• Nous défendrons ensemble, avec les Juifs, la civilisation contre la barbarie ».

    « Nous défendrons ensemble, avec les Juifs, la civilisation contre la barbarie ».

    lu sur www.migdal.org

    Reinharc dans le dernier Israel Magazine

      « Nous défendrons ensemble, avec les Juifs, la civilisation contre la barbarie ».

    PH de Villiers par David Reinharc pour Israel Magazine

     

      Dans la serie des grands entretiens d'intellectuels, homme politiques et artistes réalisés par David Reinharc*, Philippe de Villiers a accepté de se préter au jeu des questions-réponses.
      David Reinharc : Vous sortez actuellement : « les mosquées de Roissy » (Albin Michel) dans lequel vous utilisez des notes des services secrets français marqués du sceau du secret-défense. A en divulguer le contenu, ne craignez-vous pas d’ être poursuivi par le gouvernement français ?
      Philippe de Villiers : Le principe du secret défense, c’est de protéger la « défense nationale ». On parle en droit du secret de la défense nationale. Je ne publie pas des documents classifiés de bon gré, mais contraint par une situation gravissime, où le pouvoir politique, informé par des notes d’alerte nombreuses et inquiétantes depuis près de dix ans, n’a pris aucune mesure pour protéger justement, la « défense nationale ». Faudra-t-il un 11 septembre en France pour que des mesures drastiques soient prises ? Il était de mon devoir de publier de tels documents. L’état d’infiltration et d’islamisation du pays a atteint un degré inacceptable, si nous laissons la table pourrir encore quelques mois, le premier qui frappera du poing la verra s’effondrer. Je veux éviter d’en arriver là.
      DR : Vous révélez l’islamisation de Roissy. Les Israéliens ou les Français voulant se rendre en Israël peuvent-ils continuer à prendre l’avion, dans les structures aéroportuaires parisiennes, en toute sécurité ? Ou vaudrait-il mieux faire un détour par Londres, Madrid ou un aéroport de Province…?
      PdV : Il y a en moyenne huit vols par jour en partance de Roissy à destination d’Israël. Ce qui représente environ 3000 vols par an décollant de Roissy pour atterrir en Israël. A la lecture de mon livre, vous découvrirez malheureusement qu’un vrai risque pèse sur l’ensemble des vols mondiaux, tant l’infiltration est profonde. Plusieurs islamistes en relation avec des organisations terroristes comme le GSPC ou Ansar al Islam travaillent par exemple dans des sociétés de bagagistes, qui mettent vos bagages dans les soutes, que dans les sociétés qui font le ménage dans les avions ou dans les sociétés de sécurité privées qui contrôlent les passagers lors de l’embarquement… En ayant laissé la situation s’aggraver par peur d’une inflammation –un rapport d’audit du ministère de l’intérieur français parle de Roissy comme, je cite, d’une « poudrière »- les politiques français sont responsables d’une menace qui pèse sur l’ensemble des destinations.
      DR : Si je brosse votre portrait en ayant recours à la citation du titre du beau livre de Jünger, le Traité du rebelle, est-ce que vous en acceptez l’appellation?
      PdV : Si être rebelle c’est avoir seul le courage de dénoncer l’islamisation de la France, alors oui, je suis un rebelle. Je me rebelle contre cette classe politique française lamentable de mensonges et de démagogie, qui alors qu’elle dispose de remarquables services de renseignement qui l’ont informée d’une situation intolérable et dangereuse, est terrorisée à l’idée d’une prise de mesure. La France se couvre de voiles à mesure que la classe politique se voile la face sur l’islamisation profonde du pays…
      DR : On constate, de plus en plus, des transferts du FN vers le MPF. Etes-vous, par ce baiser de la mort, en train de faire perdre la bataille des signatures à Le Pen ?
