• Israël se prépare-t-il à attaquer l’Iran ?

    Israël se prépare-t-il à attaquer l’Iran ?

    Israel frappe aérienne

    Le Secrétaire à la Défense, Léon Panetta, à l’esprit très occupé ces jours-ci, celui notamment de réduire le budget de la défense et la gestion du retrait des forces américaines en Afghanistan. Mais sa plus grande inquiétude est la possibilité croissante qu’Israël attaque l’Iran au cours des prochains mois…
    Lire aussi: Israël : « 200 000 missiles pointés vers le pays » (Chef des renseignements militaires)

    Israël : Attaquer l’Iran – les coûts

    Un résumé d’Elie Fitoussi sur un texte de David IngnatiuS

    Panetta pense qu’il y a une forte probabilité qu’Israël frappe l’Iran en avril, mai ou Juin – avant que l’Iran n’entre dans ce que les Israéliens décrivent comme une « période d’immunité » pour commencer la construction d’une bombe nucléaire.

    Les Israéliens pensent que les Iraniens ont stocké suffisamment d’uranium enrichi dans des installations souterraines pour fabriquer une arme – et seuls les États-Unis pourraient alors les arrêter militairement.

    Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu ne veut pas laisser le sort d’Israël dépendre de l’action américaine.

    Obama et Panetta auraient averti les Israéliens que les Etats-Unis s’opposent à une attaque, croyant que cela ferait dérailler le programme de sanctions économiques et autres efforts non-militaire pour empêcher l’Iran de franchir le seuil.

    La Maison Blanche n’a pas encore décidé exactement comment les États-Unis réagiraient si Israël devait attaquer.

    L’administration Obama mène d’intenses discussions sur ce qu’une attaque israélienne pourrait signifier pour les Etats-Unis: l’Iran viserait-il les navires américains dans la région ou essayerait-il de fermer le détroit d’Ormuz, et quel effet un conflit aurait-il sur les prix du pétrole au vu d’une économie mondiale déjà fragile ?

    L’administration américaine semble favoriser une non intervention militaire sauf évidemment si les intérêts américains sont ciblés par l’Iran ce qui déclencherait une réponse forte de la part des USA.

    Pour rappel en 1956, le président Dwight Eisenhower avait condamné une attaque israélo-européenne sur le canal de Suez.

    Pour compliquer les choses 2012 est l’année des élections présidentielles aux Etats-Unis, les républicains exigeant un soutien plus fort des américains envers Israël.

    Les responsables de l’administration U.S soulignent que Téhéran ne doit pas se méprendre: Les Etats-Unis ont été engagés depuis plus de 60 ans envers la sécurité de l’Etat Hébreu, et si les centres de population d’Israël étaient touchés, les Etats-Unis pourraient se sentir obligés de venir en aide à Israël.

    Les Israéliens estiment qu’une frappe militaire limitée et contenue est possible en bombardant les installations d’enrichissement d’uranium à Natanz et autres cibles; une attaque sur le site d’enrichissement enterrés de Qom serait plus difficile. Les Iraniens riposteront, mais les Israéliens doutent que les ripostes soient écrasantes.

    Les israéliens se souviennent de l’absence de réaction de la Syrie lors de l’attaque de son réacteur nucléaire en 2007.

    Les Iraniens pourraient faire preuve d’une retenue similaire, car le régime crainte d’être mis en danger par une guerre totale.

    Certains Israéliens ont aussi comparé une attaque sur l’Iran à l’opération de sauvetage des otages en 1976. Ce raid sur Entebbe, en Ouganda, avait été suivi par un changement de régime dans le pays.

    Les dirigeants israéliens se disent accepter, la perspective de faire cavalier seul et de démontrer leur détermination à un moment où leur sécurité est compromise aussi par le « printemps arabe ».

    « Laissez-nous faire ! » aurait-dit un responsable israélien aux Etats-Unis

    Le scénario prévoirait une opération de courte de durée de cinq jours avec des frappes limitées et ciblées, suivi d’un cessez-le feu imposé par l’ONU. Les Israéliens reconnaissent que les dommages causés sur le programme iranien ne seraient pas complets nécessitant une nouvelle attaque dans quelques années. Le programme ne serait que retardé.

