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  • Une lettre que je n’aimerais pas écrire un jour… | Par David B



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    Mon ami, 

                Je voulais te dire que je suis bien arrivé en Israël, et que tu vas me manquer. Hier, nous avons chaleureusement accueilli les 359 derniers passagers du dernier vol El-Al en provenance de Paris. Ici, on les a surnommés « les coriaces » pour faire un peu d’humour juif. Il paraît que c’est avec une certaine émotion que la compagnie a fermé ses derniers guichets à Charles de Gaulles, après avoir imprimé ses dernières cartes d’embarquements françaises, sous la protection d’unités spéciales (merci au passage aux autorités françaises d’avoir tenu leur parole et tout fait pour que le départ des Juifs se fasse en douceur, malgré les comportements violents de certains). 

    Alors on y est, la France est officiellement vidée de tous ses Juifs… 500 000 personnes qui se sont senties poussées vers la sortie, quand ce n’était pas vraiment le cas, et qui sont parties refaire leur vie ailleurs. Tu avoueras que sur la fin, notre vie devenait impossible, avec toutes ces nouvelles lois votées à la chaîne à notre encontre, et qui, en dehors de nous avoir pourri la vie, ont fait ressurgir de bien mauvais souvenirs. La France était déjà dans un bien mauvais état, je me demande en quoi notre départ va changer le pays.

    La première bonne nouvelle c’est que les chiffres du chômage risquent de baisser fortement ces prochaines semaines, avec tous ces gens à remplacer, ces nouveaux postes à pourvoir. Quelqu’un a-t-il déjà repris la boutique de fruits et légumes du pied-noir en bas de chez toi, Mr Ben Zaken, qui est parti le mois dernier ? Je suis sûr que ça ne saurait tarder. Et qui va remplacer le comptable du salon de coiffure de ta mère, Mr Serfati ? Mais c’est surtout à ton père que j’ai pensé, lui qui adorait le Pr Goldman, son cardiologue qui lui a sauvé la vie deux fois par le passé. Rassure-toi, il y a de très bons docteurs en France qui ont accès à du matériel de pointe. Il se trouve juste qu’ils avaient un agenda légèrement chargé, et que maintenant que leurs collègues juifs ne sont plus là, ils risquent de se retrouver comme qui dirait, débordés. Dire qu’il fallait déjà parfois six mois d’attente pour une consultation chez certains, je te laisse imaginer ce qu’il va en être quand leurs secrétaires passeront leur temps à répondre au téléphone qui n’arrête pas de sonner, avec des patients paniqués à l’autre bout du fil. Je suis donc content de savoir que ton père va bien en ce moment. Dis-lui surtout de ne pas faire une attaque tout de suite, et prends dès aujourd’hui un rendez-vous préventif chez son nouveau cardiologue (et avec un peu de chance, sa prochaine attaque coïncidera avec la semaine de sa consultation). Sinon, tu me dis, et je t’arrange un rendez-vous dans la semaine avec un ponte, ici, en Israël. Peut-être même avec le Pr Goldman (mais ça, je ne peux pas te le promettre)…

    Vous aviez raison en fait, c’est fou le nombre de Juifs qui travaillent dans le médical… et dans la recherche aussi. Des chercheurs qui bossent sur le cancer (ou le SIDA, je ne sais plus) ont dit hier à la télé française (je ne peux pas m’empêcher de regarder encore les infos) qu’ils continuaient de chercher, que les recherches ne vont pas du tout s’arrêter, mais que cela va leur prendre un peu plus de temps que prévu pour faire des découvertes (comparé à des pays comme les USA ou Israël, au pif). Il paraît qu’au CNRS aussi ils font la tronche.

    Et vous aviez aussi raison à propos des avocats. La Justice Française n’est pas trop débordée au moins ? Parce qu’ici, les avocats israéliens ont fait la tronche en voyant toute cette concurrence débarquer. Quelque chose me dit que vu comment les dossiers vont s’accumuler, c’est le moment de passer son barreau chez vous. Ils vont être moins regardants sur les épreuves.

