• Victor III ou le mystère du Pape juif

    Victor III ou le mystère du Pape juif
     
    Yonit MOZES | Il y a 12 heures
     
     

    Le mystère du Pape Victor III n’a jamais été complètement élucidé. Selon qu’il s’agisse de sources chrétiennes ou juives, les versions divergent.

    Selon les historiens classiques, Victor III serait né vers 1026, d’une branche non régnante des ducs Benevento de Lombardie. Fils unique, son désir d’embrasser la vie monastique s’est vivement heurté à l’opposition de ses parents. Après la mort de son père en 1047, il fuit un mariage arrangé et finalement obtint la permission d’entrer au monastère où il fut baptisé Desiderius. Quelques années plus tard, Desiderius s’attacha à la cour de Victor II à Florence

    En 1055, il retourna à sa communauté monacale. En 1059, il fut ordonné cardinal-prêtre.

    Desiderius fut le plus grand des abbés de Monte Cassino. Il reconstruisit l’église et le couvent, fonda une école d’art et rétablit la discipline monastique de sorte que 200 moines vinrent s’établir dans le monastère.

    Desiderius fut ensuite appointé comme vicaire papal par le Souverain Pontife, avec pour fonction de nommer évêques et abbés.

    Assurément l'importance de Desiderius dans l'histoire papale repose sur l’influence qu’il exerça auprès des Normands en faveur du Saint-siège.

    A cette époque, l’Italie était en proie à de nombreuses querelles, notamment entre Normands et Lombards, entre l’Empire byzantin et la Papauté. Durant ces longues années de conflit, Desiderius diplomate du Vatican, essaya sans relâche de rallier chaque partie au Saint-Siège. Finalement, la papauté remporta la victoire sur l’empire et les Normands s’installèrent dans le sud de l’Italie. Suite à la mort du pape Grégory VII, les cardinaux se réunirent pour élire son successeur. Desiderius fut choisi malgré ses réticences à exercer cette haute fonction . Il devint le Pape Victor III en 1086. Mais un an après, sous la pression du peuple qui se révolta, Victor III fut chassé de Rome. Il se retira à Monte Cassino, abandonnant son insigne papal. Ainsi s’acheva son très bref règne et peut-être même sa vie car personne ne sut jamais ce qu’il devint.

    L'histoire chrétienne évoque le Pape Victor III comme un personnage bien moins important que Desiderius le grand abbé de Monte Cassino. Il semblerait que ce fut sa santé fragile qui l'avait rendu réticent à accepter la lourde et prestigieuse charge qui lui avait été proposée. En effet, il paraîtrait que dès la première messe prononcée après sa consécration, il ait été pris de faiblesse.

    Selon les sources juives, l’histoire du Pape Victor III est bien différente.

    Il y a 900 ans environ, vivait à Mayence un érudit du nom de Rabbi Chimon Hagadol, connu pour sa piété, son érudition et ses poèmes religieux. Ce sage avait un fils nommé El Hanan qu’il éduquait dans l’amour et la foi du judaïsme.

    A l’âge de 4 ans, El Hanan tomba gravement malade. Marguerite, la bonne chrétienne qui s’occupait de l’enfant qu’elle aimait beaucoup regrettait cependant qu’il fût juif. Elle nourrissait l’espoir secret qu’un jour elle en ferait un chrétien. Elle fit le vœu que si l’enfant guérissait, elle l’enlèverait pour le conduire au monastère où il grandirait en bon chrétien.

    Rabbi Chimon jeûnait et priait pour le rétablissement de son fils bien-aimé. Pessah arriva. Lors du Seder, le miracle se produisit : la santé d’El Hanan s’améliora. Bien qu’encore faible, le garçon participa à la fête et posa les 4 questions traditionnelles.

    Le lendemain, les parents se rendirent seuls à la synagogue, laissant l’enfant à la maison avec Marguerite. A leur retour, quelle ne fut pas leur stupéfaction : El Hanan et la bonne avaient disparus. Toutes les recherches pour les retrouver restèrent vaines.

    Marguerite avait, comme promis, conduit l’enfant encore malade et affaibli par le voyage, au monastère où elle se dévoua pour le sauver. Cependant, El Hanan rechuta et perdit même la mémoire. Il oublia ainsi qu’il était Juif.

    Un moine s’occupa de son éducation religieuse et le prépara à entrer dans les ordres du monastère. El Hanan fut baptisé sous le nom de Félix. Il se révéla très doué pour les études.