      PdV : Cette bataille ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un politicien mais un patriote, ceux qui nous rejoignent sont les bienvenus d’où qu’ils viennent. Et puis en se positionnant en faveur de la bombe atomique islamiste iranienne, Jean Marie Le Pen s’est durablement décrédibilisé. En 2007 les français jugeront…
      DR : On connaît les dérapages de Le Pen sur la Shoah et sa complaisance envers les négationnistes.
      Quel est votre position à l’égard des « assassins de la mémoire » et faut-il selon vous, punir ceux qui, s’auto-proclamant historiens, nient la Shoah ?
      PdV : Je suis comme vous le savez fils d’un médaillé de la résistance qui a été emprisonné et torturé par les nazis au camp de Lübeck. Le négationnisme est une abomination et je considère évidemment qu’il doit être puni. Quant aux historiens autoproclamés, l’histoire les jugera mieux que la loi… Mais vous savez, il y a un triste parallèle entre la situation actuelle et la manière dont, en 1938, les élites avaient la tête ailleurs, fredonnant face au péril qui montait la mélopée de « l’apaisement ». Quand aux intolérables dérapages de Le Pen, ils ne m’ont malheureusement jamais surpris venant de lui…
      DR : Votre position face à nucléarisation de l’Iran ?
      PdV : Aujourd’hui un danger grave, demain, si rien n’est fait, un drame historique… La bombe nucléaire aux mains des islamistes est la pire chose qui puisse arriver au monde dans les années à venir. Mais malheureusement, l’Iran n’est pas la seule menace, je m’inquiète d’ailleurs particulièrement de la situation du Pakistan après Musharaf…
      DR : Dans la guerre contre l’axe du mal formé par les islamistes du Hamas, de l’Iran et les Syriens, et contre l’alliance islamo-progressiste antichrétienne, antioccidentale, antiaméricaine et antisémite, Israël vous paraît-il un allié naturel ?
      PdV : Tout en nous gardant de tout messianisme, nous devons agir avec pragmatisme en nous attaquant aux véritables menaces. Aujourd’hui, la grande menace internationale est le terrorisme islamiste qui sévit dans les bus ou les restaurants israéliens mais aussi dans les grandes capitales européennes. Dans cette perspective, l’alliance des opposants à cette nouvelle barbarie est une évidence. Elle doit dépasser les clivages, quelques chefs d’Etats arabes luttent efficacement et honnêtement contre le fanatisme islamiste, eux aussi sont des alliés potentiels.
      DR : Distinguez-vous l’antisémitisme d’extrême-droite néo pétainiste et celui issu des discours islamo-progressistes ?
      PdV : Les deux sont terrifiants, mais je crois que ce nouvel antisémitisme des banlieues est une menace immédiate alors que l’antisémitisme d’extreme-droite est le fait de quelques groupuscules néonazis en voie d’extinction. Dans ces banlieues, il y a une augmentation frappante des agressions à caractère antisémites. Il est devenu impossible à un juif de sortir muni de sa kippa sans risquer d’être insulté ou frappé. Mon équipe et moi-même recevons de nombreux témoignages de juifs excédés par cette menace qui pèse sur leur vie ou sur celle de leur famille.
      DR : Comment interprétez-vous cette « villiérisation » d’une partie de plus en plus grande de la communauté juive ?
      PdV : Je suis heureux de voir que beaucoup de gens de la communauté juive de France se retrouvent dans mon combat contre ce fléau de l’islamisation. Mes relations avec la communauté juive ont pour autant toujours été chaleureuses. Les juifs de France sont les premiers touchés par ce phénomène et ils savent qu’ils peuvent compter sur ma détermination pour les défendre. Nous défendrons ensemble la civilisation contre la barbarie.