    Les responsables américains ne voient que deux possibilités pour dissuader les Israéliens d’une telle attaque:

    Téhéran pourrait enfin négocier sérieusement et accepter que son programme soit contrôlé pour qu’il ne soit qu’à usage civil, ou les Etats-Unis pourraient intensifier leurs actions secrètes pour dégrader le programme des Mollahs.

    Les responsables américains ne pensent pas que Netanyahou ait déjà pris une décision finale à l’attaque, ils notent aussi que de hauts responsables du renseignement israéliens restent sceptiques sur le projet.

    Mais les Américains doutent pourtant que les Israéliens bluffent. Ils se soucient maintenant des « canons de printemps ».

    Elie Fitoussi pour Israël-flash d’après D.Ignatius -D.Ignatius


    Iran : l’heure fatidique

    Dans le dossier iranien, les dés sont pratiquement jetés, ce n’est plus qu’une question de prise de décision par les dirigeants israéliens, dès qu’ils auront répondu à trois questions essentielles qui se posent à eux: Israël a-t-il les moyens d’attaquer l’Iran ? Disposons-nous de la légitimité internationale ? Toutes les autres options ont-elles été épuisées ?

    Selon les responsables de Tsahal, Israël a effectivement les moyens d’entreprendre une action militaire contre l’Iran. Ehoud Barak estime que le temps presse, car les Iraniens s’apprêtent à débuter les travaux d’enfouissement de leurs installations nucléaires, ce qui rendra la tâche de les bombarder très difficile, voire quasiment impossible, même si Jérusalem a obtenu de Washington la livraison de bombes anti-bunkers ayant un fort pouvoir de pénétration.

    Le problème, c’est que notre armée de l’Air dispose d’appareils tactique qui peuvent porter certaines bombes, mais pas les plus lourdes, nécessaires aux frappes stratégiques pour atteindre les sites enfouis, comme les MOB (Massive Ordnance Bomb) de 13 tonnes qui peuvent pénétrer 60 mètres de béton armé ou 40 mètres de roches moyennement dures. Or le site à proximité de la ville sainte de Qom, qui comprend les centrifugeuses d’enrichissement de l’uranium, serait à 60 mètres, voire à 100 mètres sous terre…

    Le déclenchement d’une opération israélienne fera, bien entendu, l’objet de réactions et de représailles du monde musulman dont le Hezbollah, le Hamas et nos voisins islamistes égyptiens. Il faut s’attendre à ce que le territoire israélien soit la cible de roquettes du Hezbollah, mais celui-ci traverse actuellement une crise de confiance sans précédent, ayant perdu pratiquement simultanément ses deux seuls alliés, l’Iran qui n’est plus à même de livrer des armes aux terroristes chiites libanais en raison des sanctions internationales, et la Syrie, car le régime de Bachar el Assad n’est plus en mesure de compter de manière fiable sur sa propre armée et a d’autres chats à fouetter que les problèmes existentiels du Hezbollah. Donc, le mouvement terroriste chiite libanais va se retrouver avec un ennemi syrien acharné, le jour prochain o&u grave; Assad aura disparu et le moment est très mal choisi pour tenter quoi que ce soit contre Israël, même de manifester sa colère et mal lui en prendrait, selon de hauts responsables militaires israéliens.

    Le Hamas, quant à lui, lancera vraisemblablement ses salves contre le sud d’Israël, mais cette éventualité a été prise en compte par Benny Gantz, le chef d’état-major de Tsahal, qui s’est engagé à en venir à bout.

    La seule véritable inconnue reste l’Egypte, mais tant que les militaires détiennent encore le pouvoir, il ne devrait pas y avoir trop de casse.

    Je n’ai pas oublié une éventuelle réaction de l’Iran. Bien sûr, dans un premier temps, dans l’affolement, Ahmadinejad et les ayatollahs lanceront des attaques, mais les Américains et les Occidentaux en général devraient pouvoir gérer cette situation, non pour les beaux yeux des Israéliens, mais pour se défendre eux-mêmes.

    Donc, selon Ehoud Barak, il faudrait peut-être penser à y aller maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, sachant qu’une opération ne fera, dans le meilleur des cas, que retarder de trois à cinq ans la réalisation du programme nucléaire des Iraniens. En se disant que d’ici là, les pressions et les sanctions pourront peut-être avoir eu raison du régime des ayatollahs.

