Tsahal s’inspire d’un philosophe Arabe contemporain pour anticiper l’impensable.

NANOJV
 

Tsahal s’inspire d’un philosophe Arabe contemporain pour anticiper l’impensable.

Publié le29 décembre 2011

 

 

cygne noir tsahal black swan
 

Nassim Nicholas Taleb (NNT) est passionné de langues anciennes (dont l’hébreu) et de philosophie. Sa biographie officielle mentionne qu’il se partage entre New-York et Amioun près de Tripoli au Liban. Bloomberg l’a listé parmi les 50 personnes le plus influentes en 2011.

Diplômé de Wharton et professeur à l’Institut Polytechnique de New-York, NNT fut entre autres conseiller scientifique du FMI après avoir exercé pendant 20 ans sur les marchés financiers.

Mais ce qui a rendu très célèbre cet écrivain spécialisé dans l’étude des risques et de l’incertitude, c’est la théorie du cygne noir expliquée dans le best seller mondial : “Le cygne noir : La puissance de l’imprévisible” 

La théorie du cygne noir repose sur une anecdote très visuelle. Pendant des millénaires on avait rencontré que des cygnes blancs. Sur la base de l’expérience et du bon sens, tout le monde pensait que les cygnes ne pouvaient être que blancs. C’était une évidence jusqu’à la découverte d’une nouvelle espèce, noire, en Australie.

Nassim Taleb file donc la métaphore et nomme “cygnes noirs” tous les événements improbables qui présentent les 3 caractéristiques suivantes :

1) Ils surprennent totalement lorsqu’ils surviennent
2) Ils ont des conséquences énormes
3) Ils apparaissent logiques et tout à fait prévisibles après coup.

Parmi les très nombreux cygnes noirs récents on peut citer le 11 Septembre, l’apparition d’internet, celle de l’ordinateur portable, l’effondrement de l’URSS, Fukushima ou un plus loin dans le temps le déclenchement de l’opération Barbarossa et Pearl Harbor.

Ces deux derniers exemples intéressent tout particulièrement Tsahal qui a gardé en mémoire la guerre de Kippour ou la deuxième guerre du Liban, pile dans la définition de NNT. L’Armée de Défense d’Israël a donc mis sur pied le programme “Barbur Shah’or” (cygne noir).

Face aux incertitudes croissantes, le défi consiste aujourd’hui à identifier les cygnes noirs et à s’y préparer le mieux possible afin d’en limiter les effets.

Les officiers israéliens recommandent ainsi d’éviter ce que Taleb appelle justement “le syndrome de la dinde de Thanksgiving”.

La dinde est nourrie chaque jour avec beaucoup d’égards. Elle en déduit que la vie est belle dans le meilleur des mondes. Cela dure 1000 jours, jusqu’à la veille de Thanksgiving où son maitre la sacrifie sans qu’elle ait vu la lame effilée du couteau s’approcher de sa gorge.

Les soldats israéliens se voient donc recommander de ne pas vivre dans une bulle de certitudes et de se méfier des raisonnements par induction ou par récurrence. En alternant formation pratique et théorique, le programme “Barbur Shah’or” ou Black Swan est fait pour cela. Sa philosophie pourrait se résumer à “le ciel va vous tomber sur la tête, que faites-vous ?”.

Tsahal a identifié 3 lignes de défense face aux cygnes noirs:

- réduire le nombre des surprises possibles.
– en cas de surprise prendre toutes les mesures utiles pour limiter les acquis de l’ennemi.
– la troisième mesure relève de la contre-attaque et vise à atteindre la résilience et la capacité de décision de l’adversaire (…)

Dans un autre registre “Nohal Hannibal” signalait déjà l’émergence de nouvelles réflexions au sein de Tsahal (voir ici).

La conclusion appartient à l’excellent Taleb : “Il est plus difficile de perdre à un jeu dont on a soi-même fixé les règles”.

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