    Il fut alors envoyé à Rome pour y poursuivre des études supérieures. Il parvint de la sorte aux plus hautes charges ecclésiastiques. Le Pape Grégoire VII le nomma évêque puis cardinal et l’envoya souvent comme représentant du Vatican pour des missions diplomatiques.

    Un an après la mort du Pape Grégoire VII, Félix fut élu pape et prit le nom de Victor III.

    Mais une question ne cessait de le tourmenter lui qui croyait avoir été abandonné : qui étaient ses parents ? Devenu cardinal, il tenta d’enquêter auprès du monastère mais le complice de Marguerite, le seul qui eût pu le renseigner était mort. Alors Félix se résigna.

    Un jour, Victor III reçu une demande d’audience privée de la part du rabbin de Mayance concernant un décret persécutant les Juifs en raison de leur appartenance religieuse. L’entrevue fut très cordiale et amicale. Le Pape promit au rabbin d’intercéder auprès de l’évêque local pour annuler ce décret. Les deux hommes en vinrent à parler religion. Le rabbin s’étonna des vastes connaissances bibliques, historiques et hébraïques du Pape. Il lui avoua écrire des poèmes religieux, ce qui intéressa fortement le Pape qui lui demanda aussitôt de lui en montrer quelques uns.

    Alors le rabbin lui confia : « En parlant de piyout (poèmes religieux), je ne peux m’empêcher de penser à celui écrit pour mon enfant enlevé alors qu’il avait 4 ans. »

    « Puis-je le voir ? » demanda le Pape. En le lisant, le souverain pontife pâlit en reconnaissant les mots entendus dans son enfance et s’exclama « Père, père chéri ! ». Il se jeta dans ses bras.

    Le rabbin répondit : « Comment puis-je t’appeler mon fils, maintenant ? Tu n’es plus mon fils ». Le Pape rétorqua : « Ne m’as-tu pas appris que dieu est plein de grâce envers son héritage ? Que si un Juif s’écarte du judaïsme, dieu dans son amour l’aide à y retourner ? Maintenant, je veux revenir à toi, à mon peuple, à Dieu ! »

    Au collège des cardinaux du Vatican qui se tint quelques jours plus tard, tout le monde attendit en vain le Pape. On le chercha mais nul ne retrouva jamais sa trace. Personne n’aurait pu penser qu’il avait rejoint son peuple, le peuple juif persécuté.

  • les traditions culinaires juives (petit rappel ou pour expliquer aux personnes non juives de ce blog)

    les traditions culinaires juives (petit rappel ou pour expliquer aux personnes non juives de ce blog)

    La cuisine du monde juif

    Les traditions juives se sont dispersées dans le monde, s'enrichissant des cultures qui accueillirent, plus ou moins long terme, la diaspora de ces peuples aux origines moyen-orientales.

    On peut distinguer deux grands courants culinaires :

    - la cuisine juive ashkenaze : Europe centrale, Alsace, Allemagne de l'ouest et du sud- la cuisine juive séfarade : Moyen-Orient et Maghreb.

    Les origines

    séfarades

    On nomme "séfarades" les populations juives vivant ou ayant vécu dans les pays méditerranéens. La cuisine séfarade utilise les fruits et légumes, les viandes de mouton et de boeuf, la volaille et le poisson. Les pâtisseries ont des parfums de miel, d'amande, de datte, de cannelle, elles s'enrichissent d'abricots et de raisins secs, de graines de pavot...

    Durant le Shabbat (du vendredi soir au samedi soir), jour de repos complet sans travail de quelque sorte, les repas du vendredi soir et du samedi sont préparés à l'avance. Traditionnellement, on y déguste plusieurs plats : une entrée avec du poisson, une marmite de ragoût de boeuf et de pois chiche (dafina) ou des boulettes de viande de bœuf, des légumes de saison et du riz ainsi que desserts et gâteaux secs.

    Ashkenaze

    On nomme "ashkenazes" les populations juives vivant ou ayant vécu en Europe centrale, en Europe du Nord, dans les pays slaves. C'est une cuisine de pays froids, nourrissante, à base de produits simples et que l'on peut trouver en toutes saisons : pommes-de-terre, oignons, choux et betteraves, poissons farcis, ragoût de boeuf, poulet.