    Allez, j’arrête de te provoquer avec ces clichés, mais tu reconnaîtras que c’est de bonne guerre. Je sais que tu n’y es pour rien dans tout ça, et que tu fais partie de ceux qui n’ont pas réussi à se faire entendre, et ont assisté impuissants, à la dégradation du climat politique du pays. En ça, je te remercie. Tu ne manqueras pas de me rapporter ce qui se dit dans les cafés, si les gens pensent vraiment que leur vie s’est améliorée depuis notre départ. Car je suis persuadé qu’il n’y aura pas moins d’embouteillages (je ne crois pas que les Juifs soient partis avec leurs voitures, vu l’augmentation en flèche des ventes en Israël), il y aura toujours la queue au supermarché, et du monde dans le métro. Tu remarqueras peut-être un changement dans l’expression de certains visages, qui au lieu de tirer leur tronche habituelle, ne pourront sans doute pas dissimuler leurs sourires nerveux dus à notre départ. Mais cela passera avec le temps. Et n’oublie pas aussi de me dire si tu remarques qu’il y a moins de mendiants dans les rues, ou moins de gens inscrits aux Restos du Cœur l’hiver prochain… ou pas.

    Car laisse-moi te dire ce qui ne va pas s’arranger avec notre départ : ce sont vos problèmes. J’ai par exemple aussi vu aux infos qu’une usine venait de fermer dans le nord, laissant 227 employés au chômage, et qu’une autre va bientôt fermer dans le sud. Leurs patrons n’étaient pourtant pas Juifs. A Marseille, il y a eu deux exécutions entre caïds de la drogue rien que cette semaine. Une cellule terroriste a été démantelée dans la banlieue de Grenoble, et je pense que des voitures brûleront toujours le soir du nouvel an, mais je me trompe peut-être. Tu vois, comme quoi… Tout ça pour rien. Quelle tristesse. Enfin…

    J’aimerais t’écrire plus longuement, mais j’ai beaucoup à faire encore ici pour m’habituer à ma nouvelle vie. Ça ne te dira peut-être rien, mais ce soir, c’est chakchouka en famille, et je dois aller me préparer si je veux arriver à l’heure… A l’occasion, vu que je ne peux plus venir en France mais que toi, tu peux venir en Israël, je te ferai peut-être découvrir ce pays. Je suis sûr que tu aimerais plein de choses ici, tu t’y sentirais pas trop mal je pense, te connaissant (et je ne parle pas que des plages et des femmes). Là aussi, la liste des choses magnifiques est si longue, que je préfère te les montrer plutôt que de t’en parler. Je me languis donc de ta venue, d’autant que je sais que tu me ramèneras une ou deux boîtes de ces macarons qui me manquent tant (ici, j’avoue, c’est pas top, niveau macarons). D’ailleurs, si on pouvait mettre au point un petit roulement de colis, ça serait super (je suis sûr que tu seras d’accord).

    Embrasse les amis, dis-leur qu’ils me manquent eux aussi. On se fait une vidéoconférence bientôt, et on s’organise des vacances ensemble dès que possible, pour tous se retrouver (en choisissant un des rares pays « jew friendly » bien sûr). Salue aussi tes parents, et n’oublie pas de me donner des nouvelles régulièrement (je te connais) !

    David B. – © Le Monde Juif .info Photo : David B.|

  • differentes manifestations DANS LE CALME en SOUTIEN A ISRAEL

    Marseille : 2000 personnes manifestent leur soutien à Israël

     

    Marseille : 2000 personnes manifestent leur soutien à Israël
     BIEN VOILA UNE MANIF d'ISRAELITES PACIFIQUE !!!! AM ISRAEL HAY
    Lire la vidéo
     
    Photo de Soutien aux familles des victimes et à la communauté Juive de Toulouse.
     
     
     

     

     
     
     
     
  • Belgique : le profil inquiétant du terroriste français oublié

                                  

    Belgique : le profil inquiétant du terroriste français oublié

    La justice belge a découvert des éléments troublants sur un jihadiste français abattu en Belgique il y a un an. Il détenait des armes ultra-sophistiquées et des listes de noms des services antiterroristes.

      source : le parisien... écrit par Jean-Marc Ducos | Publié le 24.06.2014,                               

     

    Autoroute A 8, Meslin-l’Evêque, entre Bruxelles et Tournai (Belgique), le 26 mars 2013. Hakim Benladghem avait été abattu au volant de sa voiture par la police antiterroriste belge.

    Autoroute A 8, Meslin-l’Evêque, entre Bruxelles et Tournai (Belgique), le 26 mars 2013. Hakim Benladghem avait été abattu au volant de sa voiture par la police antiterroriste belge. | (MaxPPP/Benelux/Nicolas Maeterlinck.)

