaire de l’Iran ne peut pas être effacé, que son programme nucléaire est tellement avancé que le mieux que nous puissions faire est de retarder l’inévitable, ce qui est essentiellement ce que l’accord actuel cherche à faire ?

    Eh bien, le savoir-faire nucléaire sans infrastructures ne vous permets pas de faire beaucoup. Un pilote de course sans voiture ne peut pas conduire. Un pilote sans avion ne peut pas voler. Sans milliers de centrifugeuses, des tonnes d’uranium ou des installations d’eau lourde, l’Iran ne peut pas fabriquer des armes nucléaires.

    (Applaudissements)

    Le programme nucléaire de l’Iran peut être annulé bien au-delà de la proposition actuelle en insistant sur un meilleur accord et en maintenant la pression sur un régime très vulnérable, surtout étant donné l’effondrement récent du prix du pétrole.

    (Applaudissements)

    Maintenant, si l’Iran menace de s’éloigner de la table des négociations- et cela arrive souvent dans un bazar persan – c’est du bluff. Ils vont revenir, parce qu’ils ont besoin de cet accord beaucoup plus que nous.

    (Applaudissements)

    Et en maintenant la pression sur l’Iran et sur les personnes qui font des affaires avec l’Iran, vous avez le pouvoir de les rendre encore plus dans le besoin.

    Mes amis, depuis plus d’un an, nous répétons qu’aucun accord vaut mieux qu’un mauvais accord. Et bien là, c’est un mauvais accord. C’est un très mauvais accord. Et nous serions mieux sans.

    (Applaudissements)

    Maintenant on nous dit que la seule alternative à cette mauvaise affaire est la guerre. C’est tout simplement pas vrai.

    L’alternative à ce mauvais accord, c’est un meilleur accord.

    (Applaudissements)

    Un meilleur accord qui ne laisse pas l’Iran avec une vaste infrastructure nucléaire et une courte pause. Un meilleur accord qui maintient les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran en place jusqu’à ce que l’agression de l’Iran se termine.

    (Applaudissements)

    Un meilleur accord qui ne va pas donner à l’Iran une voie facile pour accéder à la bombe. Un meilleur accord qu’Israël et ses voisins ne peuvent pas aimer, mais avec lequel nous pourrions vivre, littéralement. Et aucun pays …

    (Applaudissements)

    … Aucun pays n’a une plus grand intérêt qu’Israël dans un bon accord qui supprime pacifiquement cette menace.

    Mesdames et Messieurs, l’histoire nous a placé à un carrefour fatidique. Nous devons maintenant choisir entre deux chemins. Un chemin qui mène à un mauvais accord qui, au mieux, restreindrait les ambitions nucléaires de l’Iran pendant un certain temps, mais qui conduira inexorablement à un Iran nucléaire, dont l’agression débridée conduira inévitablement à la guerre.

    La deuxième voie, aussi difficile, pourrait conduire à un bien meilleur accord qui empêcherait un Iran nucléaire, un Moyen-Orient nucléarisé et des conséquences horribles sur toute l’humanité.

    Vous n’avez pas à lire Robert Frost pour le savoir. Vous devez vivre votre vie afin de savoir que le chemin difficile est habituellement le moins fréquenté, mais il faudra savoir faire toute la différence pour l’avenir de mon pays, la sécurité du Moyen-Orient et la paix du monde, paix que nous avons tous pour désir.

    (Applaudissements)

    Mes amis, se tenir debout face à l’Iran n’est pas simple. Etre debout face à des régimes sombres et meurtriers n’est jamais simple. Il y a parmi nous aujourd’hui un survivant de la Shoah et lauréat du prix Nobel, Elie Wiesel.

    (Applaudissements)

    Elie, votre vie et votre travail nous inspirent pour donner un sens aux mots, « plus jamais ça. »

    (Applaudissements)

    Et je souhaite pouvoir vous promettre, Elie, que les leçons de l’histoire ont été tirées. Je ne peux qu’encourager les dirigeants du monde à ne pas répéter les erreurs du passé.

    (Applaudissements)

    Ne pas sacrifier l’avenir au présent; ne pas ignorer l’agression dans l’espoir de gagner une paix illusoire.

    Mais je ne peux vous garantir cela. Les jours où le peuple juif sont restés passifs face à des ennemis génocidaires, ces jours sont révolus.

    (Applaudissements)

    Nous ne sommes plus dispersé parmi les nations, impuissants pour nous défendre. Nous avons restauré notre souveraineté dans notre ancienne maison. Et les soldats qui défendent notre maison ont un courage sans bornes. Pour la première fois en 100 générations, nous, le peuple juif, pouvons nous défendre.

    (Applaudissements)

    C’est pourquoi – c’est pourquoi, en tant que Premier ministre d’Israël, je peux vous promettre une chose: Même si Israël doit seul, Israël tiendra.

    (Applaudissements)

    Mais je sais qu’Israël n’est pas seul. Je sais que l’Amérique se tient avec Israël.

    (Applaudissements)

    Je sais que vous êtes avec Israël.

    (Applaudissements)

    Vous vous tenez avec Israël, parce que vous savez que l’histoire d’Israël n’est pas seulement l’histoire du peuple juif, mais de l’esprit humain qui refuse encore et encore de succomber à des horreurs de l’histoire.

    (Applaudissements)

    Face à moi, juste là dans cette galerie, on voit l’image de Moïse. Moïse a conduit notre peuple de l’esclavage aux portes de la terre promise.

    Et avant que le peuple d’Israël n’entre sur la terre d’Israël, Moïse nous a donné un message qui a endurci notre détermination depuis des milliers d’années. Je vous laisse avec son message aujourd’hui, « Soyez forts et déterminés, sans peurs ni craintes à leurs égards. »

    Mes amis, Israël et l’Amérique doivent toujours se tenir ensemble, forts et déterminés. Puissions-nous n’avoir ni peurs ni craintes face aux défis à venir. Puissions-nous faire face à l’avenir avec confiance, force et espoir.

    Que Dieu bénisse l’Etat d’Israël et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique.

    (Applaudissements)

    Merci. Merci beaucoup. Merci à tous.

    Vous êtes merveilleux.

    Merci, l’Amérique. Merci.

    Merci.

    Par Benjamin Netanyahu – adaptation JSSNews
    Texte original en anglais disponible sur The Algemeiner 

  • Les mots sont importants : Pourquoi Obama veut empêcher la vérité sur le terrorisme et l’Iran

    Les mots sont importants : Pourquoi Obama veut empêcher la vérité sur le terrorisme et l’Iran


    Les mots sont importants : Pourquoi Obama veut empêcher la vérité sur le terrorisme et l’Iran

     
     
     
     
     

    Le président Barack Obama est sous le feu pour ne pas parler de l’antisémitisme en décrivant l’attaque de supermarché casher Paris lors de son entrevue avec le magazine Vox.

    Galvanisé par la passion et la colère, le premier ministre Français Manuel Valls dénonçait avec véhémence l’antisémitisme devant l’Assemblée Nationale Française récemment, reprochant à ses compatriotes de montrer une « indignation » insuffisante de l’antisémitisme inacceptable, « intolérable » et « honteux », qui cible des Juifs.