    Pour le Shabbat,

    il est coutumier de préparer un poisson farci,une marmite de viande aux haricots blancs et à l'orge (la tchoulent), des blinzes (crêpes) ou un stroudel (gâteau fourré de pommes).

     

    Les fêtes religieuses

     

    Ces fêtes qui réunissent les familles sont toujours accompagnées de plats symboliques :

    - Nouvel An (Roch ha-shana) : dans les mets proposés, on devrait retrouver une tête de poisson, du potiron, des carottes, des pommes, des grenades, un gâteau au miel. Il s'agit d'aliments symboles de bonheur et de fertilité, de formes rondes et douces, au goût délicat, velouté.

    - Yom Kippour (2e fête de l'année) : c'est un jour de la purification et de pardon, un jour de jeûne.

    - Soukkot (septembre) : symboles des récoltes et de l'abondance, on sert des fruits, des légumes farcis, des céréales (blé, orge, seigle, avoine, épeautre).

    - Hanoukka (fête des lumières, en décembre) : c'est l'huile qui symbolise ce temps des lumières ; on prépare des fritures salées et sucrées : beignets, croquettes, crêpes.

    - Pourim (début mars) : c'est une célébration très joyeuse où les mets doivent être abondants, où le vin doit couler à flot. Chaque famille va confectionner des Aman Taschen ou Oreilles d'Aman, des gâteaux fourrés aux graines de pavot ou aux noix, (Aman, serviteur d'un roi perse voulait faire disparaître les Juifs du royaume mais son complot fut déjoué par Esther, épouse du roi).

    - Pessah (Pâque juive) : ce sont huit jours de célébrations, avec en particulier, un repas, le Seder, aux composantes très précises comprenant agneau, persil, radis, céleri ou pommes de terre, pommes, dattes, noix, noisettes, oeuf dur, herbes amères, pains azyme.

    - Shavouot (7 semaines après Pessah, en mai-juin) : on célèbre la Torah, la Loi reçue par Moïse; les aliments symboliques sont le lait et l'eau. On consomme donc ce jour-là des mets à base de lait : tourtes au fromage, latkes (croquettes), yaourts, blintzes (crêpes) au fromage blanc, flan, etc.

     

    Parlons cuisine

    Quelques-uns des nombreux plats composant ces préparations traditionnelles :

    Cuisine séfarade

    Dafina ou Tfina : plat complet à base de viande de bœuf , d'œufs, riz, blé, pois chiches, pommes de terre et boulettes de pain azyme. La dafina doit mijoter une journée, à feu très doux. C'est le plat traditionnel du Shabbat, accompagné d'artichauts ou de petits pois.

    Poulet aux pois chiche : tajine aux pois chiche, aux oeufs et à la viande de veau.

    Méguena : pâté aux oeufs et aux légumes cuit au four.

    Belstel : chaussons de viande hachée enroulés dans une feuille de brik, frits dans l'huile.

    Hreime : poisson à la sauce tomate, très épicée, au piment, ail et cumin (loup, bar, cabillaud).

    Houmous : purée pois chiche à la pâte de sésame (tahin).

    Shawarma : préparation épicée de viande ou de volaille ou de légumes dont on fourre une pita.

    Tahina : sauce aux graines de sésame et au citron dont on assaisonne salades, poissons ou viandes)

    Pita : petits pains peu levés que l'on fourre de hachis de viandes, légumes ou poisson.

    Desserts

    Gâteau au miel et aux dattes : pâtisserie confectionnée avec chapelure, farine, levure, oeufs, miel, noix et dattes hachées.

    Haroset : salade de fruits composée de pommes en dés, dattes, abricots secs et noix hachés. Les fruits arrosés de vin doux et relevés de gingembre moulu peuvent macérer un ou deux jours au réfrigérateur. Traditionnellement on sert ce dessert à Pessah.

    Yoyos de Pourim (beignets)

    Cuisine ashkenaze

    Ragoût de boeuf aux champignons : boeuf en cubes, ail, moutarde, vinaigre, vin, champignons; le tout doit mijoter lentement.

    Kreplach : bouchées de pâte garnies de viande ou de pommes-de-terre, de chou, cuites à l'eau et que l'on sert avec une sauce tomate ou avec un bouillon de poulet.

    Gehakte leber ou hachis de foie : foies de volaille et oignons poêlés, mixés avec des oeufs durs. Ce hachis se sert tiède ou froid.