    Que se passera-t-il sur la scène internationale ? Israël ne prétend pas avoir l’accord de tous les Occidentaux, mais dispose de la légitimité internationale. Même s’il ne faut pas leur faire confiance aveuglément, on sent actuellement la pleine détermination des Américains et des Européens à faire plier l’Iran.

    En cas de frappe israélienne, ils interviendront contre Téhéran bon gré mal gré, parce qu’ils n’ont pas le choix, non pas pour défendre Israël, mais afin de se protéger en profitant de la confusion pour mettre un terme à une situation dont ils savent qu’elle devient insupportable à courte échéance pour les démocraties occidentales.

    Toutes les options autres que militaires sont-elles épuisées ? Il semble bien que nous sommes arrivés en fin de cycle.. Après les dernières sanctions européennes, quelles pourraient être les nouvelles pressions diplomatiques qui feraient tout d’un coup renoncer l’Iran ? Son économie est exsangue, sa monnaie ne vaut plus rien, il y a pénurie de pain et de chauffage à Téhéran, les ayatollahs n’ont pas les mêmes valeurs que nous, les visites des inspecteurs de l’AIEA n’y changeront rien. Les Russes et les Chinois soutiendront diplomatiquement l’Iran, mais n’iront pas jusqu’à prendre des risques insensés pour cette république islamique.

    Le chef du Mossad, Tamir Pardo, s’est rendu cette semaine à Langley au siège de la CIA où il a rencontré son homologue David Petraeus. Il a également eu des entretiens avec la présidente démocrate de la Commission du Renseignement du Sénat, Dianne Feinstein. Est-il venu peaufiner les derniers préparatifs ? L’accord « des lignes rouges » est-il en train d’être appliqué ?

    Pour rappel, Israël et les Etats-Unis se sont entendus sur des « lignes rouges » au-delà desquelles une action militaire sera inévitable. Netanyahou s’est engagé à ne rien faire sans prévenir Obama, de leur côté les Américains ont assuré qu’ils agiront si ces fameuses lignes sont franchies par Téhéran.

    Et le temps presse là-aussi, car Israël doit profiter de l’actuelle faiblesse d’Obama en raison de la campagne électorale aux Etats-Unis. Dès que l’Iran aura la bombe, il sera trop tard pour nous et pour tout le monde occidental.

    La guerre de Kippour fut un traumatisme pour Israël, car ce fut la seule fois où nous avons laissé l’ennemi prendre l’initiative.

    Il est incontestable que nous avons toujours gagné quand nous avons choisi le moment qui nous convenait.

    L’heure fatidique approche, elle est inéluctable. De toutes manières, tout le monde le sait, la confrontation aura lieu.

    Marc Femsohn

  • Veillée d’armes à Herzliya: ceux qui disent plus tard finiront par découvrir que plus tard, c’est trop tard.

    Veillée d’armes à Herzliya: ceux qui disent plus tard finiront par découvrir que plus tard, c’est trop tard.

    Publié le3 février 2012

     

     

     

    Conference d'Herzliya
     

    Ce qui suit ne constitue qu’un tout petit aperçu des débats. Car la conférence annuelle d’Herzliya ressemble fort à une veillée d’armes. Une partie de l’élite israélienne s’est en effet relayée à la tribune pour faire part de son analyse sécuritaire et préciser la vision de l’État Hébreu pour les prochains mois.

    Le ministre de la Défense, Ehud Barak a sous entendu que le prix d’une intervention serait élevé avec des conséquences irréversibles. Mais a-t-il ajouté, ceux qui disent “plus tard” pourraient bien finir par découvrir que plus tard c’est en fait “trop tard”. Pour lui Israël n’est pas seul. Le monde connaît désormais le danger que ferait planer l’Iran doté de la bombe. Il est crucial d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire a-t-il conclu.

    Dans un panel intitulé “dans l’œil du cyclone”, Danny Rothschild le président de la Conférence d’Herzliya a lancé de manière très allusive, que là où autrefois, nous devions mobiliser d’importantes ressources militaires, il suffit aujourd’hui d’appuyer sur la touche “enter”.

    Ilan Biran ancien DG du ministère de la défense a insisté sur l’importance de la dissuasion et la nécessité de combiner attaque et défense. Pour l’ancien Chef d’État Major Dan Halutz, si en l’absence de choix nous devons prendre des mesures, ce sera avec une force maximum, avec un gant de fer.