    Manuel Valls a exhorté : « L’histoire nous a appris que le réveil de l’antisémitisme est le symptôme d’une crise pour la démocratie et d’une crise de la République. » « Il y a un antisémitisme historique qui remonte à plusieurs siècles, mais il y a aussi un nouvel antisémitisme qui a pour toile de fond l’aversion pour l’Etat d’Israël et qui prône la haine des Juifs et de tous les Juifs. Il doit être précisé, les mots justes doivent servir à lutter contre cet antisémitisme inacceptable. »

    Énonçant clairement le problème, en utilisant les mots justes, reconnaissant que la détestation de l’Etat d’Israël mène à la violence contre les Juifs et à une crise de la démocratie. Quand verrons-nous une telle clarté de nos propres dirigeants américains ?

    Au lieu de cela, l’incidence dans le monde entier et la puissance incendiaire des menaces contre les Juifs augmente.

    Ne pas voir-le-mal, ne pas entendre-le-mal, ne pas énoncer le mal, la Maison Blanche et le Département d’Etat sont tombés dans la dissimulation, le faux-fuyant et les mensonges éhontés.

    Pourquoi ? Parce que, comme tous ceux qui peuvent lire un titre le savent, la montée de l’antisémitisme et la terreur est intimement liée à la propagation de l’Islam radical, sous toutes ses formes : ISIS, Al Qaeda, les Frères Musulmans et les Ayatollahs d’Iran.

    Et pour des raisons seulement devinés par d’autres, le Président refuse l’affirmative de reconnaître cette simple vérité.

    L’Administration Obama a longtemps supprimé toutes les références à l’Islam dans le contexte du terrorisme ou du jihad.

    Les manuels du FBI, de la CIA, du DHS et du DOD  ont été réécrits, a été effacé de toute terminologie estimée comme anathème ou à des vues négationnistes du Président du rôle de l’Islam inspirant le terrorisme.

    Le résultat a été l’absence d’une politique cohérente pour faire cesser ces menaces et un détournement surréaliste du langage, par exemple quand les attentats terroristes de Fort Hood ont été étiquetés comme « de la violence au travail. »

    L’absurdité de cette politique est devenue de plus en plus évidente ces derniers mois.

    Dans sa réaction effroyablement discrète à la vidéo d’un jordanien captif et allié, brûlant vif dans une cage, Obama feint de n’avoir pas identifié les auteurs de cette barbarie comme étant des islamistes radicaux, se contentant de faire une allusion : « Quel que soit l’idéologie ils fonctionnent hors de », comme si ils n’avaient pas de nom !

    Puis la semaine dernière, Obama a créé une tempête médiatique en se référant aux victimes juives de l’Hypercacher comme étant « un tas de gens dans une épicerie fine visé» « au hasard », effaçant l’identité et le mobile du meurtre de l’assassin.

    Il aurait pu revenir en arrière lorsque plusieurs, dans les médias, ont mis en doute son choix de mots, mais au lieu de cela il a doublé la mise, en envoyant le porte-parole de la Maison Blanche et du Département d’Etat aux points presse où ils ont insulté notre intelligence avec leur tentative malhonnête et illogique d’expliquer que non, ce n’étaient pas les Juifs qui ont été visés.

    « Toutes les victimes n’étaient pas d’une nationalité ou d’une religion » a dit Jen Psaki, comme si l’héritage juif commun des personnes décédées n’était pas pertinent.

    Interrogé pour savoir si c’était de la violence anti-juive, la Maison Blanche s’est reportée aux autorités françaises en sachant que les français avaient reconnu depuis longtemps la haine du juif qui avait motivé cette attaque. (Peut-être que si la Maison Blanche avait vu les pancartes  « Je suis Juif » à la marche de Paris et à travers les médias, elle aurait pu alors réaliser que …)

     Josh Earnest ne valait pas mieux en précisant « Il y avait des personnes autres que des Juifs qui se trouvaient dans cette épicerie », comme si ce lieu n’avait pas toute sa pertinence dans l’ambition de l’attaquant.

    Comme plus de Juifs périssent sous le terrorisme jihadiste, y compris le week-end dernier à Copenhague, nous pouvons nous attendre à plus stupidité  à se tortiller pour poursuivre l’impossible : Expliquer les événements sans identifier le rôle de l’Islam radical ou l’antisémitisme islamique !

    Ces tentatives délibérées d’induire en erreur, méconnaître et dénaturer les événements s’appliquent également au traitement de l’Administration pour l’allocution  de Netanyahou prévue au Congrès. Les objections absurdes de la Maison Blanche sur les questions de protocole et de calendrier (par exemple sa prétention « d’avoir été surpris » s’est révélée être fausse), ont été calculées pour détourner l’attention de la question centrale : Le flirt des USA sous Obama avec l’Iran.

    Et par quelle parade nuptiale l’Iran a réussi à transformer son programme nucléaire internationalement interdit et depuis légalement reconnu en quelques années, grâce à la défense indéfectible de notre président.

    Avec la levée partielle des sanctions, les objectifs des négociations ont dérivé de la large élimination de la capacité nucléaire de l’Iran vers des détails du confinement et de la période du seuil nucléaire. Dans son article méticuleux dans Mosaic, Michael Doran identifie l’intention d’Obama de cacher son intention et l’escroquerie « d’un débat honnête [qui] le forcerait de venir dire la vérité au peuple américain » sur son engagement idéologique à une détente avec l’Iran.

    La décision d’inviter Netanyahu est un effort tardif du Congrès de contester énergiquement la stratégie fallacieuse du Président Hussein Obama « dont les sombres résultats » – écrit Doran -, grâce à la voix de Netanyahu qui nous apportera ce dont les mots d’Obama manquent et « se multiplient de jour en jour » : L’honnêteté, la clarté et un engagement inébranlable de l’objectif initial de la fin du programme nucléaire militaire de l’Iran. Netanyahu comprend la menace existentielle, qu’un Iran armé pose non seulement pour Israël mais pour toutes les nations libres, et il n’hésitera pas à le dire.

    C’est le contenu de ce discours que le monde a besoin d’entendre, et que le Président veut désespérément supprimer.

    Ne tombons pas dans des attaques spécieuses, souvent risible sur les intentions de Netanyahu (par exemple, le Congressional Black Caucus tentant de le piéger comme si c’était un problème de compétition).

    Nous devons reconnaître la valeur que Netanyahu apporte à la réalisation des actions d’Israël avec le concours du Congrès, le peuple américain et de tous les partis.

    Et ne laissons pas le silence sur ce discours critique et ce sur pourquoi et comment l’Iran doit être stoppé.

    Comme Vals l’a rappelé à nous tous, ce qui ne peut être dit ne se fera pas.

    Source : Par  Laura Fein, ©Copyright malaassot.com

  • Lettre du Général (2s) Antoine Martinez a Francois Hollande president francais

    05/02/2015 à 22 h 40 min

    Monsieur le Président de la République, Il n’est pas fréquent qu’un général s’adresse au président pour exprimer son inquiétude et sa crainte pour l’avenir de la nation française.

    Mais au lendemain de l’inauguration du musée de l’immigration, je souhaiterais vous faire part de mon désaccord – probablement commun à beaucoup de Français – sur l’esprit d’une partie de votre discours prononcé à cette occasion.