    Chou rouge aux pommes : plat aigre-doux composé de chou rouge émincé, de pommes, cuit avec du vinaigre et de la gelée de groseilles.

    Tchaktchouka : omelette aux légumes (tomates, poivrons, piments, oignons).

    Latkes : galettes de pommes-de-terre et d'oignon.

    Kneidalah : boulettes de farine azyme accompagnant un consommé de poulet

    Gefilte fish : poisson farci ou boulettes de poisson blanc que l'on sert avec une sauce au raifort.

    Bagel : petits pains cuits à l'eau et dorés au four.

    Desserts

    Compote de fruits secs : pruneaux, abricots, raisins, pommes, poires, assaisonnés de citron, de cannelle et clous de girofle, mijotés à feu doux.

    Latkes au fromage : galettes de fromage blanc et farine parfumée à la cannelle et que l'on sert avec une confiture d'abricots.

    Mandelbrot : gâteaux secs au beurre et aux amandes.

    Oreilles d'Aman ou Hamann Taschen : pâtisserie à base de pâte farcie à la confiture ou aux noix, aux amandes, dattes, etc.

    Stroudel aux pommes : pâte fine composée de farine, fromage frais et beurre, farcie d'une purée de pommes, raisins secs et amandes hachées. Le gâteau est roulé et cuit

    Les prescriptions alimentaires de la religion (Kashrout)

    La viande

    La viande doit provenir d'animaux abattus suivant les rites, sans maladie ni blessure.

    Les animaux consommables sont :

    le boeuf, le mouton, la chèvre, le cerf, la gazelle, le daim, le bouquetin, l'antilope, l'oryx et la chèvre sauvage.

    Les animaux interdits à la consommation sont

    : porc, cheval, lapin, chameau, félins, chien, lièvres, sangliers et tous animaux tués à la chasse.

    Pour la volaille, sont autorisés tous les oiseaux se nourrissant uniquement de graines : poules, oies, dindes, quelques espèces de canards domestiques et de pigeons.

    Sont interdits : le faisan et l'autruche.

    L'abattage doit être pratiqué par un abatteur particulier, le "Cho'het", avec un couteau dont la lame ne doit présenter aucune aspérité. Tout autre mode d'abattage est interdit. Un examen interne doit être pratiqué pour s'assurer de la santé de l'animal, sinon la viande est rejetée. Certaines parties du corps sont éliminées rituellement (certains vaisseaux sanguins, des parties graisseuses, des entrailles, des muscles de la hanche, le nerf sciatique). On considère habituellement que seuls sont consommables les morceaux au-dessus de la 14ème côte.Le sang doit être retiré en totalité, selon des méthodes bien précises et avec des instruments réservés à cet unique usage.

    Le poisson

    On ne mange ni fruits de mer ni poissons sans écailles (requin, dauphins, etc).

    Les végétaux

    Les fruits : Ils doivent provenir d'arbres ayant plus de 3 ans.Les fruits et les légumes ne doivent contenir ni insectes ni larves d'insectes.

    Le pain azyme

    Le pain azyme est un pain non levé, constitué d'eau et de farine. Cette farine, dans la cuisine juive rituelle, est élaborée avec un blé protégé de toute humidité; on l'appelle alors "farine de matza". La pâte ne doit absolument pas lever et, pour ce faire, doit être pétrie pendant moins de 18 minutes puis mise au four immédiatement.

    Les mélanges d'aliments

    On ne doit pas mélanger les aliments carnés et les aliments lactés. Chacun de ces produits doit être manipulé et cuit avec du matériel strictement destiné à chacun.

    Le matériel de cuisine

    -Une vaisselle spéciale est utilisée pour les préparations culinaires de la fête de Pessah (casseroles, couverts, plats, etc.)- une vaisselle spéciale est utilisée pour les aliments lactés (casseroles, couverts, plats, etc.)- une vaisselle spéciale est utilisée pour les aliments carnés (casseroles, couverts, plats, etc.).Le rangement, le lavage, l'essuyage doivent être strictement réservés à chacun de ces matériels.

  • Panetta : l'Iran aura la bombe d'ici un an

    Panetta : l'Iran aura la bombe d'ici un an
    Lundi 30 janvier 2012 (source guysen news)
    Le secrétaire d'Etat à la Défense américaine déclare qu'il faudra environ un an à l'Iran pour fabriquer une arme nucléaire, et réaffirme que les Etats-Unis sont prêts à tout pour contrecarrer les ambitions nucléaires du régime.