    Retrouvez la suite de l'interview dans le dernier numéro d'Israël Magazine.

      Site Officiel d'Israël Magazine
      * David Reinharc : directeur litteraire, responsable d'Israël Magazine en France, journaliste. david.reinharc@yahoofr

      . Texte libre de droits si sont cités la source et l'auteur.

  • POGROM DANS PARIS Nous voulions la paix ( lu sur Migdal)

    POGROM DANS PARIS Nous voulions la paix ... lire (article du 28/05/06)

    Article lu sur www.migdal.org

    Un article de Charles Dalger dont la logique fait force.

      Ha-séfah de-rechah ou ha-rechah de-séfah ?
      La fin du début, ou le début de la fin ?

      Ce questionnement revient à plusieurs reprises dans le Talmud.
      Les maitres s’interrogent sur le développement de leur argumentation.
      Est-ce la fin de l’introduction, ou bien le début de la conclusion ?
      Sauf qu’aujourd’hui, en France, en ce 28 mai 2006, 1
      er jour du mois de Sivan 5766, nous ne sommes plus dans le pilpoul de la guémara, mais dans l’interrogation très terre à terre, sur le proche avenir des Juifs en France.
       
      Les mauvais procès intentés par des juifs antijuifs, comme ceux de ce dénommé Théo KLEIN, et d’un autre, nommé Eyal SIVAN, contre le toujours gauchiste, FINKELKRAUT, ne nous font plus rire, même jaune. Ils illustrent simplement, l’agonie peu glorieuse d’une galoute qui se croyait permanente. Voilà, notre émouna est mise très concrètement à l’épreuve. Jusqu’en 1993 de l’ère vulgaire, nous avions le choix de monter librement, nous établir chez nous en Israël. Nous avions la faculté d’accomplir cette mitsva centrale de la Torah. Mais, nous prenions notre temps, nous ne voulions pas perdre notre confort, nous ne voulions pas exposer nos vies, ni celles de nos enfants. Comme la génération des années 1930, nous nous sentions bien, et en sécurité dans notre exil. La vie juive prospérait, des yéchivot ouvraient, les écoles juives  se multipliaient, tout comme les restaurants et les supermarchés cachères.
       
      Et puis, à sept à ans d’intervalle, deux cataclysmes se produisirent. D’abord, en 1993, un gouvernement israélien commis la lourde faute, d’accorder sa reconnaissance politique, au gang d’assassins arabes qui voulait, et qui veut toujours, détruire Israël. Le processus du dépeçage du pays était amorcé. Et c’est bien le cas de le dire, aujourd’hui, Seul, le Saint Béni Soit-Il, sait où, et quand il s’arrêtera. Aucun humain ne le sait. Le peuple juif en était à s’interroger sur le bien fondé ou non, de cette folie, quand à Roch Hachana 5761, 30 septembre 2000, les nazislamistes déclenchèrent une attaque, plus vicieuse que les autres. Oui, une attaque vicieuse. Car cette attaque n’a pas meurtri le Peuple Juif que dans sa chair, elle l’a aussi ébranlé dans sa raison d’être, par les profondes déchirures morales, qu’elle a révélées en notre sein. La déportation des mitnahalim du Goush Katif, et la féroce répression de Amona, n’en sont que deux des symptômes, les plus douloureux.
       
      Pour la première fois de son histoire, l’état d’Israël refusa de mettre hors d’état de nuire ses agresseurs, alors qu’il en avait encore, la possibilité matérielle. Beaucoup de Juifs d’exil, incrédules au début, finirent par se demander, si ce pays avait toujours la volonté de vivre, du moins de vivre en qualité de pays juif. L’amoncellement des décisions antijuives, de la cour dite suprême d’Israël, prouve clairement le contraire, à n’importe quel observateur objectif. Mais, en même temps que se lézardait la confiance totale en Israël, à cause de ces décisions suicidaires, de ne pas détruire nos ennemis, pour la première fois depuis la fin de la Shoa, la situation des Juifs d’Europe occidentale commença à se dégrader, en particulier en France. Et c’est maintenant, que notre emounat Hachem est mise à l’épreuve. Que faire ? Où aller ? Beaucoup de Juifs temporisent. Ils changent simplement d’exil. Ils quittent la vieille Europe, prochainement terre d’islam, pour d’autres continents lointains, encore momentanément épargnés par ce fléau, comme l’Amérique ou l’Australie.
       
      En France, la dégradation s’accélère. Après le lynchage politique, après le lynchage médiatique, après les assassinats individuels, voici revenu le temps des bon vieux petits pogroms. Donc, exactement dix jours après les avoir publiquement, ostensiblement, voire officiellement, proférées, un gang d’antijuifs noirs, met ses menaces à exécution, le plus tranquillement du monde. S’il s’agit de bêtes féroces, du moins, ce sont des bêtes féroces disciplinées. Ce dimanche après midi, une troupe en ordre, a paradé en ville, avant de venir occuper la très symbolique rue des rosiers, dans le 4
      ème arrondissement de Paris. Les barres de fer, gourdins, et autres objets contondants, exhibés par le gang étaient superflus. C’était environ cinq tonnes de muscles sauvages, qui menaçaient la population présente. Inutile de préciser que, si un engagement physique s’était déclenché, il y aurait eu des victimes. Mais dans cette histoire, plus que l’agression par l’intimidation, c’est l’attitude de la police qui est choquante. Il parait qu’elle avait ordre, de ne pas intervenir. Peu importe pourquoi, ces questions sont définitivement, sans intérêt. La suite est prévisible. Si cette provocation n’est pas légalement sanctionnée, elle ne peut pas rester impunie. Ce serait le recommencement d’une ère de brimades physiques antijuives.
      C’est probablement à cela, qu’espère parvenir, ceux qui ont donné l’ordre à la police, de ne pas intervenir. Exacerber la provocation, jusqu’à ce que survienne un drame important, pour ensuite avoir des prétextes, contre les fameux «extrémistes des deux bords», chers aux propagandistes. Le piège est vraiment grossier, il s’apparente à un squeeze, comme on dit au bridge. Enfin malgré tout, il existerait bien, une façon élégante et efficace pour en sortir. Mais, ce n’est pas le lieu, pour en dire plus.