    Vous y fustigez en effet, ceux qui agitent la peur d’une « dislocation » de la France. Vous y dénoncez un « sentiment de dépossession, entretenu avec malice sinon avec malignité » soulignant – à juste titre – qu’un Français sur quatre est issu de l’immigration et insistant – toujours à juste titre – sur la nécessité de rappeler aux Français d’où ils viennent et quelles sont les valeurs qu’ils portent.

    Vous vous déclarez, à nouveau, favorable au droit de vote des étrangers en affirmant que « rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose une majorité des 3/5 au Parlement » et appelez, pour y parvenir, les forces républicaines à prendre leurs responsabilités.

    Vous permettrez qu’après avoir servi l’État et la Nation sous l’uniforme pendant une quarantaine d’années, le citoyen engagé que je suis, attentif aux évolutions du monde et soucieux des intérêts de la France et de son peuple, ne militant dans aucun parti politique car attaché à sa liberté de pensée et d’expression, vous porte respectueusement la contradiction. Tout d’abord, il n’est pas exact de dire que rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution.

    En effet, cette dernière prévoit en son article 89 une seconde possibilité, à savoir le référendum.

    Encore faudrait-il que nos gouvernants successifs cessent de considérer le référendum comme un plébiscite ou pire, que subodorant le résultat contraire à leurs vœux ils ne l’utilisent pas estimant que le peuple n’a pas son mot à dire sur des sujets qui concernent pourtant son avenir.

    Et sur le droit de vote des étrangers extracommunautaires, pour des raisons évidentes mais que vous ne souhaitez pas évoquer, le peuple a son mot à dire. Il est même souverain en dernier ressort. Ne pas le consulter dans un cas aussi essentiel, c’est simplement le mépriser, ce qui n’est pas de nature à privilégier la sérénité.

    Les conséquences d’un tel mépris, dont le peuple est habitué depuis longtemps, sont désastreuses et funestes sur le fonctionnement de notre démocratie.

    Car, frustrés et impuissants mais furieux, les citoyens ont de plus en plus tendance, devant ce qu’ils considèrent comme du laxisme, un manque de courage, un déni de réalité et donc un renoncement de la part de leurs responsables politiques, à vouloir se venger soit en boycottant l’isoloir, soit en donnant leur voix à ceux qui ont affiché clairement une stratégie qui vise à violer intentionnellement et sans ambiguïté le politiquement correct.

    Et au bout du compte, lorsque la réalité est ignorée et occultée de façon si peu responsable et pendant si longtemps, les conséquences d’une telle dérive sont incalculables et imprévisibles.

    Car on fait savoir depuis trop longtemps aux citoyens que leur avis n’a aucune importance. Mais il arrive un moment où un peuple éduqué dans l’idée démocratique, cependant las d’être ignoré par ses élites, pourrait exiger d’être écouté. Cela dit, j’approuve totalement votre propos lorsque vous insistez sur la nécessité de rappeler aux Français d’où ils viennent et les valeurs qu’ils portent, mais à condition de ne pas considérer que l’histoire de France commence avec la Révolution française et de ne pas accepter le délire de certains, arrivés récemment dans notre pays, qui estiment que l’histoire commence avec eux.

    La France est un vieux pays qui a une histoire de deux mille ans et qui est depuis quinze siècles un pays catholique même si la sécularisation est passée par là. Elle possède donc un héritage historique, spirituel et culturel qui a fait ce qu’elle est et que nous avons à défendre, à faire fructifier et à transmettre.

    En vous écoutant, certains de vos propos provoquent une incompréhension qui interpelle naturellement les citoyens. En effet, qui contesterait que la richesse de l’héritage légué par les migrants au fil du temps fasse partie de l’identité française ? La réponse est claire : personne. Personne, pour une simple et bonne raison, c’est que ces migrants, dont nombre d’entre nous sont les descendants, n’ont pas été intégrés mais se sont intégrés et ont été assimilés dès la deuxième génération. Mais alors, où est le problème ? Pourquoi est-il si difficile aujourd’hui de parler de l’immigration, sujet devenu tabou ? Pourquoi certains de nos concitoyens ne se sentent-ils plus chez eux ?

    Pourquoi est-on dorénavant abreuvé sans cesse de termes comme laïcité ou vivre-ensemble qui n’avaient jusqu’à récemment pas besoin d’être évoqués tant ces principes étaient vécus par les citoyens presque sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ? Leur usage répétitif et intempestif ne constitue-t-il pas, en fait, un aveu de reconnaissance d’un véritable problème qui se pose aujourd’hui pour l’unité de la nation ? La réponse est simple mais, comme d’autres, vous ne voulez pas l’évoquer : l’immigration que la France a connue jusqu’au milieu des années 1970 était d’origine européenne, donc de culture commune nourrie par l’héritage chrétien qui est le trésor non seulement des chrétiens mais de toute l’Europe, ce qui a facilité l’assimilation dès la deuxième génération.

    En revanche, l’immigration que notre pays subit depuis l’adoption de mesures comme le regroupement familial, puis les régularisations massives de clandestins de 1981 et 1997, mais également celles effectuées régulièrement (au moins 30 000 par an) – sachant que qui dit régularisation, dit regroupement familial dans la foulée – est de nature totalement différente par sa culture modelée par l’islam. Cet islam qui ne connaît que les droits de Dieu et ne reconnaît pas, de fait, la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel ni, par voie de conséquence, les droits de l’Homme. Cela conduit inévitablement à des situations non seulement insupportables et mal vécues par nos concitoyens mais qui deviennent dangereuses pour l’avenir. Et alors que déjà en 1981, M. Georges Marchais (personnage plutôt positionné à gauche sur l’échiquier politique, vous en conviendrez) tirait la sonnette d’alarme avec sa lettre – plus que jamais d’actualité – adressée au recteur de la Mosquée de Paris et publiée le 16 janvier dans le journal L’Humanité (*), nos gouvernants n’ont, depuis, toujours rien changé, fermant les yeux sur un sujet pourtant capital pour l’avenir de la nation. Il n’est tout de même pas difficile de comprendre (l’actualité quotidienne nous le démontre) que sous les coups de boutoir d’une radicalisation des esprits d’une partie de cette immigration nous courrons au-devant de lendemains douloureux car sa culture n’est pas celle de notre conception chrétienne de la liberté, de la dignité et du respect de la personne humaine et de la distinction des pouvoirs.

    Des valeurs universelles léguées par notre civilisation gréco-romaine et chrétienne, celles de nos racines : Athènes, Rome et Jérusalem. Vous avez donc raison, il faut rappeler aux Français d’où ils viennent. Cela permet ainsi de mettre en évidence le fossé qui existe entre les valeurs que porte et promeut la France et celles revendiquées par une partie de plus en plus importante de ceux qui se réclament de l’islam et de mieux comprendre les réactions de nos concitoyens que vous considérez à tort comme un repli sur soi, un rejet de l’autre qui serait marqué par « un sentiment de dépossession, entretenu avec malice sinon avec malignité ». Nos concitoyens sont simplement lucides et consternés devant un tel manque de clairvoyance. Car il faut également écouter certains responsables religieux musulmans, sur notre propre sol, qui ne sont d’ailleurs nullement inquiétés par les pouvoirs publics : « Dans l’islam la notion de citoyenneté n’existe pas, mais celle de communauté est très importante, car reconnaître une communauté, c’est reconnaître les lois qui la régissent. Nous travaillons à ce que la notion de communauté soit reconnue par la République. Alors, nous pourrons constituer une communauté islamique, appuyée sur les lois que nous avons en commun avec la République, et ensuite appliquer nos propres lois à notre communauté » – « L’assimilation suppose que les populations islamiques se fondent à terme dans la population.