                                

    Il était « blindé d'armes technologiques » de dernier cri lorsque la police antiterroriste belge a voulu l'intercepter sur l'autoroute entre Bruxelles et Tournai en mars 2013. Elle le soupçonnait de préparer un attentat au moment de Pâques. Refusant de s'arrêter, Hakim Benladghem, 39 ans, a été abattu au volant de sa voiture.                                        

     
    Ce Français originaire de Meurthe-et-Moselle était installé depuis 2009 à Anderlecht, rue de la Courtoisie... dans la banlieue de la capitale belge. Aujourd'hui, l'enquête de la police fédérale belge révèle les liens étroits de cet homme, présenté comme un solitaire, avec la mouvance salafiste toulousaine et les organisateurs de filières jihadistes afghanes. Un solitaire très entouré encore une fois.

    Un arsenal digne des forces spéciales

    Lorsque son domicile d'Anderlecht a été perquisitionné, les policiers belges ont retrouvé des fusils d'assaut allemands HK neufs dont la vente est réservée aux unités antiterroristes de gouvernements clairement identifiés. Mais aussi un bouclier blindé identique à celui utilisé par les gendarmes en France, des munitions par kilos, des systèmes de vision et de visée nocturne dernier cri, un gilet pare-balles avec des plaques en céramique et des masques à gaz ultra-performants. Il disposait de rations, de réserves d'eau et même d'un kit médical comprenant des garrots automatiques et des seringues auto-injectables de produits d'urgence pour faire face à des blessures graves. Une partie de son appartement était piégée : il avait anticipé l'assaut de son domicile.



    Connu des services de renseignements français depuis 2008

    Hakim Benladghem se fait repérer quand il tente de rejoindre les groupes islamistes les plus durs du Hamas dans la bande de Gaza, à une époque où Israël est victime d'intenses bombardements de roquettes. Mais il y est interdit de séjour. Et, le 6 avril 2008, il est arrêté au poste-frontière égyptien qui mène à Gaza où son frère Farid est installé. Signalé à ce moment-là, Hakim est placé sous surveillance. Et pour cause, son téléphone portable a réceptionné 149 appels en provenance de la bande de Gaza (45 entre le 2 et 4 février 2008 et 104 entre le 4 et le 9 février). L'homme est soupçonné en fait d'être un logisticien du Hamas.



    Des proches des frères Merah autour de lui

    Loin d'être un « solitaire engagé dans un jihad individuel » comme le laissaient entendre les autorités, Hakim Benladghem connaît du beau monde de la mouvance islamiste. Et notamment les frères Clain, des Français convertis qui ont été condamnés par le tribunal de Paris en 2009 pour avoir été les logisticiens d'un réseau de passeurs de candidats au jihad en Irak. Une filière dite toulousaine, dont le mentor n'est autre qu'Olivier Corel, surnommé l'Emir blanc, un proche d'Abdelkader et Mohamed Merah, le tueur au scooter de la Ville rose. C'est cet imam d'origine syrienne, installé en Ariège, qui a marié religieusement et divorcé Mohamed Merah en janvier 2012.

    Des écoutes fructueuses

    Les écoutes permettent également de tracer des liens avec le Nancéien Kamel Bouchentouf, 41 ans, « propagandiste de la cause arabe » qui avait posté sur le Net plusieurs cibles choisies pour passer à l'action. Un homme condamné en décembre 2008 pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actions terroristes ». Et sans oublier Farouk Ben Abbes, un Belge arrêté en Egypte après l'attentat qui a coûté la vie à Cécile Vannier, cette lycéenne de 17 ans tuée lors d'un voyage scolaire en février 2009 au Caire alors qu'elle se promenait dans un bazar. Il sera remis en liberté dans ce dossier avant d'être à nouveau mis en cause en France pour son rôle sur un forum jihadiste.

    Il voyage beaucoup mais n'a pas de revenus

    A l'instar de Mohamed Merah et de Mehdi Nemmouche, Hakim Benladghem est repéré en Norvège où il cherchait un emploi, en Syrie, en Italie et même en Inde où il obtiendra un visa pour Damas. Comme les deux autres jihadistes, il voyage beaucoup et travaille peu ou pas. Il se dit chauffeur routier international, mais n'a pas d'employeur. L'enquête permettra de retrouver sur ses comptes 21 000 € et 50 000 € dans un coffre. Un argent dont l'origine n'est toujours pas connue.

    Contactée à de multiples reprises, l'avocate de Benladghem, Me Liliane Glock, n'a jamais donné suite à nos demandes répétées.