    Interrogé dimanche 30 janvier par le programme « 60 minutes » de CBS, le secrétaire d’Etat à la Défense américaine, Leon Panetta, a déclaré que l’Iran aurait développé la bombe atomique d’ici un an, et son dispositif de lancement d’ici deux à trois ans.

    « Les Etats-Unis, et le président [Barack Obama] a été très clair sur ce point, ne veut pas que l’Iran développe un armement nucléaire », a déclaré Leon Panetta. « C’est une ligne rouge pour nous. Et c’est évidemment une ligne rouge pour les Israéliens, nous partageons donc un but commun. »

    Le secrétaire d’Etat a également réaffirmé qu’aucune option n’était écartée pour empêcher l’Iran de produire une arme nucléaire, y compris une action militaire.

    « Le consensus est que s’ils [l’Iran] décident de le faire, cela leur prendra probablement un an pour être capable de produire une bombe et ensuite potentiellement encore un an ou deux pour l’adapter sur un certain type de véhicule lançable, afin de pouvoir tirer cette arme », a explique Leon Panetta.

    Dans un rapport de l’AIEA publié en novembre dernier, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique déclarait que les renseignements de plus de 10 pays ainsi que ses propres informations indiquaient que l’Iran avait conduit des activités relevant du développement d’armes nucléaires, et listait 12 zones suspectes.

    Dans son allocution de mardi 24 janvier, le président Obama a déclaré qu’une solution pacifique était encore possible avec l’Iran, mais a refusé d’écarter l’option militaire.

    « Ne laissons planer aucun doute : l’Amérique est déterminée à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, et n’écartera aucune option pour parvenir à ce but », avait-il déclaré, déclenchant une ovation de l’assemblée.

  • Souviens toi… 30 janvier

    Souviens toi… 30 janvier
    Par Claude Bensoussan pour Guysen International News - Lundi 30 janvier 2012
    DR - GIN

    Mémoire...


    1349

    La communauté juive d'Ulm (Allemagne) subit les conséquences de l'épidémie de peste noire. Le conseil municipal tente en vain de protéger les juifs contre la foule enragée. Il doit céder. Toute la communauté juive de la ville périt.

    La communauté juive de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) est accusée d'empoisonner les puits afin de propager la peste et de faire mourir les chrétiens. Tous les juifs, excepté les femmes enceintes et les enfants, sont brûlés sur le bûcher. Comme le veut la coutume de l'époque, les enfants sont baptisés afin que leur âme n'aille pas en enfer.

    1544

    Un décret promulgué par le roi Ferdinand Ier expulse les juifs des villes d'Autriche possédant le privilège de refuser leur présence (De non tolerandis judaeis).

    1942

    150 adolescents du ghetto d'Otvock (district de Varsovie) sont déportés au camp d'extermination de Treblinka, créé depuis peu.

    1944

    Un transport de Milan (Italie) arrive au camp d'extermination d'Auschwitz. Les 563 déportés juifs sont gazés quelques heures après leur descente du train.
  • Je t'aime pour ce que tu es...

    Je t'aime pour ce que tu es...
    Par Rony Akrich pour Guysen International News - Lundi 30 janvier 2012
    DR-GIN

    La conscience morale et l'intégrité sont des vertus émérites, je dirais altruistes car l'être est jugé comme un impératif moral et un idéal en soi.
    L'adage de Rabbi Akiba est proverbial: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même », de son côté Hillel déclare: «Ce que tu n'aimes pas que l'on te fasse, ne le fais pas à autrui», rajoutons sans hésitation aucune: «Parce qu'il est comme toi-même