      Voilà, à partir d’aujourd’hui, les Juifs de France savent, qu’ils ne peuvent plus compter sur la police, en cas d’agression. Bien sûr, il y a toujours des policiers en faction devant les synagogues pendant les offices. Mais il s’agit de routine. Quand la police sait qu’une agression doit se produire, et qu’elle n’intervient pas, sur ordre, il nous appartient d’en tirer nos propres conclusions, et ces conclusions ne sont pas riantes. Il est probable que le climat va se détériorer. Plus que le nombre réel, la crainte d’agression va pourrir de plus en plus, la vie des Juifs ici. Pour le moment, rien ne permet de déceler le moindre indice d’un changement de tendance. Donc, soit nous nous accoutumons à vivre avec cette crainte, soit nous partons. Beaucoup partiront. Pour ceux qui resteront, la communauté va décroitre. Nos enfants et petits enfants, auront de plus en plus de mal à trouver leurs conjoints. L’assimilation va s’accélérer, sous toutes ses formes, malgré le regain de piété et d’observance, chez une bonne minorité. Mais, le changement d’exil n’est pas la solution.

      Nous avons le devoir de monter nous établir définitivement dans notre pays, quel que soit son gouvernement. Après tout, les gouvernements passeront, le Peuple Juif demeurera, et la Terre d’Israël nous appartient à jamais. C’est sur place, que nous influencerons l’avenir du pays, jamais de loin. A quatre jours de la fête de Shabouôt, où nous commémorons le Don de la Torah, nous devons humblement nous tourner, vers la seule source de notre confiance.

      Charles DALGER, le 2 Sivane 5766 – 28 mai 2006

  • L'Etat d'Israël fête le 25 mai 2006 le 39e anniversaire de la libération et de la réunification de Jérusalem.

    Jérusalem
    2006-05-25 00:58:00

    L'Etat d'Israël fête le 25 mai 2006 le 39e anniversaire de la libération et de la réunification de Jérusalem.

    ''Jérusalem est une ville où le patrimoine et la culture du peuple juif ont leurs racines puisant dans des milliers d'années d'histoire. Jérusalem est le cœur du peuple juif et a été l'objet d'espérances pendant des millénaires, de générations en générations de Juifs dans la diaspora'', a déclaré Zeev Bielski, Président de l'Agence juive (JAFI).

    ''Cette ville a été le cœur et le centre de l'esprit du mouvement sioniste au siècle dernier. Comme l'a dit David Ben Gourion, premier Président de l'Agence juive : ''Notre devoir à l'égard de Jérusalem [remonte aux] jours du roi David et à l'engagement de nos ancêtres à Babylone''.

    Nous continuerons à œuvrer à renforcer les fondations sionistes de l'Etat d'Israël, la réalisation du droit du peuple juif à un foyer national dans la terre d'Israël, avec Jérusalem pour capitale. Nous sommes déterminés à être sur le front du combat contre le terrorisme et l'antisémitisme et à diminuer l'écart dans l'éducation de notre jeunesse dans les zones de priorité nationale, comme le Neguev, la Galilgée et Jérusalem. Nous continuerons à encourager l'aliyah''.

  • Dina m’a raconté (1)… Trois pains et le vent

    Dina m’a raconté (1)… Trois pains et le vent
    Par Paule-Hélène Szmulewicz pour Guysen Israël News
    Lundi 3 avril 2006 à 22:09
    Dina est quelqu’un qui adore raconter des histoires, plein d’histoires et de contes, tellement d’histoires qu’il faudrait des jours et des jours pour les écrire, et elle les raconte à une telle vitesse qu’il faudrait plusieurs mémoires pour les retenir...