    La justice belge ne lâche pas le dossier« L'enquête autour d'Hakim Benladghem continue, bien sûr, même s'il est décédé dans un affrontement avec la police. On veut comprendre quels étaient ses réseaux amicaux, spirituels, ses soutiens, ses sources de financement et d'approvisionnement en armes très particulières », confie Eric Van der Sypt, procureur fédéral et porte-parole au parquet antiterroriste de Bruxelles. Une instruction est toujours en cours. Le magistrat dément en revanche « tout lien pour l'instant en l'état de l'enquête » entre ce terroriste présumé et Mehdi Nemmouche -- le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles soupçonné d'avoir abattu quatre personnes, deux touristes et deux employés --, arrêté et détenu en France en attendant son extradition vers la Belgique.

    Quant à la présence régulière de jihadistes français en Belgique et notamment dans la région de Bruxelles, cela tient à la présence de « personnalités particulières » dans la capitale belge, connue pour être un centre d'endoctrinement et de recrutement de futurs candidats aux « guerres saintes » : Bruxelles était déjà le point de passage obligé lors des guerres en Bosnie, puis en Tchétchénie, au Daghestan, en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie, mais aussi en Somalie et au Yémen. La présence de l'émir Moez Garsallaoui, un prêcheur radical longtemps installé à Bruxelles, mentor présumé de Merah, explique sans doute beaucoup de liens. Cet homme est supposé être mort depuis octobre 2012 au Pakistan lors d'un raid de drones américains. Mais d'autres prêcheurs ont pris sa suite.
    J-M.D.
  • Attentat de Bruxelles, Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ?

    Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ?

    Créé : 02-06-2014 06:30

    PORTRAIT - Un Français de 29 ans soupçonné d'être l'auteur de l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts le 24 mai, a été arrêté vendredi à Marseille. L'homme se serait rendu en Syrie en 2013, auprès de djihadistes, et était connu des services de renseignements français.

     
    Mehdi Nemmouche, le Français suspecté d'être l'auteur de la tuerie au Musée juif de Bruxelles a été arrêté vendredi à Marseille.
    Mehdi Nemmouche, le Français suspecté d'être l'auteur de la tuerie au Musée juif de Bruxelles a été arrêté vendredi à Marseille. Photo : AFP
  • Tuerie de Bruxelles : "Les indices sautent aux yeux seulement après-coup"

    geek

    Tuerie de Bruxelles : "Les indices sautent aux yeux seulement après-coup"

    Mis à jour : 02-06-2014 07:22

    TERRORISME - L'homme suspecté d'avoir commis la fusillade de Bruxelles était fiché par les services de renseignement, qui n'ont cependant pas pu l'empêcher d'agir. L'expert en terrorisme Claude Moniquet explique à metronews pourquoi il leur est impossible de suivre tous les individus signalés.

     
    Le tireur qui a tué quatre personnes le 24 mai 2014 au Musée juif de Bruxelles. Capture d'écran de la vidéo prise par la caméra de surveillance du monument. 
    Le tireur qui a tué quatre personnes le 24 mai 2014 au Musée juif de Bruxelles. Capture d'écran de la vidéo prise par la caméra de surveillance du monument.  Photo : AP/SIPA
     
  • Acte terroriste de Bruxelles : les victimes israéliennes inhumées ce mardi à Tel Aviv

    Acte terroriste de  Bruxelles : les victimes israéliennes inhumées ce mardi à Tel Aviv   

                                   

     

     

     

     

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    Toute l'info sur ce thème

    Fusillade mortelle au Musée Juif de Belgique

     

    Miriam et Emmanuel Riva, le couple de quinquagénaires israéliens abattus samedi au Musée juif de Bruxelles, seront inhumées mardi à Tel Aviv, a annoncé lundi l'Europe Israel Press Association. Leur dépouille a été rapatriée dans la journée de lundi.

    Le parquet fédéral, qui a repris l'enquête, a pris contact avec l'ambassade israélienne pour organiser le rapatriement des corps des deux touristes dans le respect des traditions.

    L'EIPA a par ailleurs indiqué que le Premier ministre Elio Di Rupo avait appelé son homologue israélien Benjamin Netanyahou "afin de l'informer des détails de l'avancement de l'enquête". L'Etat d'Israël a par ailleurs offert son aide à la Belgique pour l'enquête.

    Le Musée juif de Belgique, qui a ouvert un livre d'or en ligne, a en outre annoncé lundi soir qu'il n'était pas encore autorisé à rouvrir ses portes mardi, pour les besoins de l'enquête.

    "La reprise du travail et le point de presse prévu sont donc annulés", a précisé le musée dans un communiqué. 

    Ce lundi, le parquet fédéral a qualifié la fusillade de Bruxelles d'acte terroriste.