    Désirer collaborer sincèrement au Projet divin de l'homme, c'est avant tout être apte à me délivrer de mon égo, à laisser vacant un espace à l'autre, car si je suis prisonnier de mon Moi, me rapprocher de D.ieu deviendrait très vite irréalisable. Exclure mon amour-propre et arriver à aimer mon prochain n'est certes guère aisé à mettre en pratique, mais réussir à franchir ce cap, me permet enfin de caresser le sentiment d'amour de D.ieu.
    Cela nécessite incontestablement beaucoup de patience, de pertinence et d'opiniâtreté, il s'agit là d'un attribut qu'il faut entreprendre dès la plus tendre enfance, lui permettre un plein essor et une croissance perpétuelle, atteindre une dimension de l'amour où le bonheur d'autrui me contente et m'enchante.
    On accède fréquemment à cette étape vers la fin de l'adolescence, aux prémices de la maturité intellectuelle, là où subitement dans ce moment opportun on nous autorise, en quelque sorte, à percevoir «l'âme sœur», à concevoir à ses cotés un foyer où s'écrirait, page après page, l'histoire d'un amour pour autrui, qu'il soit homme ou qu'il soit D.ieu.
    Il n'est certes pas fortuit qu'Hillel emploie un énoncé négatif pour expliquer à un prétendant à la conversion le condensé même de la Torah. Si notre éminent Maître a voulu synthétiser de cette manière la totalité des faits et gestes à même d'être préjudiciables pour le prochain, c'est aussi afin de mieux traduire leurs pleines expressions dans l'équilibre collectif de la société.
    Nous voyons ici que la formulation négative employée par Hillel ne vient pas exclure les devoirs d'amour positifs envers autrui: elle vient seulement expliquer l'étendue et la gravité de nos responsabilités face à notre prochain et face à la communauté. Sans vouloir donner une réponse exhaustive à la question posée, ce grand Sage s'applique uniquement à nous indiquer la bonne direction à prendre.
    L'idéal suprême est la survie de la communauté humaine, comme le mentionne toujours les Maximes de Nos Pères: «Prie pour la survie du royaume, car sans sa crainte salutaire, les gens se dévoreraient les uns les autres» (II, 2).
    Ce propos obtiendraient certainement l'assentiment des philosophes Bacon et Hobbes qui récupérèrent la pensée de Plaute : «Homo homini lupus - l'homme est un loup pour l'homme».
    L'existence humaine est agitée par une perpétuelle inimitié de l'homme à l'égard de ses frères, ces penseurs nous invitent donc au lâcher prise et l'abandon de cette hostilité empêcheuse de vivre une existence morale vis-à-vis d'autrui. Leur argumentation demeurera purement fonctionnelle et intéressée.
    Cette cupide moralité servirait d'arrière plan au célèbre «contrat social» préconisé par le philosophe Rousseau, où selon lui, l'Etat n'aurait d'autre fonction que celle d'une société d'assurances à l'échelle de la collectivité. Elle exigerait bien entendu d'inévitables renoncements au profit d'autrui, mais tout cela afin de pouvoir également profiter des autres prestations.
    Selon cette théorie, l'altruisme ne serait qu'un égoïsme intelligent, la conscience morale, l'intégrité, l'amour et l'amitié envers autrui n'auraient d'autre finalité que de se faire du bien à soi-même et non point le bien pour notre prochain.
    Notre opinion s'associe aux intentions du philosophe Emmanuel Kant, qui contestait violemment la moralité fonctionnelle recommandée par Hobbes, et estimait que cette mentalité ne pouvait être sincèrement confondue au bien par excellence. Certes, tout cela n'est pas vain, mais ne peut prouver la perfection, car selon Kant il faut faire le bien pour le bien.
    Les rapports humains sont aussi difficiles que l'existence elle-même, ils sollicitent une réaction conforme à soi même, ils somment ce dernier à demeurer lui-même, tout en y découvrant la force de générer ce que tout rapport exige.
    Nous ne traitons pas ici de question intellectuelle, mais d'une mise à feu de l’affectivité. C’est sur ce terrain là que nous sommes le plus fragile et aussi le plus solide, le cœur est faible parce que par essence il ne peut que légèrement se tester lui-même dans l'offrande du sentiment.
     
    Le sentiment est le verbe de l’âme, leur prêter l'oreille c’est être à l'écoute de son essence.
     
    Quelle douleur de ne pas pouvoir ouïr le dire de cette âme, de poursuivre nos esprits asservis, d'entretenir la construction de nos mirages pour essayer d'intégrer de force une réalité dans un contenant qui jamais ne l'admettra.
    Mon prochain n’est ni ce que je me représente, ni ce que je désire et il n’est pas arrivé là, d'aussi loin qu'il soit à la surface de mon petit monde, uniquement pour m'assister. Il est libre et je dois lui offrir sa liberté d’être ce qu’il est afin que je sache approcher avec lui la plénitude de la relation.
     
    L’amour n’ôte pas la liberté, il l'accorde, aimer c’est célébrer la liberté de mon prochain.
     