    Du temps du Beit HaMikdash (premier Temple), vivait au bord de la mer une vieille femme qui gagnait sa vie en raccommodant les filets des pêcheurs.

    Elle vivait seule, quelques pièces lui suffisaient.
    Quand les pêcheurs rentraient du large un peu avant la nuit, elle les attendait au port, récupérait leurs filets, ravaudait les mailles durant la nuit et les leur rendait le lendemain matin lorsqu’ils repartaient en mer.

    Une nuit, la tempête se leva et la mer fut si agitée que les marins ne purent aller pêcher au matin.
    Le lendemain, la tempête redoubla, se faisant encore plus violente.
    Le troisième jour, il en fut de même. Les pêcheurs ne pouvaient toujours pas sortir en mer.
    La vieille alla les trouver leur disant qu’elle n’avait plus de quoi se nourrir et qu’elle avait besoin d’un peu d’argent. Les pauvres pêcheurs ne purent rien pour elle, ils avaient femme et enfants et se trouvaient eux-mêmes bien embarrassés.

    Au bout de sept jours, la faim tenaillait la vieille femme. Elle décida d’aller à la ferme avoisinante à quelques kilomètres pour demander un peu de grain ou de pain.
    Le propriétaire navré, lui dit qu’il venait de tout donner aux pauvres du village, mais que si elle allait dans la grange elle trouverait bien des grains éparpillés sur quelque étagère et sur le sol, entre les caisses et autour des piliers.
    La vieille ramassa ainsi tous les grains éparpillés, elle put recueillir quelques bonnes poignées de blé qu’elle mit dans un sac et s’en retourna dans sa bicoque près de la mer.

    Elle se mit à moudre le grain, mélangea la farine avec l’eau, pétrit la pâte avec ce qui lui restait de force, en fit trois gros pain qu’elle enfourna aussitôt, se disant qu’elle aurait ainsi de quoi se nourrir durant plusieurs jours.
    Elle allait mordre dans le premier pain, quand une mendiante frappa à sa porte et entra.
    “Je n’ai pas mangé depuis une semaine” dit la mendiante, “donne-moi ton pain”.
    Avant que la vieille dame ne réponde, la mendiante était déjà ressortie de la barraque avec un pain sous le bras.
    La vieille s’apprêtait à prendre le deuxième pain, quand un homme affâmé entra et dit: “ J’ai senti une odeur de pain qui venait d’ici, j’ai faim, donne-moi ton pain”. Et l’homme repartit en courant avec le deuxième pain.

    La vieille dame qui n’avait pas encore goûté à son pain se dit qu’au moins il lui en restait encore un. Elle bloqua la porte avec sa chaise pour que personne ne vienne à nouveau lui prendre le dernier pain qu’elle allait enfin pouvoir manger.
    Mais un vent très fort se leva, si fort qu’il emporta la barraque, la table, la misérable chaise et le troisième pain dans une impétueuse bourrasque, laissant la pauvre femme sans abri ni nourriture.
    “Ribono shel Olam, (Tout-puissant du Monde), dit-elle, qu’est-ce que j’ai fait pour ne pas mériter de manger les pains que j’ai faits?”

    Abattue, elle se mit à pleurer et à crier à qui voulait l’entendre qu’elle voulait faire un procès au vent. “Mais comment vas-tu faire le procès?”
    “Je veux faire un procès au vent… disait-elle, je veux faire un procès au vent”.
    Et quelqu’un lui dit: “Vas voir Shlomoh HaMélèh, lui pourra t’aider”.
    Presque morte de faim, la vieille femme monta à Yérushalaïm et arriva au temple de Shlomoh HaMélèh (le Roi Salomon).
    “Je vais bientôt mourir, voilà plusieurs jours que je n’ai rien mangé, je veux parler au Roi, je veux faire un procès au vent, vite, s’il vous plait, je vais bientôt mourir”.
    Sa voix était faible, son corps épuisé. Shlomoh HaMélèh permit qu’on la fasse entrer et ordonna qu’en premier lieu on lui serve copieusement à manger.