    Ceci est exclu car cela signifie l’abandon de la loi islamique […] Il n’y aura pas de dérogation à cette règle. » Leur message est clair et appliqué par leurs fidèles. Le nier ou vouloir l’occulter est faire preuve de déni de réalité et compromettre ainsi l’avenir. D’ailleurs, pourquoi nos parlementaires ont-ils été conduits à voter une loi sur l’interdiction du port du voile à l’école ? Pourquoi une loi sur l’interdiction de la burqa ? Pourquoi une charte sur la laïcité dans les écoles ? C’est bien la preuve que l’islam pose problème à nos sociétés européennes et que ces différences de comportement ne sont pas, comme certains voudraient nous le faire croire, le produit de contextes sociaux made in France mais bien importés par une culture incompatible avec nos traditions et notre mode de vie. Le cardinal De Richelieu affirmait que « la politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire ». Et ce qui est nécessaire aujourd’hui c’est la refondation urgente de notre politique sur l’immigration et l’application ferme de nos lois. Au lieu de cela, vous affirmez à nouveau la nécessité d’accorder le droit de vote (et d’éligibilité) aux étrangers extracommunautaires, en vous gardant bien de demander son avis au peuple. Il faut bien que vous compreniez que l’instauration d’un tel droit mènerait indubitablement à l’émergence d’une société biculturelle qui ne pourra que se déchirer car conduisant vers la libanisation de notre pays et donc, à terme, vers la guerre civile.

    Car en adoptant une telle mesure, à un moment où l’intégration ne fonctionne plus sous l’effet du nombre, il n’est pas difficile de comprendre que des groupes de pression se mettront inévitablement en place pour chercher à imposer encore plus leurs revendications. Comment ne pas comprendre que nos valeurs, nos principes de vie, nos relations seront profondément affectées si des millions d’étrangers originaires d’Afrique et du Maghreb ont leur mot à dire sur la vie quotidienne de la cité ? Comment ne pas comprendre que c’est ouvrir un boulevard aux partisans du communautarisme, qui plus est un communautarisme dorénavant agressif et vindicatif ? Il semble que le bon sens ne soit pas une qualité répandue chez nos responsables politiques.

    Pourtant, l’une des tâches nobles du politique est de maintenir et entretenir l’unité de la Nation laquelle ne peut exister qu’à la condition que la société possède un minimum de cohérence interne. Il serait donc temps non seulement de cesser d’accepter mais de revenir sur cette multitude d’accommodements sans fin imposés en fait à la société française alors que c’est à celui qui est accueilli de s’adapter à sa nouvelle vie et non pas à celui qui le reçoit. Car en acceptant ces dérives, nos responsables politiques encouragent la surenchère avec des revendications inacceptables et insupportables qui ont conduit, entre autres – c’est tout de même ahurissant – à introduire des méthodes barbares dans l’abattage des animaux contraires à nos traditions et aux principes d’une société civilisée, ou à ce que nos lois ne soient pas appliquées partout car non acceptées par certains. C’est ainsi qu’une crise identitaire est imposée à notre nation, car c’est bien de cela dont il s’agit.

    Elle n’aurait jamais dû se produire si nos responsables politiques avaient œuvré, et ce, depuis une quarantaine d’années, pour le bien commun et dans l’intérêt de la Nation.Et le bon sens voudrait que l’on rappelle ou que l’on apprenne à cette immigration extra-européenne que la misère dans laquelle elle vivait avant de rejoindre notre pays est en grande partie la conséquence de sa culture fermée à la connaissance et au progrès. La suite logique est qu’elle doit en prendre conscience et décider de s’intégrer à la société qui l’a accueillie et qui lui offre des conditions de vie enfin décentes. Elle doit se fondre dans la masse, comme d’autres l’ont fait, pour réussir sa nouvelle vie et donner à ses enfants des perspectives de réussite dans une nouvelle culture qu’elle doit progressivement adopter pour y inscrire sa descendance. Et celui qui refuse ce pacte, n’a pas sa place chez nous.

    Encore faudrait-il que l’école abandonne un système insensé et suicidaire qu’elle applique et maintient depuis une quarantaine d’années et qui constitue un frein puissant à l’intégration des jeunes immigrés malgré les avis successifs émis par le Haut Conseil à l’Intégration et curieusement ignorés. C’est ainsi que notre école prépare des lendemains qui seront difficiles avec la violence comme seul outil d’expression. Mais, on l’a bien compris, le problème que pose cette immigration n’est pas tant le pays d’origine que la culture qui la réunit. Cette dernière est modelée par l’islam qui est, il faut bien l’admettre, incompatible avec nos sociétés européennes démocratiques. D’ailleurs, ces immigrants et même leurs enfants nés dans notre pays et appelés à devenir français à 18 ans par le droit du sol (90.000 chaque année), restent viscéralement très attachés à la nationalité du pays d’origine et à leur religion à laquelle ils font allégeance pour la plupart.

    Et les premiers résultats d’une telle politique suicidaire menée par l’Éducation nationale se sont concrétisés avec les émeutes que le pays a connues en fin d’année 2005. Elles se reproduiront. Une dizaine d’années plus tard, les choses se sont aggravées avec les bombes à retardement que représentent les Merah, Nemmouche, Kelkhal, et autres djihadistes dans nos cités dont les rangs ne cessent de croître pour atteindre aujourd’hui, il faut être lucide, plusieurs milliers d’individus potentiellement dangereux. Comment interpréter le sondage d’ICM Research qui révèle que 27% des 18 à 24 ans et 22% des 25 à 34 ans dans notre pays ont une opinion favorable à l’État islamique ? Cela ne doit-il pas interpeller nos responsables politiques et les amener à en tirer les conséquences en révisant leur vision idyllique et angélique de cette « France rêvée de 2025 » qui risque de tourner au cauchemar ?

    Gouverner, n’est-ce pas prévoir ? Alors une question lancinante taraude les citoyens fidèles à leurs racines et attachés aux valeurs qui ont fait la France : combien d’immigrés de culture différente une société peut-elle accueillir sans rompre son équilibre identitaire, sans mettre en péril son identité et donc son unité ? Pouvez-vous admettre que les citoyens ne comprennent pas l’intérêt qu’il y a à favoriser une mutation de notre identité à marche forcée en accueillant toujours plus d’immigrés de culture différente, voire hostile à la nôtre, qui plus est alors que d’un simple point de vue financier notre pays ne peut plus se le permettre ?