    L'énigme est justement là, lorsque nous offrons de l’amour sans rien espérer en retour, le voici soudain qui nous aborde à pas de velours.
    Entrevoir la flamme divine briller en chaque individu provoque naturellement mon être à s'ouvrir et à se déployer à la rencontre de mon prochain.
    Le Maharal de Prague, dans son ouvrage Nétivot 'Olam, écrit: «Si vous aimez D.ieu et que vous n'aimez pas Ses créatures, cela signifie en fait que vous n'aimez pas D.ieu: nous devons toujours nous rappeler que la lumière divine et le souffle divin inondent Ses créatures.»
    Ben Azay objectait à son beau père qu'il se trouvait un principe plus grand encore que celui qu'il prônait: «L'Homme a été créé à l'image de D.ieu.» si le fondement de notre amour pour l'Eternel s'avérait authentique alors nous devrions par conséquence aimer l'homme.
    Kant lui-même, homme pieux, souhaita composer une morale sans D.ieu, mais le philosophe Schopenhauer raconte, concernant ce genre d'idéal, l'histoire d'un homme qui, arrivé à un bal masqué, entra en grande conversation avec une femme dont il n'apercevait pas le visage. Contrairement à son épouse, celle-ci le passionnait par ses sages paroles, ce n'est qu'à minuit, lorsque les masques tombèrent, que cet homme eu la surprise de constater qu'il avait passé la soirée à converser avec sa femme.
     
    La leçon de Schopenhauer accuse la doctrine de la «rationalité morale». Selon lui, le philosophe Kant s'était affublé d'un voile sous lequel se dissimulait la foi en D.ieu, en clair, l'athée aimant son prochain est un fidèle qui se méconnait, c'est un homme qui, sans se douter, reste sensible au divin.
    Il ne parvient tout simplement pas à assimiler le vocable religieux, mais la passion de ses sources subsiste sincèrement, il demeure épris de son Créateur, et ce sentiment s'exprime au travers de ses rencontresavec autrui.
    La moralité doit être unanime, elle doit pouvoir concerner l'ensemble de l'Humanité, il s'agit bien ici d'un argument essentiel pour décrire la conscience morale des hommes. Aussi doivent-ils se considérer comme les codificateurs planétaires et examiner leurs comportements selon cet indice, car dans l'éventualité où ces derniers ne sauraient être universellement approuvés, c'est qu'ils seraient bel et bien corrompus.
    L'amour authentique est l'amour de tous, celui des justes et aussi, mais cela est plus pénible, des détestables. Dans la proverbiale leçon de Hillel cela transparaît très nettement: «Tu dois être des disciples d'Aaron, qui aime la paix et poursuit la paix, qui aime les humains et qui les rapproche de la Torah».
    De quels humains parlons-nous?
    Il ne s'agit certes pas des Justes déjà fidèles à la Torah, et n'exigeant nullement qu'on les connecte au besoin de la foi mais bien de ceux qui requièrent notre amour malgré leur séparation d'avec la Torah.
    N'imaginez surtout pas que nos sentiments puissent être intéressés. Il n'est pas question ici d'aimer les Humains afin de les amener au repentir et à une pratique fonctionnelle des lois de la Torah, mais seulement d'apprendre à les aimer.
    C'est par amour que les êtres se rapprochent, lui, qui annonce le message émis par la Torah et il est manifeste que cet amour des créatures concerne l'Humanité tout entière.
    Rabbi Haïm Vital de Calabrèse, le réputé élève du Ari, écrit dans son ouvrage, «Les Portiques de la Sainteté»: «L'amour engage tous les individus y compris les non-juifs».
    Dans les «Maximes de Nos Pères», Rabbi Akiba partage avec nous une double leçon: «Il est cher l'homme, qui fut créé à l'image de D.ieu», voila donc une réalité irréversible.
    Si un individu se comporte comme un animal farouche, il n'en reste pas moins, dans son principe vital, dans son identité profonde, à l'image de D.ieu et donc inestimable, ce qui ne veut pas dire, libre d'agir à sa guise bien entendu. Le Rabbi continue: «Il est certain que la conscience d'être créé à l'image de D.ieu et le fait d'agir en conséquence, confère à l'homme une valeur supplémentaire». On doit donc différencier deux degrés:
    L'amour des êtres en tant qu'êtres créés à l'image de D.ieu
    L'amour des êtres en conscience d'être à l'image de D.ieu.
     