    Benny Gantz, le Chef d’Etat Major de Tsahal a rappelé pour sa part, que des arsenaux gigantesques stockés dans la région visent à la destruction d’Israël. Aucun point du territoire n’est aujourd’hui à l’abri a-t-il rappelé. Les menaces n’ont pas disparu, elles sont bien là aujourd’hui.

    Aviv Kochavi, le patron des renseignements militaires a confirmé que l’Iran se préparait à produire des bombes nucléaires. Pour Bogie Yaalon, ancien chef d’État Major et ministre des affaires stratégiques, c’est l’occident qui pourrait mener une attaque militaire contre les installations militaires iraniennes.

    Le Dr Shmuel Bar a pulvérisé deux croyances occidentales bien ancrées. Selon lui l’Iran n’acceptera jamais de compensation en échange de son programme nucléaire. Ensuite, comparer l’Iran à l’Union Soviétique d’avant l’effondrement est une chimère. Il n’y aura pas de contre-révolution. Pas à court terme en tout cas. Dans son analyse d’un Moyen-Orient nucléaire, Bar fait enfin référence à des traditions suicidaires ou apocalyptiques associées à des perceptions de l’honneur inconnues en occident. L’imminence d’une destruction pouvant être perçue par certains adversaires non comme une menace mais comme une promesse.

    Les oracles d’Herzliya ont en tout cas renversé certaines idées reçues et confirmé l’extrême détermination d’Israël face à ce qui est maintenant perçu comme une menace imminente. L’agenda est désormais très serré. Les analystes étrangers auraient tort de prendre tout cela au second degré (voir ici).

    (*) Shmuel Bar est directeur de l’IPS (le Policy and Strategy Institute ) et fondateur d’intuview, une start-up d’intuition artificielle.

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    Copyright NanoJV (reproduction non autorisée, extraits sourcés seulement).

  • Israël va-t-il attaquer l’Iran ? Le ministre de la défense israélien répond clairement dans le NY Times.

    Israël va-t-il attaquer l’Iran ? Le ministre de la défense israélien répond clairement dans le NY Times.

    Publié le27 janvier 2012

     

     

     

    Frappes israel iran programme nucleaire
     

    L’analyste Ronen Bergman a rencontré Ehud Barak à la mi-janvier. Le ministre de la Défense israélien lui a confié “on”, ce qu’il disait “off” depuis des semaines. Voici la synthèse en 13 points de l’article du New-York Times, publié avant-hier:

    1) Pour Ehud Barak, les leaders Iraniens se sont fixés pour objectif stratégique de rayer Israël de la carte.

    2) En réponse à ceux qui pensent que les menaces ne sont pas imminentes et que toute action militaire serait catastrophique, Ehud Barak répond avec force que lui et Bibi sont responsables de la sécurité d’Israël et garant de son existence pour le futur du peuple Juif. Ils sont tous les deux aux commandes et n’ont “que le ciel au dessus d’eux”.

    3) Pour Barak le préalable à toute frappe est d’être certain qu’Israël a la capacité de causer des dommages majeurs aux projet nucléaire iranien, qu’Israel pourra faire face à l’inévitable contre-attaque, que les USA apporteront leur soutien ou donneront une approbation tacite, que toutes les possibilités ont été tentées pour dissuader l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, qu’Israël n’a vraiment plus d’autre alternative que de passer à l’action.

    4) Ehud Barak et ses conseillers pensent que la réponse à tous les points précédents est pour la première fois depuis 20 ans : OUI.

    5) Ehud Barak pense que si l’attente se poursuit, un point de non retour sera atteint au delà duquel plus aucune action ne pourra jamais être menée.

    6) Ronen Bergman a également consulté Moshe Yaalon, vice Premier Ministre et ministre des Affaires stratégiques, lui aussi partisan d’une action préventive. Pour Yaalon, l’acquisition de l’arme atomique par l’Iran n’est que l’affaire de quelques mois. Pour lui, ce programme doit être stoppé, et ce n’est pas à Israel de prendre la tête du combat contre l’Iran. Cependant l’Etat Hébreu est prêt à se défendre par lui même par tous les moyens, au moment jugé opportun.