    C’est une simple question de bon sens et non pas une réaction xénophobe qui serait « entretenue avec malice et malignité ». Il est vrai que dans notre pays, depuis plusieurs années, la bienpensance et le politiquement correct règnent dans la tête de la plupart de nos responsables politiques ainsi qu’au sein d’une grande partie de nos médias incapables de traiter les faits avec objectivité mais en revanche prompts à se comporter en procureurs et en juges à l’égard de ceux qui tentent d’alerter sur les dangers qui guettent notre pays en sonnant le tocsin.

    Le cas de l’éviction du journaliste/écrivain Éric Zemmour par une chaîne de télévision est symptomatique de cette attitude qui s’apparente à du terrorisme intellectuel. Mais Chamfort n’avait-il pas affirmé : « En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin » ?

    Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération. Général (2s) Antoine Martinez -

  • L'antisémitisme, une pathologie aux multiples visages

    L'antisémitisme, une pathologie aux multiples visages

     Henri Tincq                                     

    Aux funérailles d'une des victimes de l'attentat au Musée juif de Bruxelles, le 27 mai 2014 à Tel Aviv. REUTERS/Finbarr O'Reilly

    Aux funérailles d'une des victimes de l'attentat au Musée juif de Bruxelles, le 27 mai 2014 à Tel Aviv. REUTERS/Finbarr O'Reilly

    Un attentat contre le Musée juif de Bruxelles, une nouvelle sortie de Jean-Marie Le Pen, la haine du juif visible sur Internet: l’antisémitisme est un fléau qui tue et empoisonne les esprits. Il trouve aujourd’hui de nouvelles formes d’expression et de propagation.

    L'antisémitisme n'est plus seulement un phénomène conjoncturel lié au conflit du Proche-Orient, comme on le croyait dans les années 1980 après les attentats de la rue Copernic (1980) et de la rue des Rosiers (1982). La parole haineuse à l’égard des juifs se libère. Elle rejoint la chronique du racisme ordinaire, de l’islamophobie, de l’homophobie, s’étale sur Internet, sur des scènes de spectacles diffusés par YouTube, dans des enceintes sportives. Elle crée des «communautés» affinitaires qui disposent d’un langage codé, de signes distinctifs (la fameuse quenelle), favorisant une reconnaissance, un sentiment d’appartenance à une France qu’Alain Finkelkraut décrivait, au moment de l’affaire Dieudonné, comme «cimentée par le racisme et l’antisémitisme».

    Chronique d’une haine qui se banalise: en 2013, le pays a enregistré 423 actes antisémites, soit sept fois plus que dans les années 1990. Selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), 40% des violences racistes commises l’an dernier en France étaient dirigées contre des juifs. Des familles déménagent, des enfants quittent l’école publique pour des écoles communautaires, l’émigration en Israël, qui était rare autrefois (un millier par an), a été multipliée par trois (3.288) en 2013, un an après  l’affaire Merah. De janvier à mars 2014, le nombre de migrants était déjà de 1.500, selon l’Agence juive.

    Des chiffres qui ne risquent pas demain de reculer. Le 24 mai, un attentat contre le Musée juif de Bruxelles a tué quatre personnes, dont un couple de touristes israéliens. Le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, délinquant fanatisé en prison, «djihaddiste» revenu de Syrie, a été arrêté en France pour cet attentat, mais refuse d’être transféré à Bruxelles pour être entendu et jugé.

     

     

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    Dans un tout autre genre, Jean-Marie Le Pen s'est livré à l’une des «saillies» dont il est coutumier, condamné déjà à neuf reprises pour incitation à la haine raciale et contestation de crimes contre l’humanité. Il s’en est pris à des artistes hostiles au Front national, comme le chanteur Patrick Bruel, qui est juif même si Jean-Marie Le Pen a ensuite assuré qu'il ne le savait pas, qui avait promis de ne jamais se produire dans une ville ayant élu un maire FN. «On fera une fournée la prochaine fois», s’est amusé Le Pen. «Le mot “fournée” n’a évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour mes ennemis politiques et pour les imbéciles», a-t-il réagi, faussement innocent, face à la tempête soulevée.

    Les fantasmes du juif traitre et conspirateur

    On ne peut pas mettre ces événements sur le même plan, mais leur coïncidence dans le temps rappelle que l’antisémitisme est une pathologie aux multiples visages. A chaque génération, il trouve de nouvelles formes d’expression et de propagation. C’est un fléau qui empoisonne les esprits et continue de tuer, en France (Merah), en Belgique (Nemmouche), soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Dieudonné fait rire de la Shoah, forme indépassée de l’antisémitisme. Il recycle les stéréotypes les plus éculés sur la finance juive, typique d’un antisémitisme populiste qui avait provoqué la mort, en 2006, du jeune Ilan Halimi, tué par le «gang des barbares».  Revendiquant un statut de victime des «négriers juifs», Dieudonné plaque les schémas anticolonialistes sur le conflit du Proche-Orient, assuré de s’attirer ainsi les sympathies d’enfants d’immigrés et autres, convertis ou endoctrinés par un islamisme qui invite ouvertement à tuer des juifs.

    Cassant la vitrine d’une formation que sa fille voudrait plus honorable, Jean-Marie Le Pen recycle, lui, les vieux fantasmes de l’antijudaïsme ordinaire, réveillés par les Maurras, Barrès, Daudet qui ont formé sa jeunesse d’Action française et constituent encore aujourd’hui son fonds de commerce politique.

    Fantasme de la trahison: le juif est l’ennemi intérieur, la «cinquième colonne», celui qui ne respecte pas la parole donnée, ne s’assimile pas au pays dans lequel il vit. Fantasme de la conspiration: le juif est celui qui complote dans le secret, manipule pour pouvoir mieux dominer. Fantasme de la multiplication, qui se répète aussi depuis la plus haute antiquité: le juif est celui qui se développe démographiquement, se répand partout, et «pullule» comme dit l’historien Franklin Rausky.

    Même s’ils n’ont aucun rapport avec la réalité, ces mythes perdurent à travers le temps  dans le discours des ennemis du peuple d’Israël. «Je sais que Dreyfus est coupable parce qu’il s’appelle Dreyfus», disait Léon Daudet, au moment de l’Affaire. «Il suffit que l’on regarde son visage pour qu’on se rende compte qu’il est coupable», surenchérissait Maurice Barrès.

    Antisémitisme populiste à la Dieudonné; antisémitisme traditionnel, maurassien, vichyste, de l’extrême droite française; antisionisme politique aussi: c’est celui, proche du négationnisme, qui conteste l’ampleur historique et symbolique de la Shoah au nom de la violence faite aux Palestiniens et qui, avec perversité, renverse les rôles: les Israéliens se comportent comme des «nazis» et les arabes (aussi de race sémite) sont les vraies victimes de l’antisémitisme.

    Antisémitisme aujourd’hui du «djihad»: la criminelle idéologie islamiste prend au pied de la lettre, au nom de la guerre sainte, les imprécations du Coran contre les chrétiens et les juifs, voués à la dhimmitude et à l’élimination. Il forme aux entreprises de terreur des milliers de jeunes délinquants, comme Merah et Nemmouche, en panne d’intégration et en rupture avec la société moderne.