    «Chers sont les enfants d'Israël qui sont appelés enfants de D.ieu». La personnalité profonde, perpétuelle et définitive des enfants d'Israël concorde parfaitement avec cette appellation «d'enfants de D.ieu», quel que soit leur conduite ou leur degré d'assimilation.
    Incontestablement, «ils sont une valeur ajoutée s'ils reconnaissent qu'ils sont appelés enfants de D.ieu». C'est à dire, selon Rabbi Akiba, plus un Juif se rapproche des valeurs du Père Créateur, plus il fera l'objet d'une tendresse nouvelle.
    Aucune contestation possible entre ces deux leçons: l'amour du peuple juif enseigné par Aaron et l'amour des hommes professé par Abraham. Filiation identique de maitres et direction analogue de pédagogies sociales. Chaque nation, chaque race, chaque culture possèdent des propriétés qui lui sont propres, mais il est un dénominateur commun qui dépasse tout particularisme.
    De même, le peuple juif est partagé en toutes sortes de factions, clans, tendances, mais ce qui l'unit est infiniment plus grand.
    Quand on a totalement oublié l’unité humaine, alors se pose la question de la reconnaissance de la diversité pour la différence.
    C'est aussi par réflexe contre les dictatures, que la pensée contemporaine en est venue à accepter que la compréhension d'autrui doive être conçue sur la reconnaissance de la différence.
    Confrontés à l'ordinaire avec le danger du racisme, nous sommes devenus très exigeants quant au respect de la différence.
    L’autre, l'étranger, a droit de cité parmi nous et il est hors de question de déraper vers un quelconque jugement qui établirait une séparation édifiée sur la couleur de peau, la race, la langue, la culture, les manières de vivre etc.
    La différence doit être admise pour ce qu'elle est, acquise comme un fait, de la même façon que nous admettons comme un fait la diversité au sein de la nature. Après tout, dans un bouquet, l'œillet est différent de la rose ou du mimosa.
    C'est cette diversité qui offre à l'unité ses ressources, sa prospérité, sa joie et son devenir.
    Or, dans la communauté des hommes, il paraît que la diversité crée aussitôt des difficultés, il nous est curieusement pénible de souffrir la différence humaine comme telle. A partir du moment où le concept de l’autre montre son nez dans le langage, l'instinct de dualité est là, l'instinct de divorce devient pointu, et dès lors l'échelle de ce qui est Autre choit très vite dans l'étranger, voire ce qui est assurément l'ennemi, car inaccessible de notre point de vue, de notre idée du même, de notre culture.
    La conception et l'entendement de cette unité évidente résultent surtout de la maturité de croissance psychique d'un individu.
    Dans la Torah, il n'est point d'homme ou de femme non aimable au sens étymologique du terme, non en mesure d'être aimé.
    La Halakha ne distingue pas des êtres qu'il faut aimer et d'autres qu'il ne faut pas aimer. Elle distingue un être aimant et un être non aimant. Un être aimant, c'est un être normal, un être normal de la normalité qui précède la Torah. Point n'est besoin pour aimer les êtres, d'être un Juste ou un Sage.
    Aimer les êtres, c'est la Torah sur «un seul pied». Celui qui ne possède pas cette faculté élémentaire, l'être non aimant, est un être en état de décomposition, de ruine du point de vue de la valeur d'être Homme.
     

  • Souviens toi… 29 janvier

    Souviens toi… 29 janvier
    Par Claude Bensoussan pour Guysen International News - Dimanche 29 janvier 2012
    DR - GIN

    Mémoire...


    1942

    Les SS massacrent 2 000 juifs dans le camp de concentration de Domanevka (R.S.S. d’Ukraine).

    1943

    1 000 juifs quittent Berlin à destination du camp d’extermination d’Auschwitz.

    Déportation de 1 000 juifs du ghetto de Theresidenstadt au camp d’extermination d’Auschwitz.
    20 hommes, femmes et enfants sont immédiatement envoyés dans les chambres à gaz, où ils périssent asphyxiés.
    80 femmes sont sélectionnées pour le travail forcé au camp d’Auschwitz II-Birkenau.
    120 jeunes gens sont affectés à la construction de routes.

    659 juifs sont déportés du camp de regroupement de Westerbork (Pays-Bas) au camp d’extermination d’Auschwitz.