    7) La Russie a aidé l’Iran a se doter d’un réacteur tout en assurant qu’il ne pourrait pas produire l’uranium enrichi nécessaire à la bombe. Le véritable soutien au programme nucléaire iranien est secret et repose sur la filière pakistanaise. Le site de Natanz résulte de cette coopération.

    8) Une stratégie en cinq points a été développée dans les années 2000 pour contrer le programme iranien : pressions politique, opérations secrètes, lutte contre la prolifération, sanctions, changement de régime.

    9) Selon le New York Times d’importants moyens ont été mis en oeuvre pour déployer des actions clandestines en Iran. Toutefois il est considéré que l’unité spéciale du Mossad , nom de code Césarée, n’intervient pas directement. Deux organisations iraniennes d’opposition seraient mises à contribution, de même que des agents basés au Kurdistan ainsi que des éléments issus d’autres minorités, certains étant entraînés en Israel, dans la région de Tel-Aviv. (Ndlr : A prendre au conditionnel et avec la plus grande circonspection car ceci ne reflète que les suppositions de Ronen et non la position officielle israélienne qui n’affirme ni ne dément rien).

    10) Barak et Netanyahu ne sont pas convaincus des résultats de la stratégie en 5 points, destinée à contrer l’Iran. Ils estiment que ni les actions clandestines éventuelles ni les sanctions ne sont suffisantes. Les rens militaires pensent la même chose. L’opération Opéra (destruction du réacteur en Irak) est dans tous les esprits…Aujourd’hui les iraniens disposent de 10000 centrifugeuses qui tournent à plein régime et de cinq tonnes d’uranium faiblement enrichi, de quoi faire après conversion, 5 ou 6 bombes. En comptant 9 mois de préparation.

    11) Pour Barak, si l’Iran accède à l’arme nucléaire, Israel sera menacé; le régime iranien sera durablement renforcé et totalement incontrôlable; les pays de la région comme la Turquie, l’Arabie Saoudite et l’Egypte se doteront à leur tour de la bombe, sans parler du risque de fuite ou de transfert vers des mouvements terroristes.

    12) Le ministre de la défense pense que l’Iran atteindra ce qu’il appelle sa “zone d’immunité”, avant la fin de l’année 2012. C’est à dire le point où son niveau d’équipement, d’infrastructures et de connaissance sera tel que plus rien (même des frappes militaires) ne pourra stopper son accession à l’arme nucléaire. L’horizon fixé par Israël serait de 9 mois maximum à compter de maintenant. Il serait de 15 mois pour les américains qui peuvent se permettre de fixer un point de non retour plus éloigné dans le temps (simplement parceque les capacités de frappes US sont largement supérieures à celles d’Israël). Le point critique se situe donc dans la seconde moitié de 2012. Les vues israéliennes et américaines sont de plus en plus proches et Barak confirme que les USA sont le meilleur allié d’Israël. Le débat ne porte plus maintenant que sur le comment de l’opération et sur certains détails.

    13) La question des représailles iraniennes suite à une attaque, est abordée. 50 000 fusées du Hezbollah pourraient frapper Israel en plus des centaines de missiles Shahab iraniens. L’Iran et le Hezbollah disposeraient par ailleurs de 40 cellules terroristes dormantes à l’international prêtes à frapper des intérêts israéliens et juifs dans le monde entier. Sans parler d’une entrée en guerre de la Syrie, de la fermeture du Détroit d’Ormuz etc…Raison pour laquelle l’ancien patron du Mossad Meir Dagan pense qu’une action israélienne est totalement impensable et qu’elle n’aboutirait par ailleurs qu’à des résultats opérationnels limités.

    Mais la décision finale appartiendra aux 14 membres du cabinet de sécurité israélien et à eux-seuls.

    Pour l’analyste Ronen Bergman, l’instinct de survie israélien l’emportera sur toute autre considération (voir ici).

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  • L’attaque nucléaire contre Israël en image: Le dernier jour.

    L’attaque nucléaire contre Israël en image: Le dernier jour.

    Publié le1 février 2012

     

     

     

    bombe nucleaire sur israel
     

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    Court métrage réalisé par Ronen Barany. La scène se déroule le samedi 23 février 2013. Dans la fiction elle a été filmée par un couple fuyant l’horreur et retrouvée dans un flash drive par une unité de reconnaissance des Nations Unies envoyée sur place après la première frappe nucléaire de l’Iran sur Israël.