    On ne répare pas
    en 50 ans deux millénaires de rejet

     

    L’historien français Léon Poliakov (1910-1997) distinguait trois formes de haine des juifs: l’antijudaïsme religieux, l’antisémitisme racial (celui des nazis), l’antisionisme politique. L’antijudaïsme religieux d’origine chrétienne a reculé. Les Eglises ont rompu avec les accusations de peuple juif «déicide» –coupable de la mort de Jésus, de meurtres rituels et de profanation d’hosties.

    Au concile Vatican II (1965), l’Eglise catholique a renoncé à son traditionnel «enseignement du mépris» des juifs et promu un «enseignement de l’estime». Elle a fait «repentance» pour les persécutions commises dans l’Histoire contre le peuple élu. Le Vatican a reconnu l’Etat d’Israel, mettant fin à la vieille doctrine selon laquelle les juifs ont perdu leur droit à la terre d’Israël pour n’avoir pas reconnu Jésus comme leur Messie.

    Mais on ne répare pas, en cinquante ans, deux millénaires de condamnations et de rejet. Il reste des traces de profonde méfiance. L’antijudaïsme chrétien demeure responsable des stéréotypes associant les juifs à l’argent et au capitalisme financier, pilier de l’antisémitisme populaire. L’accusation d’«usure» prononcée par l’Eglise contre les juifs remonte au Moyen-Age. La figure hideuse du «Marchand de Venise», popularisée par Shakespeare, s’est modernisée en détestation de la finance internationale occulte détenue aujourd’hui par l’Amérique et les juifs.

    L’ignorance de la doctrine et des rites du judaïsme, l’oubli des racines juives de la civilisation chrétienne rendent de plus en plus étranger le fait religieux juif dans la société moderne et ultra-laïcisée. Des traditions comme le shabbat, la circoncision, l’abattage rituel pour la viande casher sont perçues comme des archaïsmes et parfois contestées. Elles étaient déjà attaquées dans l’Antiquité païenne: le respect du shabbat était violemment réprimé par les esclavagistes.

    De nos jours, sous couvert d’écologie animale, des groupes d’influence dénoncent l’abattage rituel. Et au nom de la défense du droit de l’enfant, des associations traînent devant les tribunaux –le mouvement est parti d’Allemagne– la pratique de la circoncision considérée comme une mutilation insupportable.

    Faut-il s’étonner que la communauté juive de France, symbole de l’assimilation en Europe depuis la Révolution, s’isole et se replie sur son identité? Elle s’inquiète de voir les forces de sécurité tentées de baisser les bras face à la permanence de cette incompréhension, voire de cette haine du juif. Elle déplore un discours dominant qui tolère les spectacles de Dieudonné au nom de la souveraine liberté d’expression, qui met dans la même balance les victimes de l’islamophobie et de la judéophobie, qui renvoie dos à dos les communautarismes. Autant d’attitudes qui, selon elle, ne feraient qu’encourager la haine et la «bête immonde»!

  • Belgique: « Antisémitisme: il est urgent d’agir ! »

    Belgique: « Antisémitisme: il est urgent d’agir ! »


    Belgique: « Antisémitisme: il est urgent d’agir ! »

     
     
     
     
     

    Les Juifs restent les principales cibles des discours de haine et de violences physiques dans notre pays.
    En Belgique, les mythes, et non les faits, sont têtus. S’agissant du racisme, nos ’spécialistes’ autorisés es extrême-droite ne cessent de nous annoncer, depuis près de 10 ans, la mort de l’antisémitisme pour mettre en avant la seule, et fort mal nommée, islamophobie. Cette double thèse de l’effacement progressif de l’antisémitisme et des musulmans comme nouveaux Juifs fait désormais figure d’évangile.

    Ainsi, a-t-on entendu le mois dernier sur Télé-Bruxelles, le secrétaire-général d’un important site anti-fasciste se vanter d’avoir « relativisé les faits antisémites de manière générale » (sic) ou encore tel autre professeur de l’ULG  minimiser l’antisémitisme de Dieudonné. De Bruxelles à Toulouse, on ne demanderait qu’à les croire, sauf qu’ils ont tout faux, comme vient, hélas, de le rappeler la tragique tuerie de la rue des Minimes. 
     
    Une nouvelle fois, des personnes ont été assassinées de sang-froid tout simplement parce qu’elles étaient (supposées) juives. Ces odieux assassinats démontrent à l’envi que si les Juifs ne souffrent plus de discrimination sociale et ce, contrairement aux populations issues de l’immigration, ils n’en restent pas moins à ce jour, les principales cibles des discours de haine et des violences physiques dans notre pays, comme d’ailleurs en France ou encore aux Etats-Unis.

    Dans cette France qu’un Pascal Boniface présente comme gangrenée par le lobby sioniste, la probabilité pour un Juif de faire l’objet d’une agression physique à caractère raciste est deux cents fois supérieure à la probabilité qu’un musulman ne soit victime d’un acte comparable. 
    Aux États-Unis, les Juifs constituent aussi la première cible religieuse : le FBI a recensé en 2012, 674 incidents à caractère antisémite sur le territoire américain, soit près des deux-tiers des incidents classés comme antireligieux. Les statistiques belges ne démentent pas cette lourde tendance et ce, quand bien même les Juifs ne constituent que 0,3 % de la population totale.

    Depuis plus de trente ans, sans que cela n’émeuve nos leaders d’opinion, ce sont ses leaders (J. Wybran), ses écoles juives, ses synagogues, et désormais ses musées qui sont visées et ce, dans un silence qui confine à la névrose sociale et politique. C’est que l’antisémitisme dérange pour n’être plus essentiellement d’extrême droite mais syncrétique. 
     
    Le nouvel antisémitisme et/ou antisionisme radical est, en effet, résolument rouge-brun-vert. Dieudonné, Soral ou Laurent Louis sont certes antisémites mais aussi pro-palestiniens, antiaméricains, tiers mondistes et islamophiles, une vision du monde assurément bien trop compliquée et dérangeante pour des chercheurs et journalistes, plus que jamais baignés de « culture gauchiste antisioniste », pour reprendre l’expression du directeur de recherches au CNRS, Pierre-André Taguieff.

    Le nouvel antisémitisme procède désormais de cette étrange alliance entre droite radicale, ultra-gauche et courants islamistes qui fait du sionisme l’explication du Mal. Sous couvert d’un discours anti-israélien, l’antisionisme radical n’est qu’un simple redéploiement de l’antisémitisme traditionnel. Depuis la Shoah, il est évident que plus personne n’ose s’afficher antisémite, sauf rares exceptions. Du fait du nazisme le mot est par trop connoté. Les nouveaux antisémites, tels Dieudonné ou Laurent Louis, adoptent la très commode stratégie de se présenter comme antisionistes. Leur discours prétendument antisioniste n’en est pas moins antisémite pour recycler tous les clichés qui ont conduit à la Shoah.

    De même, que les antisémites traditionnels avaient élaboré la théorie de la causalité diabolique du Juif, à la source de tous les malheurs, les « antisionistes radicaux » sont parvenus à forger la représentation d’une « causalité diabolique du sionisme international », tenu responsable des malheurs du monde, des banlieues de Paris à l’Irak ; d’où ces tueries ciblées de citoyens juifs anonymes et évidemment innocents, de Toulouse à Bruxelles, en passant par New Delhi. L’antisionisme radical et complotiste a tôt fait de transformer tout juif en cible potentielle.