    Viandes, volailles, poissons, gâteaux d’amandes et de crème, boissons, fruits, tout lui fut servi et elle mangea jusqu’à ce que son ventre oublie qu’il avait eu faim.
    Et puis la vieille femme raconta: la tempête et les pêcheurs, le grain, la mendiante et le premier pain, l’homme affamé et le deuxième pain... Et le vent qui lui fauche sa bicoque en bois et son dernier gros pain. “Le vent m’a tout pris. Je veux faire un procès au vent”.

    Entre temps arrivent devant le Roi, deux hommes tenant un coffre rempli de pièces d’or et demandant que le Roi écoute leur histoire au plus vite.
    Shlomoh HaMélèh demande à la vieille femme si elle accepte d’attendre que les deux hommes exposent leur problème. La vieille femme accepta. Elle venait de bien manger, rien ni personne ne l’attendait nulle part, elle avait tout son temps.

    Les deux hommes, un commerçant juif et un commerçant païen, expliquent donc qu’ils s’acheminaient en bateau vers la Grèce pour vendre leurs marchandises, quand un vent violent provoqua une effroyable tempête. Une latte de bois de la coque se fendit laissant passer l’eau qui remplissait peu à peu leur bâteau.
    Alors que le païen invoquait le Dieu de la mer, le Dieu de la lune, toutes les idoles qu’il pouvait, ainsi que les Dieux un par un de toutes les religions, son ami le juif lui dit que ses invocations ne servaient à rien, qu’il n’y avait qu’un seul Dieu, Elokim créateur de l’univers et de la nature, et que c’est à lui qu’il fallait s’adresser.
    Si Elokim avait l’intention de les faire mourir, qu’Il le fasse de suite, et s’Il avait l’intention de les laisser en vie, qu’Il fasse cesser la tempête car Lui seul, dit-il, détient le destin des êtres.
    Ce à quoi, le païen affirma que si Elokim créateur de l’univers et de la nature le laissait en vie, il lui donnerait son trésor en offrande.
    Le vent cessa, un morceau de bois amené par la tempête vint se loger et fermer la fente de la coque, les deux hommes furent sauvés, le bateau reprennait sa course.

    Mais le païen voulut donner son coffre sans plus attendre à Elokim créateur de l’univers et de la nature, comme il l’avait promis, et le juif suggéra de se rendre chez le Roi, Shlomoh HaMélèh, demander conseil.

    Shlomoh HaMélèh, les regarda après qu’ils eurent raconté leur histoire.
    Il questionna: “Que tenez-vous dans la main, autre que le coffre?”
    Ils répondirent: “C’est la planche qui est venue boucher la fente de la coque du bateau, sans cette planche nous serions noyés”.

    Le Roi, Shlomoh HaMélèh, s’adressa alors à la vieille femme: “Reconnais-tu cette planche?”
    La vieille femme étonnée répondit: “Ce n’est pas une planche, c’est mon pain.”

    Brave femme, tes pains ont sauvé quatre vies. Les deux premiers pains ont chacun sauvé un être de la faim, et le troisième pain a sauvé deux vies de la noyade.
    C’est à cette femme que revient le coffre rempli de pièces d’or.

  • Le voeu de l’aveugle ..Dinah m’a raconté (2)

    Dinah m’a raconté – Le voeu de l’aveugle
    Par Paule-Hélène Szmulewicz pour Guysen Israël News

    Dinah m’a raconté une histoire, deux histoires, trois histoires… dix histoires, et j’en ai retenu une…
    C’est l’histoire d’un aveugle qui vivait dans un petit village il y a une bonne centaine d’années.
    Il vivait modestement avec sa femme.
    Dans beaucoup d’histoires, tout commence modestement.

    Tôt le matin, été comme hiver, il se rendait à la synagogue, une simple synagogue avec des bancs en bois rangés autour de la Téva. Il ne manquait pas un jour.
    Ni les pluies du mois de heshvan (novembre) ni le grand froid de tévèth (janvier), ni les torrides chaleurs de tamouz et av (juillet-août) ne l’empêchaient de se rendre à la maison de prière.
    Il priait le matin, il priait minha en début d’après-midi, et il retournait le soir pour maariv. Il ne demandait rien, il priait l’Eternel, il remerciait et il sortait.