    La scène se déroule un shabbat sur l’autoroute 1. Des explosions conventionnelles sont d’abord filmées. Un message d’alerte est diffusé sur les ondes. Les réseaux de télécommunications sont tombés. Le contact est perdu avec Haïfa et le sud du Pays. La violence de l’attaque surprise est stupéfiante. Puis un flash aveuglant. Scènes de paniques autour des blessés au bord de l’autoroute. Un homme récite le Shema Israel. Un avion de chasse passe dans le ciel. Explosion nucléaire. L’image se pixelise. Fin.

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    Sélection NanoJV

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    Le lundi 2 juin 2008 le Président iranien cité par une dépêche officielle de l’agence Reuters (voir la dépêche ici) a déclaré :

    “You should know that the criminal and terrorist Zionist regime which has 60 years of plundering, aggression and crimes in its file has reached the end of its work and will soon disappear off the geographical scene,”

    “…le régime sioniste va bientôt disparaître de la scène géographique”

    la mention de la géographie dissipe toute ambiguité quant à l’interprétation des propos. On comprend qu’un régime disparaisse de la scène politique par des élections ou un coup d’Etat, mais sa disparition de la scène géographique renvoie à une toute autre notion. Une destruction de masse.

    Le régime iranien effrayé par la portée de ces propos aggravés par des insultes répétées à l’encontre de la première puissance mondiale, a tenté après coup de les minimiser, voire de les nier. Ce n’était pourtant pas la première fois que des menaces explicites impliquant la disparition d’un État reconnu par les Nations Unies, étaient formulées.

    Les trois grands génocides du 20ème siècle ont selon le même principe été précédés de menaces explicites et répétées, aucun (aucun!) n’a été déjoué en dépit des nombreux signaux d’alerte. L’impensable n’est en effet jamais une option. Pour comprendre les événements futurs, voir à ce sujet la nouvelle approche de l’armée israélienne, inspirée d’un grand penseur Arabe contemporain, ici .

  • Tsahal s’inspire d’un philosophe Arabe contemporain pour anticiper l’impensable.

    NANOJV
     

    Tsahal s’inspire d’un philosophe Arabe contemporain pour anticiper l’impensable.

    Publié le29 décembre 2011

     

     

    cygne noir tsahal black swan
     

    Nassim Nicholas Taleb (NNT) est passionné de langues anciennes (dont l’hébreu) et de philosophie. Sa biographie officielle mentionne qu’il se partage entre New-York et Amioun près de Tripoli au Liban. Bloomberg l’a listé parmi les 50 personnes le plus influentes en 2011.

    Diplômé de Wharton et professeur à l’Institut Polytechnique de New-York, NNT fut entre autres conseiller scientifique du FMI après avoir exercé pendant 20 ans sur les marchés financiers.

    Mais ce qui a rendu très célèbre cet écrivain spécialisé dans l’étude des risques et de l’incertitude, c’est la théorie du cygne noir expliquée dans le best seller mondial : “Le cygne noir : La puissance de l’imprévisible” 

    La théorie du cygne noir repose sur une anecdote très visuelle. Pendant des millénaires on avait rencontré que des cygnes blancs. Sur la base de l’expérience et du bon sens, tout le monde pensait que les cygnes ne pouvaient être que blancs. C’était une évidence jusqu’à la découverte d’une nouvelle espèce, noire, en Australie.

    Nassim Taleb file donc la métaphore et nomme “cygnes noirs” tous les événements improbables qui présentent les 3 caractéristiques suivantes :

    1) Ils surprennent totalement lorsqu’ils surviennent
    2) Ils ont des conséquences énormes
    3) Ils apparaissent logiques et tout à fait prévisibles après coup.

    Parmi les très nombreux cygnes noirs récents on peut citer le 11 Septembre, l’apparition d’internet, celle de l’ordinateur portable, l’effondrement de l’URSS, Fukushima ou un plus loin dans le temps le déclenchement de l’opération Barbarossa et Pearl Harbor.

    Ces deux derniers exemples intéressent tout particulièrement Tsahal qui a gardé en mémoire la guerre de Kippour ou la deuxième guerre du Liban, pile dans la définition de NNT. L’Armée de Défense d’Israël a donc mis sur pied le programme “Barbur Shah’or” (cygne noir).