    Ainsi, non seulement l’antisémitisme n’est pas mort mais il connaît une vigueur nouvelle au sein des couches les plus défavorisées de nos sociétés. Ainsi, non seulement l’antisémitisme n’est pas résiduaire mais il est redevenu mortifère, obligeant les Juifs à devoir se protéger toujours davantage, sinon à envisager le départ vers des cieux plus cléments. Je ne pense pas que la Belgique gagnera au départ de ses citoyens juifs. Nul besoin d’évoquer les figures de Prigogine ou d’Englert pour s’en persuader.

    Que faire ? Sans défendre pour autant la thèse d’une extrême droite qui aurait définitivement déserté l’islamophobie pour se domicilier du côté de l’Islam (la droite extrême et populiste est antimusulmane), ne serait-il pas temps que nos politiques et médias en viennent, enfin, à dénoncer et agir à l’encontre de cette nouvelle alliance antisémite qui embrasse désormais droite radicale radicale, ultragauche et mouvements islamistes ? Ne serait-il pas temps de voir le Centre pour l’Égalité des Chances et Lutte contre le Racisme (CECLR) respecter son cahier des charges et poursuivre, enfin, les propos et agissements antisémites. Son aboulie est tout simplement surréaliste !
    « 
     
    « carte blanche » de Joel Kotek dans le journal « Le Soir ». 
  • Ces faits antisémites qui ont entaché la Belgique

    Ces faits antisémites qui ont entaché la Belgique

     

    L’antisémitisme en Belgique n’est pas qu’affaire de mots.

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Le docteur Joseph Wybran, tué en octobre 1989.
Le docteur Joseph Wybran, tué en octobre 1989.

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    « L’antisémitisme, c’est une évidence, fait partie de ces émanations odieuses que nous n’avons pas le droit d’ignorer », déclarait en avril dernier Elio Di Rupo. « Autour des écoles et des synagogues, sur la voie publique en général, l’insouciance n’est pas toujours de mise. La prudence est encore trop souvent la règle dans votre quotidien, dans vos activités. Révéler sa qualité de Juif, c’est parfois prendre un risque. Ce qui est inadmissible ! On se pince pour y croire, plus de 70 ans après la Shoah. Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce constat désolant ».

    Ces mots prononcés par Elio Di Rupo lors du lors du dîner annuel du Comité de coordination des organisations juives de Belgique renvoient à la haine antisémite. Une haine qui se rencontre encore parfois en rue, et plus sûrement via les réseaux sociaux où des propos antisémites et plus largement racistes s’expriment sans coup férir, tout en polluant jour après jour les esprits.

    L’antisémitisme en Belgique n’est pas qu’affaire de mots. En 1989, l’assassinat du Dr Joseph Wybran a rappelé qu’il n’y a pas toujours loin de la parole aux actes.

    En 1989, l’assassinat de Joseph Wybran

    En 1988, Joseph Wybran accède à présidence du CCOJB. Il a 47 ans. C’est un médecin réputé, chef du service Immunologie de l’hôpital universitaire Érasme. Il dirige une cellule antisida et est membre du comité de lecture d’une dizaine de publications scientifiques. De plus, il était membre du Comité national de la société d’immunologie et de pharmacologie. A l’Université de Californie, en 1972-73, il a mis au point un test d’identification des déficiences immunologiques. Utilisant des produits nouveaux, il a expérimenté sa méthode à l’hôpital Erasme. Sa mort violente interrompra également les recherches qu’il menait sur les rapports entre la défense immunologique et le système nerveux central. Sa mort privera des sidéens de ses soins et des espoirs que portent ses recherches.

    Joseph Wybran est aussi un homme particulièrement actif dans la vie communautaire juive belge. Il s’investit notamment dans le dossier du carmel d’Auschwitz.En 1984, huit carmélites se sont installées dans un bâtiment situé à l’intérieur du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Rapidement, la polémique enfle. Plusieurs personnalités juives mais aussi catholiques s’élèvent contre cette « christianisation de la mémoire » de la Shoah. Cette affaire qui durera dix ans marquera la plus grave crise des relations entre juifs et chrétiens depuis la Shoah.

    De 1977 à 1987, Joseph Wybran a aussi dirigé le Comité belge d’aide médicale à Israël, un organisme qui fournit du matériel médical aux zones défavorisées de l’Etat hébreu. Il fut encore président de la section bruxelloise du B’nai B’rith, une institution qui rassemblait quelque 500.000 membres dans le monde et qui s’occupait notamment de permettre des transplantations cardiaques à des malades qui ne pouvaient être traités en Israël. A son initiative, une vingtaine de transplantations ont eu lieu, en trois ans, à l’hôpital Erasme.

    Ce passé mis en évidence, « Le Soir » de 1989 tint ainsi à dire de lui qu’il n’avait rien d’un fanatique : « Chercheur, philanthrope et praticien très absorbé, le Dr Wybran, dans son militantisme pour la cause juive, n’avait rien d’un fanatique. Au moment de son accession à la présidence du Comité des organisations juives, Yasser Arafat annonçait un adoucissement des objectifs de l’organisation qu’il dirige (…) Il observait aussi avec satisfaction la vitalité des Juifs laïcs à Bruxelles (…) La capitale belge, remarquait-il encore, est la plaque tournante du combat pour la libération des Juifs d’URSS. »

    Mais le 3 octobre 1989, la communauté juive se réveille hébétée : Joseph Wybran vient d’être abattu d’une balle en pleine tête au moment où il regagnait sa voiture sur le parking de l’hôpital Erasme, à Anderlecht. Il décédera ans la nuit, au service des urgences du même établissement, en dépit des soins immédiats prodigués par ses confrères. Il n’y a pas de témoin, l’agresseur est en fuite.

    « Ce n’était pas un fanatique »

    Le Soir de l’époque relate : « Né en mai 1940 et domicilié clos Drossart, à Uccle, Joseph Wybran était une haute personnalité dans les milieux juifs de Belgique ainsi que dans les milieux médicaux. On comprend donc que l’attentat dont il a été victime a créé un vif émoi dans ces communautés, chacun s’interrogeant sur ses circonstances et ses motivations. (…) C’est peu après 18 h, mardi, qu’un passant a découvert, sur le sol, à côté de son véhicule, le corps du médecin. On a pensé d’abord que le responsable du service d’immunologie de l’hôpital Erasme avait simplement fait une chute et s’était gravement blessé à la tête. La victime a alors immédiatement été transportée au service des urgences de l’hôpital, à quelques centaines de mètres du parking. C’est là qu’on a constaté que Joseph Wybran avait été atteint d’une balle tirée en pleine tête. La police a été prévenue aussitôt ; il était sans doute un peu plus de 19 h.

    L’assassin du Dr Wybran attendait vraisemblablement sa victime sur le parking. Armé d’une arme de poing de petit calibre – comme les préfèrent les tueurs professionnels – l’assassin a probablement abattu le médecin à très courte distance. Aucun témoin direct de la scène n’a pu être retrouvé par les enquêteurs. On n’a même aucune certitude sur les moyens de fuite utilisés par le ou les agresseurs.