    En voyant tant d’assiduité, l’Eternel voulut lui octroyer un voeu.
    Un jour, en fin d’après midi, au moment où le soleil va disparaître sous la ligne de l’horizon, l’aveugle sortit de la synagogue en tâtonnant de son bâton le trottoir dont il connaissait chaque pavé.
    Eliahou HaNavi lui apparut et lui dit :
    -“l’Eternel veut te récompenser de tout l’amour que tu mets dans tes prières, tu peux faire un voeu et il se réalisera”.
    -“Tu imagines, lui dit l’aveugle, le voeu que je voudrais formuler. Ce serait pour moi une joie immense de voir le monde, les arbres qui m’entourent, les couleurs des fleurs, les rues où je passe chaque jour, les hommes qui prient dans cette synagogue… mais laisse-moi réfléchir, je te donnerai la réponse demain.”
    Eliahou HaNavi accepta d’attendre le lendemain que l’aveugle formule son voeu.

    Sur le chemin de la maison, l’aveugle plongé dans ses réflexions savait qu’il ne pouvait penser qu’à lui-même, il fallait qu’il demande l’avis de sa femme sinon elle le lui reprocherait. Certes son souhait de découvrir le monde le remplissait de joie et d’émotion, mais son épouse saurait le conseiller.

    -“Tu es fou, lui dit-elle. Comment est-ce que tu peux demander la vue alors que nous n’avons pas d’enfant. Voilà déjà plusieurs années que nous sommes mariés et que nous attendons… et les années passent. Si tu as un voeu à faire c’est celui de d’avoir un enfant.”

    La femme sans doute avait raison, c’était sûrement plus important d’avoir un enfant que de demander la vue.

    Soudain, l’aveugle se mit à penser à la mère de sa femme. “Oÿ va voÿ” se dit-il, que dira-t-elle si je ne la met pas au courant de ce voeu?
    Le voilà donc en route pour aller s’enquerrir de son avis, d’ailleurs s’il ne le faisait pas celle-ci se fâcherait.
    Il alla donc lui parler de son voeu de recouvrer la vue et celui de sa femme d’avoir un enfant.

    La bonne vieille lui dit: -“Toi tu es un imbécile et ma fille aussi. Recouvrer la vue? Avoir un enfant? Ce n’est pas ça qu’il faut demander. Regarde comme tu es pauvre. Tu as de vieux habits, ta maison se délabre de jour en jour, et tu as tout juste de quoi manger. Ce que tu dois demander c’est la richesse”.

    En sortant de chez sa belle-mère, l’aveugle se trouvait bien embarrassé.
    Il devait donner sa réponse le lendemain matin et il ne savait quoi décider.

    -“Mon D-ieu, viens-moi en aide, je ne sais pas quel voeu choisir, viens-moi en aide pendant mon sommeil, mets en moi l’intelligence et la raison qui me permettront de formuler le voeu le plus sage”.

    Sur cette prière, l’aveugle s’endormit.
    Le lendemain matin, sur le chemin de la synagogue, l’aveugle avec son bâton qui le précédait, marchait lentement pour aller trouver Eliahou HaNavi.
    -“Tu as réfléchi, tu as dormi, peux-tu maintenant dire quel voeu souhaiterais-tu voir se réaliser? Lui demanda Eliahou HaNavi.

    L’aveugle put répondre avec toute la sagesse qui brillait dans ses yeux :
    -“ Je veux voir mon enfant manger avec une cuillère en or”.

    Eliahou HaNavi lui dit :
    -“Brave homme, tu es très fort et plein de sagesse, tu as réussi à formuler trois voeux en un seul.
    Tu dis que tu veux “voir”, tu verras… “ton enfant”, tu auras un enfant… “manger avec une cuillère en or”, tu auras la richesse.

  • Dinah m’a raconté (3)…

    Dinah m’a raconté (3)…
    Les miettes

    Par Paule-Hélène Szmulewicz pour Guysen Israël News
    Mercredi 24 mai 2006 à 21:56
    Les liens menant aux chapitres précédents se trouvent à la fin de celui-ci.

    Dinah m’a raconté l’histoire d’un riche commerçant qui vivait dans une grande ville. Son commerce prospérait chaque année, il se situait dans la rue la plus passante de la ville, il était très connu, on venait des villes avoisinantes pour se fournir chez lui, et lui connaissait tout le monde. Il vendait, il achetait, les jours passaient.