    Face aux incertitudes croissantes, le défi consiste aujourd’hui à identifier les cygnes noirs et à s’y préparer le mieux possible afin d’en limiter les effets.

    Les officiers israéliens recommandent ainsi d’éviter ce que Taleb appelle justement “le syndrome de la dinde de Thanksgiving”.

    La dinde est nourrie chaque jour avec beaucoup d’égards. Elle en déduit que la vie est belle dans le meilleur des mondes. Cela dure 1000 jours, jusqu’à la veille de Thanksgiving où son maitre la sacrifie sans qu’elle ait vu la lame effilée du couteau s’approcher de sa gorge.

    Les soldats israéliens se voient donc recommander de ne pas vivre dans une bulle de certitudes et de se méfier des raisonnements par induction ou par récurrence. En alternant formation pratique et théorique, le programme “Barbur Shah’or” ou Black Swan est fait pour cela. Sa philosophie pourrait se résumer à “le ciel va vous tomber sur la tête, que faites-vous ?”.

    Tsahal a identifié 3 lignes de défense face aux cygnes noirs:

    - réduire le nombre des surprises possibles.
    – en cas de surprise prendre toutes les mesures utiles pour limiter les acquis de l’ennemi.
    – la troisième mesure relève de la contre-attaque et vise à atteindre la résilience et la capacité de décision de l’adversaire (…)

    Dans un autre registre “Nohal Hannibal” signalait déjà l’émergence de nouvelles réflexions au sein de Tsahal (voir ici).

    La conclusion appartient à l’excellent Taleb : “Il est plus difficile de perdre à un jeu dont on a soi-même fixé les règles”.

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  • Nohal Hannibal: le code anti-kidnapping de Tsahal

    NANOJV
     

    Nohal Hannibal: le code anti-kidnapping de Tsahal

    Publié le22 novembre 2011

     

     

    Nohal Hannibal
     

    Le code ou la procédure Hannibal (*). Éviter à tout prix l’enlèvement d’un soldat. En cas d’occurrence, la priorité absolue est d’arracher par tous les moyens le, ou les soldats des mains de leurs ravisseurs. Après sommations d’usage, des tirs à l’arme légère effectués de préférence par des snipers visent les ravisseurs. La directive Hannibal stipule également que si les terroristes utilisent un véhicule, tout doit être entrepris pour l’immobiliser immédiatement.

    Pendant l’opération Cast Lead, sur la chaîne israélienne Arutz Eser, un officier Golani affirmait que ses soldats se feraient sauter avec une grenade plutôt que de tomber aux mains de ravisseurs.

    Il y a un peu moins d’un mois, le journal de centre gauche Haaretz qualifiait Hannibal de directive “orpheline”, non écrite, fantôme, dont la réalité est officiellement niée par Tsahal. Selon laquelle “un soldat mort vaudrait mieux qu’un soldat kidnappé”.

    Il y a dix jours le chef d’État Major de Tsahal en personne supervisait un exercice mettant en scène la directive Hannibal dans la vallée du Jourdain. Une simulation sensible menée par l’unité des Lions de la 162ème division blindée.

    Hannibal existe bien. Simple question de nuances et de circonstances. Il va de soi par exemple que viser un véhicule par un tir d’obus, afin de tuer délibérément un soldat aux mains de ses ravisseurs constituerait un ordre totalement illégal.

    Tout réside donc de manière générale dans la capacité de discernement sur le terrain. Un exercice dont l’armée de défense d’Israël s’acquitte le mieux possible. En effet, depuis la création de l’État hébreu, alors que Tsahal dispose d’une supériorité technologique et stratégique écrasante sur ses adversaires, le nombre total de victimes des guerres successives équivaut “seulement” à celui des victimes du récent conflit libyen. De l’ordre de 50000. Le conflit israélo-arabe, toutes victimes confondues, ne vient ainsi qu’en 49ème position de tous les conflits du demi-siècle écoulé. Qui peut nommer sans en oublier un seul les 48 autres ? Après seulement on reparlera d’Hannibal.

    (*) Hannibal s’est donné la mort en -183 avant l’ère commune, en absorbant du poison pour ne pas tomber aux mains de ses ennemis. Le grand stratège carthaginois concepteur du franchissement des Alpes à la tête d’une unité d’éléphants de combat avait également déclaré : “Nous trouverons un chemin… ou nous en créerons un”. Toujours d’actualité.

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