    Une descente du juge d’instruction Françoise Cudell et du substitut Véronique Stevens, accompagnées par le médecin légiste Bonbled et l’expert en balistique Dery a immédiatement été organisée. A cet instant le Dr Joseph Wybran était entre les mains des chirurgiens de l’hôpital Erasme qui se déclaraient extrêmement inquiets sur le sort de leur patient. Dans la nuit de mardi à mercredi, après l’opération, comme le craignait ses confrères, le Dr Wybran décédait. »

    Environ 5 000 personnes assistent à ses funérailles, dont Melchior Wathelet (PSC), Jean Gol (PRL), Mark Eyskens (CVP), Philippe Moureaux (PS), le cardinal Godfried Danneels… À l’époque, l ’ambassade d’Israël à Bruxelles constate, pour sa part, « un réveil de la haine et de la violence anti-juive ».

    Qui a tué Wybran ? Les années passent et aucune réponse n’est donnée à cette question. Ce n’est que le 18 février 2008, à la faveur d’un coup de filet opéré au Maroc contre un réseau criminel et terroriste dirigé par le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, que le dossier de l’assassinat de Joseph Wybran remonte à la surface. Où elle stagne désormais. Car aujourd’hui, au grand dam de sa famille, l’affaire n’est toujours pas éclaircie et menace d’être classée.

    L’hypothèse terroriste

    Déjà à l’époque, les commentateurs ne se faisaient guère d’illusion : l’assassinat du Dr Wybran risquait de rester sans explication policière : le tueur que personne n’a vu ni entendu a tiré une seule fois. L’hypothèse terroriste fut la plus généralement retenue. Et pourtant, ce médecin, a-t-on souvent dit à l’époque, « ce médecin n’avait rien d’un fanatique ». En janvier 1989, il déclarait encore : « Nous devons admettre qu’un certain réalisme politique propulse l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) vers des négociations, si bien que l’on ne peut négliger ce que déclare Arafat, même si on peut estimer qu’il est isolé ».

    La même modération s’était manifestée dans ses propos touchant l’affaire du carmel d’Auschwitz. « Nous n’avons pas réussi à faire comprendre que le carmel est la négation par l’Eglise du génocide juif ». Son intention était de créer un comité de psychiatres et de psychologues qui étudieraient le pourquoi du malentendu et mettraient en lumière l’extrême sensibilité du judaïsme à ce sujet. Ce n’était pas là des démarches d’un homme impulsif, propres à déchaîner la violence.

    Une extrême violence pour contexte

    L’homme est un sage, mais le contexte lui est à la violence. En 1989, lorsque Joseph Wybran est assassiné, le terrorisme sous ses multiples facettes a déjà plusieurs fois frappé la Belgique. Le journaliste su Soir René Haquin fait ainsi l’effrayant inventaire de cette violence aveugle : « Premier attentat, en septembre 1969, contre les bureaux bruxellois de la compagnie israélienne El Al. Suivi en septembre 1972 – l’année du massacre de « Septembre noir » au village olympique de Munich – par l’attentat contre Zadek Ophir, grièvement blessé d’une rafale de mitraillette tirée par le marocain Hassan Joudat, qui venait de sortir de prison et qui réussit à quitter le pays sans se faire arrêter. Les années qui suivirent furent marquées par de nombreuses alertes à la bombe dans les gares et les aéroports et la Belgique mit sur pied une unité de lutte contre le terrorisme, l’escadron Diane. En 1978, des lettres piégées furent adressées à des diplomates israéliens en poste à Londres, Genève, Paris et Bruxelles, où la police intercepta un envoi avant qu’il parvienne à l’attaché militaire de l’ambassade d’Israël. Il y eut l’attentat à la grenade, perpétré par trois Palestiniens, le lundi de Pâques 1979 à l’aéroport de Zaventem : douze blessés parmi les passagers qui débarquaient du vol El Al en provenance d’Israël. On découvrit à cette occasion que des gardes israéliens en armes étaient autorisés à surveiller, dans la zone internationale de l’aéroport, les départs et les arrivées d’avions d’El Al. Malgré les menaces palestiniennes visant à faire libérer les deux terroristes arrêtés, ceux-ci furent condamnés à huit ans de prison l’été suivant.

    En juillet 1980, nouvel attentat à Anvers contre un groupe d’enfants juifs qui partaient en colonie : un tué, dix-neuf bessés. La communauté juive constitua alors une garde armée, tant à Anvers qu’à Bruxelles, tandis que le dispositif policier belge se mobilisait contre le terrorisme. Le lanceur de grenade, arrêté, fut condamné à mort.

    Un autre Palestinien fut intercepté à Bruxelles après une tentative ratée d’attentat sur les passagers d’un vol El Al à Zaventem et un projet d’attentat contre un bureau israélien de tourisme à Bruxelles. L’année suivante, cinq mois après l’assassinat de Naïm Khader, le représentant de l’OLP à Bruxelles, un attentat détruisit la Hovenierstraat à Anvers, en octobre 1981 : trois tués, cent blessés par l’explosion d’une camionnette piégée devant la synagogue.

    Mitraillade encore en septembre 1982, à la grande synagogue de Bruxelles, rue de la Régence : cet attentat fut à l’origine de la création du GIA, le groupe interforces antiterroriste qui ne commença cependant à fonctionner concrètement que deux ans plus tard, au début de la campagne d’attentats des Cellules communistes combattantes CCC. »

    Un nouvel attentat à l’explosif perpétré en novembre 1986 contre la synagogue d’Anvers et revendiqué à Beyrouth ne fit que des dégâts matériels. Un diplomate syrien fut encore l’objet d’un attentat à Bruxelles en octobre 1987, puis en 1988 ce fut au tour de l’imam de la grande mosquée. »

    Après le 11 Septembre

    L’antisémitisme en Belgique connaîtra encore d’autres soubresauts. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, diverses rumeurs furent lancées ainsi dans tous les sens. Dont un qui voulait que l’ensemble du personnel d’origine juive – soit 4.000 personnes – travaillant habituellement dans les deux tours détruites par les avions kamikazes aurait été prévenu qu’il ne fallait pas se rendre le 11 septembre au WTC. Résultat : aucun Juif ne figurerait parmi les victimes !

    Cette information circula comme une traînée de poudre à travers le monde, de Karachi aux quartiers de grandes villes européennes (dont Bruxelles) où vivent des populations issues de l’immigration arabo-musulmane. L’objectif de cette rumeur ? Accréditer l’idée que ces attentats auraient été l’œuvre des services secrets israéliens pour accuser à tort le monde musulman. Ainsi, le réseau terroriste de Ben Laden, du même coup, devenait étranger aux massacres commis aux États-Unis. Et la guerre lancée contre lui et ses protecteurs talibans afghans, véritablement injuste.

    En 2008, l’opération Plomb durci menée par l’armée israélienne contre la Bande de Gaza provoqua des réactions antisémites à Bruxelles et à Anvers. Des représentants de la communauté juive ont souvent fait valoir depuis qu’elle avait régulièrement à souffrir des tensions importées en Belgique par le conflit israélo-palestinien.