    Et puis un jour il tomba malade, ses jambes lui faisaient mal, ses bras lui faisaient mal, tout son corps lui faisait mal. Il se vit obligé de rester chez lui. Il prit un employé pour le remplacer.
    Mais son commerce aussi se sentait mal, il commença à décliner. Il eut moins de clients, moins de visites, moins d’acheteurs. En quelques mois, la belle boutique se fit moins étincelante, moins approvisionnée, elle n’était plus le centre de la rue. Elle devenait un endroit poussiéreux où l’on hésite à entrer.

    Que se passait-il? Pourquoi tout cela lui arrivait d’un seul coup? Les jours où il essayait de faire quelques pas, ses pas douloureux l’amenaient au fauteuil ou bien le ramenaient à son lit.
    Il décida malgré tout un matin, d’aller demander conseil au Rav de la ville.

    J’avais le plus beau commerce, tout allait pour le mieux, je n’étais jamais malade…

    Dis-moi, lui dit le Rav, tu voyais beaucoup de monde tous les jours… et tu parlais beaucoup… tu parlais du matin au soir… de tout le monde… avec tout le monde… et tu disais un peu de mal de l’un… et de l’autre… et tu disais à l’un ce qui se passait chez l’autre… même sans dire de mal… tu racontais ce qu’avait fait un tel… et tu disais qu’il avait offert un très beau collier à sa femme… et tu racontais qu’un autre avait une nouvelle maison… tu racontais que le fils d’un tel avait quitté la ville… tu disais qu’un autre avait acheté une grande quantité de grain cette année… tu disais qu’un tel t’avait payé avec trois semaines de retard… tu disais qu’un autre avait clôturé son jardin parce que les enfants d’un tel venaient cueillir ses pommes… oui… tu disais la vérité… mais même la vérité c’est du “lachon hara” (mauvaise langue)… tu n’as pas le droit de raconter ce qui se passe chez les uns et les autres… ni de dire ce que l’un a dans sa maison ou dans son champ … même si c’est la vérité…

    Qu’est ce que je peux faire pour réparer, demanda le commerçant, je voudrais retrouver la santé, je voudrais que mon commerce reprenne comme avant, dis-moi, je t’en prie, dis-moi et je ferai ce que tu dis.

    Le Rav lui dit: - Vas acheter vingt pains et reviens me voir.
    Le commerçant s’empressa malgré ses douleurs d’aller acheter les pains et retourna chez le Rav.

    Maintenant lui dit le Rav, tu vas faire des miettes de tout ces pains, et tu vas les éparpiller dans la ville, dans toutes les rues de la ville, et aux alentours de la ville, ainsi les oiseaux se nourriront de tes pains et reviens me voir dans trois jours.

    Le commerçant fit ce que lui dit le Rav. Il fit des miettes de chaque pain qu’il avait acheté, et il sema les miettes dans les rues, dans les jardins, sur les terrasses, il alla jusqu’aux abords de la ville, il alla jusqu’à la rivière près de la colline, il alla au port, il alla partout et sema partout comme le Rav le lui avait dit, et là où il semait il voyait les pigeons et les corbeaux venir picoter ses miettes.

    Au bout de trois jours, il retourna voir le Rav.
    Rav, j’ai fait ce que tu m’as dit exactement comme tu l’as dit. Ça y est. Je vais guérir. Je vais retrouver mon commerce.

    Le Rav lui dit: -Non, non, ce n’est pas fini. Maintenant que tu as semé toutes les miettes de tous les pains, tu vas les ramasser une par une et me les rapporter.

    Comment? dit le commerçant, mais c’est impossible. Il y en a partout, dans toute la ville, dans toutes les rues, sur les trottoirs et dans les caniveaux. Certaines ont été balayées par le vent, poussées dans la rivière et sur les collines et peut-être même au-delà des collines. Et les oiseaux. Les oiseaux ont emporté mes miettes. Rav, je ne peux pas faire ce que tu demandes, je ne peux pas te rapporter les miettes que j’ai semé.

    Maintenant que tu as semé, lui dit le Rav, tu comprends ce que tu as fait? Le “lashon hara” (la mauvaise langue) c’est comme les miettes de pain, une fois que tu as semé, tu ne sais pas jusqu’où ça va, tes paroles ont peut-être détruit des familles, tu n’as plus aucun contrôle sur ce que tu as dit et tu ne peux plus reprendre tes mots, ils se sont éparpillés aux quatre coins de la ville et du monde. Garde-toi de trop parler et prie pour que tout revienne dans l’ordre.